Incident de Vettel à la pesée : qu'en disent ses rivaux ?

partages
commentaires
Incident de Vettel à la pesée : qu'en disent ses rivaux ?
Par : Benjamin Vinel
11 nov. 2018 à 13:45

Les rivaux de Sebastian Vettel ont pris sa défense après l'incident qui lui a valu une réprimande et 25'000€ d'amende lors des qualifications du Grand Prix du Brésil.

Sebastian Vettel s'est fait remarquer au début de la Q2 lorsqu'il a été appelé à la pesée alors qu'il rentrait au stand pour changer de pneus, n'ayant pas encore signé le moindre tour chronométré. Sous la menace de la pluie, le pilote Ferrari s'est impatienté, à tel point qu'il a quitté l'instrument de pesage en enclenchant la première au lieu de se laisser pousser, envoyant valser les balances vers l'arrière.

Lire aussi :

La lourde amende s'explique en partie par le fait que Vettel a endommagé les outils de pesage, mais les commissaires ont fait preuve de clémence en ne lui infligeant qu'une réprimande, ce qui lui permettra de prendre le départ aux côtés de Lewis Hamilton en première ligne.

Cette décision suscitera sans doute l'approbation de certains de ses adversaires, qui ne peuvent que reconnaître qu'ils n'auraient pas aimé se retrouver dans une telle situation.

Sebastian Vettel, Ferrari SF71H agite les mains pendant la pesée
Romain Grosjean, Haas F1 Team, Sebastian Vettel, Ferrari

"Ça fait mal, surtout quand on prévoit un run et qu'on veut rentrer au garage pour voir les données, d'autant qu'on sait que la pluie arrive et qu'on s'est fait piéger", commente Romain Grosjean. "Quand on est un top team, c'est peut-être moins critique à cause de la marge qu'ils ont, je ne pense pas qu'un top team ait déjà manqué la Q3 – ah oui, Daniel [Ricciardo] à Budapest – mais avec leur avance, ils sont toujours en Q3."

"C'est agaçant d'être arrêté en qualifications quand on veut rentrer, débriefer et se préparer. Parce que nous prévoyons toujours de partir à la dernière minute, quand on rentre au stand, on a deux minutes pour tout faire avant de repartir."

D'après Grosjean, être appelé à un tel stade de la séance n'a pas de sens, car il serait techniquement difficile de modifier le poids de la voiture dans un laps de temps si réduit.

"Il n'y a pas beaucoup de lest sur les voitures", poursuit le Français. "Lequel enlever ? Ça se verrait si les mécaniciens enlevaient l'aileron avant. C'est [à cet endroit] le seul [lest] qu'on peut vraiment enlever. À moins d'avoir un double réservoir !"

Un Max Verstappen peu loquace se montre également indulgent : "Je peux comprendre pourquoi il était en colère ou frustré. C'est clair. Je n'ai jamais été dans cette situation, mais je peux comprendre que ce ne soit pas agréable."

Max Verstappen, Red Bull Racing
Sebastian Vettel, Ferrari et Daniel Ricciardo, Red Bull Racing lors de la conférence de presse

Quant à Daniel Ricciardo, il juge qu'un tel incident appelle à ajuster la réglementation afin d'éviter qu'un concurrent soit appelé à la pesée lorsqu'il n'a réalisé aucun tour chronométré.

"Si j'étais à sa place, je serais frustré aussi", indique l'Australien. "La pluie arrive, il n'a pas encore fait de tour. J'imagine qu'on peut dire qu'ils retardent sa qualification et le mettent en danger. Je pense que nous allons en parler, sûrement à Abu Dhabi, mais il faut peut-être essayer d'ajouter quelque chose – par exemple ne pouvoir être appelé que si on a fait un tour [chronométré]. Je pense qu'en vous appelant à la pesée avant que vous n'ayez fait un tour, ils contrôlent plus ou moins votre séance qualificative, ce que je trouve un peu injuste. De ce point de vue, je vais, disons, compatir avec Seb."

Ricciardo admet toutefois que son ancien coéquipier a fait preuve d'impatience : "Seb essayait d'y passer environ trois secondes ! Il faut éteindre la voiture, puis les mécaniciens doivent venir la rallumer. On perd, je ne saurais dire combien de temps, disons une minute, par exemple. Mais avec cette météo, ce n'est pas idéal."

"Ils m'ont appelé à Suzuka, quand j'ai eu mon problème, je n'avais pas fait de chrono, je venais de sortir des stands et de rentrer, et ils m'ont appelé. Je me disais : 'Les gars, pourquoi est-ce que vous avez besoin de moi, je n'ai rien fait'. Mais ils ont vu que j'avais eu des problèmes et m'ont laissé repartir."

Article suivant
Hamilton regrette ses critiques contre Sirotkin

Article précédent

Hamilton regrette ses critiques contre Sirotkin

Article suivant

Wolff : Le lobbying "pathétique" des équipes cause du tort à la F1

Wolff : Le lobbying "pathétique" des équipes cause du tort à la F1
Charger les commentaires