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Cette malédiction de 50 ans que Lando Norris vient de briser

En remportant le titre mondial au Grand Prix d'Abu Dhabi 2025 de F1, Lando Norris a mis fin à une "malédiction" qui durait depuis plus de 50 ans.

Nigel Mansell, Williams FW11

Photo de: Sutton Motorsport Images

Même s'il est difficile de considérer qu'aborder une finale d'un championnat en leader – et donc avec un avantage, aussi petite soit-il – est un désagrément, l'histoire de la Formule 1 montre que, dans les finales à trois ou plus, le leader est finalement plus rarement celui qui en sort vainqueur (cinq fois sur 12). 

Sur les 50 dernières années, avant l'épreuve de 2025, le constat était même terrible pour les meneurs : sur les cinq finales à trois ou quatre disputées depuis 1975, jamais ils n'avaient été sacrés champions. Outre les divers imprévus, cela peut s'expliquer en partie parce qu'une telle configuration rend parfois impossible le fait de pouvoir se focaliser sur un seul adversaire comme dans une finale à deux plus classique, rendant ainsi les choses bien plus imprévisibles.

Les finales à trois ou plus depuis 1950

Année Champion Position avant le dernier GP Rivaux
1950 Giuseppe Farina 3e Juan Manuel Fangio
Luigi Fagioli
1951 Juan Manuel Fangio 1er

Alberto Ascari
José Froilán González

1959 Jack Brabham 1er Stirling Moss
Tony Brooks
1964 John Surtees 2e Graham Hill
Jim Clark
1968 Graham Hill 1er Jackie Stewart
Denny Hulme
1974 Emerson Fittipaldi 1er Clay Regazzoni
Jody Scheckter
1981 Nelson Piquet 2e Carlos Reutemann
Jacques Laffite
1983 Nelson Piquet 2e

Alain Prost

René Arnoux

1986 Alain Prost 2e

Nigel Mansell

Nelson Piquet

2007 Kimi Räikkönen 3e

Lewis Hamilton
Fernando Alonso

2010 Sebastian Vettel 3e Fernando Alonso
Mark Webber
Lewis Hamilton

Notons pour être parfaitement clair qu'en 1982, il y avait encore dans les faits trois pilotes en lice pour le titre avant la finale. Toutefois, Didier Pironi (Ferrari), s'étant blessé gravement aux jambes à Hockenheim, n'était pas en mesure de pouvoir rouler. La lutte se résumait en réalité donc à un duel entre le leader Keke Rosberg (Williams) et le troisième John Watson (McLaren), qui tournera à l'avantage du Finlandais.

Lando Norris a donc réussi à briser ce cycle, en gardant sa première position au terme des 58 tours du GP d'Abu Dhabi.

C'est une première depuis 1974 : c'était déjà, à l'époque, pour un pilote McLaren, en la personne d'Emerson Fittipaldi. Le Brésilien, sacré en 1972 avec Lotus, abordait la finale de la saison à égalité de points avec Clay Regazzoni (Ferrari) mais était classé premier au nombre de victoires (trois contre une) et sept unités devant Jody Scheckter (Tyrrell). Il avait assuré son sacre en faisant une course intelligente pour finir quatrième, pendant que Regazzoni sombrait au volant d'une Ferrari qui souffrait de nombreux problèmes.

Une brève histoire des cinq dernières finales à trois avant 2025

1981, Reutemann trahi par sa mécanique

Carlos Reutemann au volant de la Williams FW07C à Las Vegas.

Carlos Reutemann au volant de la Williams FW07C à Las Vegas.

Photo de: David Phipps

Après cela, il fallut attendre 1981 pour retrouver trace d'une finale à trois. Dans un contexte troublé en interne chez Williams, Carlos Reutemann abordait toutefois l'épreuve de Las Vegas en tête – avec un point d'avance sur Nelson Piquet (Brabham) et six sur Jacques Laffite (Ligier) – et avec la pole position dans la poche. Il allait cependant connaître un mauvais premier tour pour tomber en cinquième position, avant de sortir des points peu après.

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L'Argentin devançait tout de même le Brésilien, mais ce dernier, profitant de soucis de boîte de vitesse de Reutemann, allait le dépasser au 17e tour, avant de terminer cinquième et d'inscrire deux unités. Seulement huitième et hors des points, Reutemann allait voir le titre lui échapper au dernier moment, devancé d'un point par son rival.

1983, Piquet abandonne la victoire pour assurer le titre

Alain Prost au volant de la Renault RE40 à Kyalami.

Alain Prost au volant de la Renault RE40 à Kyalami.

Photo de: Motorsport Images

Dans un début de décennie 1980 décidément très disputé, il suffit de passer à l'année 1983 pour retrouver un vrai "truel". Alain Prost (Renault) arrivait à Kyalami en leader, avec deux points d'avance sur Piquet (Brabham) et huit sur René Arnoux (Ferrari). Dès les qualifications, le Brésilien se plaçait second et dans une position favorable pour le titre, avant de prendre les commandes et de se lancer dans une course dominatrice.

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Toutefois, avec les abandons d'Arnoux au 10e tour et de Prost au 36e passage, Piquet allait finalement sagement ralentir le rythme pour ménager sa monture, se laissant tranquillement dépasser plusieurs pilotes pour finalement finir troisième et coiffer sa seconde couronne.

1986, une histoire de pneus

Nigel Mansell, à bord de la Williams FW11, en tête au départ du GP d'Australie 1986.

Nigel Mansell, à bord de la Williams FW11, en tête au départ du GP d'Australie 1986.

Photo de: Motorsport Images

En 1986, Nigel Mansell (Williams) était aux commandes du championnat avec six points d'avance sur Prost (McLaren) et sept sur son équipier Piquet. Au jeu des 11 meilleurs résultats (les seuls qui comptaient dans le classement final), le Britannique savait qu'une seconde position devait lui assurer le titre. Il tenta de ménager sa monture en début d'épreuve, pendant que Rosberg – l'équipier de Prost – et Prost lui-même se retrouvaient après une vingtaine de tours aux deux premières places.

Dans une course où les pneus Goodyear, pensait-on, étaient capables de tenir toute la distance, Français allait cependant devoir s'arrêter suite à un léger contact avec un retardataire pour changer de pneus, craignant une crevaison. Pensant alors avoir perdu gros, ce passage par les stands allait en fait s'avérer déterminant.

Car ensuite, tout est allé très vite : au 63e tour, Rosberg allait crever et abandonner, laissant supposer que les pneus ne pouvaient en fait pas tenir toute la course. Williams n'eut cependant pas le temps de prévenir ses pilotes et, au tour suivant, ce fut Mansell qui creva, dans une ligne droite, évitant de justesse un gros accident. Williams, pas décidée à tenter le diable, allait rappeler Piquet au stand dès le tour suivant pour lui monter des pneus neufs. Prost désormais en tête, le Français allait contenir le retour du Brésilien pour s'imposer et remporter le titre mondial pour deux points.

2007, McLaren ouvre la porte à Räikkönen

L'erreur de Lewis Hamilton, au volant de la McLaren MP4-22, dans le premier tour à Interlagos

L'erreur de Lewis Hamilton, au volant de la McLaren MP4-22, dans le premier tour à Interlagos

Photo de: Sutton Images

Pour sa première saison en F1, Lewis Hamilton (McLaren) impressionnait et abordait la finale de la saison en tête, avec quatre points d'avance sur son équipier Fernando Alonso et sept sur Kimi Räikkönen (Ferrari). Qualifié deuxième et devant ses deux rivaux, Hamilton allait connaître un très mauvais premier tour et tomber à la huitième place après un freinage manqué en tentant de repasser Alonso. Quelques tours plus tard, alors qu'il amorçait sa remontée, il sera victime d'un ralentissement – possiblement provoqué par un souci de boîte – et sera relégué au 18e rang.

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Pendant ce temps, Ferrari déroulait un plan parfait, puisque Felipe Massa – longtemps leader – allait finir par être dépassé par Räikkönen lors de la seconde phase d'arrêts au stand. Alonso étant par ailleurs incapable d'être menaçant depuis la troisième place et Hamilton ne remontant qu'au septième rang, le titre mondial tombera dans l'escarcelle du Finlandais.

2010, Ferrari se fourvoie et Vettel en profite

Vitaly Petrov, dans la Renault R30, devant Fernando Alonso, dans la Ferrari F10, à Yas Marina.

Vitaly Petrov, dans la Renault R30, devant Fernando Alonso, dans la Ferrari F10, à Yas Marina.

Photo de: Drew Gibson / Motorsport Images

Toute première finale à quatre de l'histoire de la F1, le GP d'Abu Dhabi 2010 allait se jouer sur une erreur stratégique des deux leaders du championnat, Fernando Alonso (Ferrari) et Mark Webber (Red Bull).

Ces derniers, respectivement cinquième et quatrième, allaient s'arrêter coup sur coup en début de course, l'Espagnol couvrant son plus proche rival pour le titre. Mais ce choix allait être désastreux : non seulement les leaders, dont Sebastian Vettel (Red Bull) qui était en tête, et Lewis Hamilton (McLaren) second, allaient quant à eux allonger leur relais avec des performances excellentes, mais en plus Alonso et Webber se retrouvaient pris dans du trafic.

Incapable de dépasser la Renault pourtant inférieure de Vitaly Petrov, Alonso allait voir progressivement le titre lui filer entre les doigts pendant que Vettel, cramponné à la première place, allait l'emporter et coiffer sa première couronne mondiale à la surprise générale.

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