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Opinion

L'évident paradoxe au cœur du recours de Massa sur le titre 2008

Felipe Massa a officiellement démarré l'action judiciaire visant à obtenir réparation concernant le Championnat du monde 2008. Une action qui met toujours plus en lumière l'évident paradoxe qui se niche dans la réflexion sur ce dossier.

Nelson Piquet Jr., Renault F1 Team  R28 percute le mur

Titre F1 2008 : le procès

Sur fond de Crashgate, Felipe Massa intente un recours en justice pour que le titre mondial 2008, revenu à Lewis Hamilton, lui soit attribué.

Depuis que Felipe Massa a relancé le dossier de l'attribution du titre 2008 de Formule 1, à la suite de déclarations de Bernie Ecclestone, les débats sur le sujet n'ont pas cessé. Chacun aura sa religion sur l'opportunité du questionnement, sur la légitimité du recours intenté par le Brésilien, sur ce que cette fin de saison 2008 aurait dû être, sur ce qu'il convient de faire aujourd'hui, sur l'intérêt d'une telle action plus de 15 ans après.

À dire vrai, ce n'est pas forcément le plus intéressant à mon sens. J'estime que Massa a bien raison de résister à toutes les interrogations et critiques sur le sujet pour porter l'affaire devant la justice s'il estime qu'il y a matière à le faire. Être vu comme un bon ou un mauvais perdant n'a pas énormément de sens si vous considérez qu'il y a des raisons valables de croire que votre défaite n'est pas légitime ; surtout, être vu comme un bon ou un mauvais perdant n'efface pas le goût amer laissé dans la bouche par la façon dont le succès de Fernando Alonso et Renault a été acquis ce soir de septembre 2008 dans les rues de Singapour et l'impact que le déroulé vicié de la course a eu sur l'ensemble des participants. D'autant plus pour le pilote qui menait l'épreuve avant le crash de Nelson Piquet Jr et l'arrêt au stand raté qui allait précipiter sa chute.

Plus intéressant est le fait que dans les débats qu'il y a eu depuis, on lit ou entend peu un argument pourtant évident qui, en plus d'offrir ce qui pourrait s'apparenter à un contre-argument devant la justice si cette dernière juge ce recours recevable et va jusqu'à en juger le fond, met en lumière un paradoxe évident.

Lire aussi :

Même si aujourd'hui, au cœur du recours intenté par Massa, il n'y a pas de demande spécifique pour que l'on lui réattribue le titre glané par Lewis Hamilton, sa réflexion globale autour des dommages et intérêts qui lui seraient dus repose sur l'idée qu'en n'agissant pas, dans l'hypothèse où les instances aient eu connaissance d'éléments permettant de douter de la sincérité des résultats du GP de Singapour, elles l'ont privé de l'opportunité d'être sacré et qu'il a en subi des préjudices, principalement pécuniaires. Une sorte de "perte de chance" de bénéficier de revenus et d'opportunités supplémentaires en lien avec un potentiel nouveau statut de Champion du monde.

Également, le clan Massa veut que la FIA reconnaisse publiquement qu'en n'enquêtant pas sur les agissements de Renault, elle aurait de fait empêché la modification ou l'annulation des résultats du GP de Singapour et donc l'obtention éventuel du titre mondial.

Le paradoxe de l'enquête sur le Crashgate

C'est bien là que se niche le paradoxe du dossier. Puisque tout est, à ce jour, une affaire d'hypothèse, imaginons un monde où la course se serait déroulée exactement de la même façon mais qu'à la seconde où Alonso franchissait la ligne d'arrivée en première position, l'on avait eu connaissance d'éléments solides ou de forts soupçons sur la tricherie consistant à envoyer son équipier dans le mur à un endroit stratégique de la piste pour favoriser la course de l'Espagnol. Imaginons ensuite que les instances en aient été immédiatement saisies.

Que se serait-il passé ? Très vraisemblablement, une enquête aurait été lancée, au moins par les commissaires. Faisons désormais fi de l'improbabilité d'un timing express qui aurait vu les commissaires rendre une décision dès le soir-même de la course ; vu l'ampleur des accusations, la nécessité de réunir des preuves/témoignages, les enjeux divers et variés, la possibilité d'appel, etc., on peine à croire que cela aurait été possible, mais restons dans ce scénario idéal.

Vu que l'on sait depuis 2009 que la tricherie était avérée, et même préméditée, tous les éléments que l'on a en notre possession concernant le non-respect (volontaire ou non) du règlement et la réponse des instances en pareil cas nous porte à croire avec un certain degré d'assurance que face à de telles accusations, les commissaires auraient exclu Renault, et donc Alonso, des résultats de la course.

En dépit de la révélation de la tricherie, Fernando Alonso est toujours le vainqueur officiel du GP de Singapour 2008.

En dépit de la révélation de la tricherie, Fernando Alonso est toujours le vainqueur officiel du GP de Singapour 2008.

Il n'existe pas de cas en Formule 1 où, pour une infraction, même délibérée, constatée a posteriori, de la part d'une équipe, les résultats d'une ou plusieurs épreuves ont été entièrement balayés. Sans faire d'inventaire à la Prévert, il suffit de se pencher sur les cas de Tyrrell en 1984, de BAR en 2005 ou bien même, dans un registre différent mais pas sans conséquences sportives, celui du Spygate de 2007. Plus proche de nous pour des cas a priori involontaires, Esteban Ocon n'a pas été privé de sa victoire par la disqualification de Sebastian Vettel au GP de Hongrie 2021, pas plus que Max Verstappen a perdu la sienne parce que Lewis Hamilton et Charles Leclerc ont été exclus des résultats d'Austin l'an passé. Bref, ça n'aurait eu aucun sens sur le coup, il est bien difficile de croire que ça en ait beaucoup plus aujourd'hui.

La liste des arguments démontrant que l'annulation n'était et ne serait pas une option réaliste est longue : retenons surtout que les commissaires n'étaient pas autorisés, dans l'éventail des sanctions disponibles dans le Règlement Sportif et le Code Sportif International de 2008, à annuler purement et simplement les résultats d'une épreuve. En revanche, ils avaient le droit d'exclure des participants de ces résultats et de les amender en conséquence.

Et quand bien même d'aucuns pourraient souligner qu'il s'agit là d'une manipulation des résultats allant bien au-delà, moralement, de certains des cas susmentionnés, on peine à croire que l'annulation totale aurait été à l'époque ou serait aujourd'hui en pareil cas une réelle option en cas de tricherie, quand bien même la FIA aurait voulu faire un exemple sur le plan disciplinaire. Outre le précédent dangereux que cela créerait (il suffirait donc de tricher avec préméditation dans une course mal embarquée pour effacer le bon résultat d'un rival ?), il y aurait l'injustice absolue de priver des concurrents de points acquis en respectant le règlement (concurrents qui auraient d'ailleurs certainement leur mot à dire, via des recours en bonne et due forme, sur une telle décision).

Difficile, aussi, d'imaginer de pouvoir déclarer nulle et non avenue une épreuve organisée dans les règles de l'art selon les critères FIA et dans le cadre d'un contrat avec la FOM pour un irrespect de la réglementation sportive par un seul concurrent. Enfin, notons le simple fait que, s'il s'agissait de faire un exemple de Renault, il existait des méthodes bien plus en phase avec le contexte F1 de l'époque (comme l'avait démontré le Spygate un an plus tôt) qui n'auraient pas impliqué de causer du tort aux autres constructeurs.

Aussi douloureux, amusant, ironique cela peut-il être à lire, l'absence d'enquête sur ce qui s'est passé à Singapour en 2008, alors même que la tricherie était réelle, a sans doute favorisé les chances de Massa.

Donc, avec la seule option réaliste, à savoir l'exclusion d'Alonso du GP de Singapour, les résultats auraient été les suivants : Nico Rosberg aurait signé sa première victoire, emportant avec lui les 10 points qu'elle valait à l'époque, Hamilton serait remonté au second rang, inscrivant huit points au lieu de six, et enfin la troisième marche du podium aurait été occupée par Timo Glock. Et Massa me direz-vous ? Eh bien, il sera passé de la 13e à la 12e position, n'inscrivant toujours aucun point.

Si on parle de scénario "idéal", c'est dans le sens où le soir même de Singapour, une décision aurait été rendue, et tout le monde aurait donc su à quoi s'en tenir pour la suite de la saison en ayant connaissance des événements du GP. Mais il est cependant difficile de croire que si les accusations/preuves éventuelles avaient été soit plus étayées, soit prises plus au sérieux, soit publiques, dans un autre laps de temps entre la fin de la course et la remise des prix du gala FIA, la fédération n'aurait pas agi et que cela n'aurait pas abouti à l'exact même résultat, à savoir une exclusion de Renault. 

Faisons désormais les mathématiques ensemble : dans le scénario réel, Hamilton a quitté Singapour avec 7 points d'avance sur Massa. Dans notre uchronie, Hamilton aurait quitté Singapour avec deux points en plus, soit 9 points d'avance sur Massa. Aussi douloureux, amusant, ironique cela peut-il être à lire, l'absence d'enquête sur ce qui s'est passé à Singapour en 2008, alors même que la tricherie était réelle, a sans doute favorisé les chances de Massa sur la fin de saison.

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Et c'est pourtant bien sur la base de cette absence d'enquête que 15 ans plus tard, des déclarations de Bernie Ecclestone ont suffi à relancer l'affaire. 

Il n'est pas ici question de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. L'avenir appartient aux instances et à la façon dont la justice va ou non se prononcer. Il n'est pas non plus question de juger Massa et son action ; sans jeu de mots, il est le meilleur juge de ses propres intérêts. La fin de saison 2008 a été un point d'orgue pour la carrière du Pauliste, qui n'a pas vraiment pu démontrer plus par la suite à la fois en raison des problèmes de Ferrari en 2009 et de son malheureux accident du Hungaroring. Et quand bien même d'aucuns remettront en question les motivations derrière son action, elle n'en est pas moins légitime à partir du moment où des éléments pourraient laisser penser que tout n'a peut-être pas été géré de la façon la plus transparente à l'époque, qu'importe les raisons. Ne serait-ce que vouloir faire la lumière sur cet épisode peu glorieux de l'histoire de la F1 est déjà une démarche louable, peu importe si elle est intéressée.

Toutefois, il y a au cœur de la résurgence actuelle du Crashgate un évident et difficilement surmontable paradoxe.

Les mécaniciens Ferrari se précipitent pour retirer le tuyau d'arrivée d'essence encore accroché à la Ferrari de Massa.

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