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Maldonado et le cauchemar de son arrivée chez Lotus

Pastor Maldonado revient sur un transfert qui a changé le cours de sa carrière en Formule 1…

Pastor Maldonado, Lotus E22 Renault, sort de sa voiture après son accident

Au rayon des mauvais choix de carrière, Pastor Maldonado est un exemple marquant de la dernière décennie. Le Vénézuélien a rejoint la catégorie reine du sport automobile au sein d'une écurie Williams en difficulté, avec laquelle – hormis une étonnante victoire au Grand Prix d'Espagne 2012 – il n'a marqué que 22 points entre 2011 et 2013. Dans le même temps, Lotus F1 Team multipliait les podiums (24 de 2012 à 2013), et le départ de Kimi Räikkönen chez Ferrari a laissé un baquet vacant à Enstone. Maldonado a décidé de s'en emparer.

Las, Lotus a mal négocié le tournant de la nouvelle réglementation technique 2014, tout comme son motoriste Renault. Maldonado n'a marqué que deux petits points cette année-là, puis 27 en 2015 avec les unités de puissance Mercedes cette fois. Pendant ce temps, Williams s'est propulsé aux avant-postes, signant 13 podiums de 2014 à 2015…

"J'avais deux options à ce moment-là, Force India et Lotus", déclare le Vénézuélien à Motorsport.com concernant ses options pour 2014. Force India était sixième du championnat des constructeurs en 2013 et en 2014, nettement moins performant que Lotus et plus performant que Williams avant l'arrivée de la nouvelle réglementation.

"C'était un choix très [évident]. Lotus avait des grands noms parmi ses sponsors et [des marques] qui avaient aussi un intérêt dans mon pays, comme Unilever. Il y avait Coca-Cola, Microsoft, beaucoup de sponsors bons et intéressants. Et puis c'était un bon team, anciennement Renault, je connaissais déjà l'usine et certaines personnes qui y travaillaient."

"J'ai signé, je crois, au Brésil à la fin du championnat 2013, mais entre ce moment-là, fin novembre, et début janvier, quand je suis arrivé à Enstone, c'était une tout autre équipe. Éric Boullier avait quitté l'équipe, tout le monde était parti. Il y avait peu de personnes, beaucoup de stress, on ne savait pas quoi faire. Un simulateur était à l'arrêt, parce qu'il n'y avait pas d'argent pour le réactiver. Et dans le simulateur, il n'y avait que deux ou trois pistes, pas toutes, parce que chacune coûtait 20'000 € !"

Pastor Maldonado, Lotus E22

D'emblée, la saison 2014 s'annonçait mal pour Lotus, qui a fait l'impasse sur les quatre premières journées d'essais hivernaux, à Jerez. L'écurie n'a parcouru que 1288 km sur l'ensemble des tests de pré-saison, quand la plupart de ses rivales frôlaient ou dépassaient les 4000 km.

"Au premier test, avoir fait deux tours c'était déjà beaucoup", poursuit Maldonado. Lotus n'avait effectivement couvert que huit tours lors de sa première journée d'essais. "La voiture cassait tout le temps pendant qu'elle chauffait au stand. La voiture n'était pas rapide, mais nous n'avons même pas eu l'opportunité de la développer. Dans l'équipe, nous en sommes arrivés à un stade où nous voulions juste finir un test ou une course sans avoir rencontré de problème."

"Pendant la moitié de la saison, nous n'avons pas fini les courses à cause de problèmes structurels, mécaniques, ou de l'unité de puissance qui cassait toute seule… Ça a été très dur, d'autant que nous voyions une différence notable avec Red Bull, les seuls qui réussissaient à faire fonctionner le moteur. Et ils ont d'ailleurs gagné une ou deux courses [trois précisément, ndlr], ils étaient aux avant-postes et se battaient souvent avec Mercedes, alors que nous, très souvent nous n'arrivions même pas à allumer la voiture. Ça n'est pas que nous étions lents, c'est qu'elle ne s'allumait même pas ! Ça crée aussi une ambiance très lourde dans l'équipe. C'était très désagréable d'être là à ce moment-là." La Lotus E22, reconnaissable à son nez asymétrique, a subi la bagatelle de 14 abandons et non-départs lors de la saison 2014, dont une grosse dizaine liés à des problèmes techniques.

Pastor Maldonado, Lotus F1 et Esteban Gutierrez, Sauber C33 Ferrari s'accrochent

Après avoir été associé successivement à Rubens Barrichello, Bruno Senna et Valtteri Bottas chez Williams – n'ayant battu que le jeune Brésilien au championnat – Maldonado a fait équipe avec Romain Grosjean pendant ces deux années chez Lotus, ne marquant que 29 points face aux 59 du Français. Contre toute attente, il considère que Senna a été son meilleur coéquipier et Grosjean le moins bon.

"Je pense que le meilleur a été Bruno Senna, c'est un super gars", estime Maldonado. "Rubens aussi a été très bien. Ils sont latins, ils sont un peu comme les Vénézuéliens, on pense les mêmes choses. On a vécu de bons moments, de mauvais moments, on ne s'est jamais disputés au sein de l'équipe, tout était toujours très clair et je pense avoir appris avec eux deux des choses importantes et je pense qu'eux aussi ont appris des choses avec moi."

"Le moins bon… je pense que ça a été Grosjean, les deux dernières années. Enfin, je n'ai jamais eu de problèmes avec lui, simplement il est différent comme pilote et comme personne. Mais on s'est toujours entendus, il me respectait et moi aussi."

Romain Grosjean, Pastor Maldonado, Lotus F1 Team

Lotus a en tout cas connu de fortes difficultés financières en 2015, ce qui a poussé Grosjean à quitter le navire, décidant dès le mois de septembre de s'engager avec la nouvelle écurie Haas pour 2016. Maldonado, lui, serait resté volontiers, mais l'équipe a ensuite été rachetée par Renault, qui a jeté son dévolu sur Kevin Magnussen et Jolyon Palmer. Décision que Maldonado peine toujours à comprendre à ce jour.

"Un jour on me disait oui, le lendemain non. C'était tout le temps le bazar", déplore-t-il. "Et même quand Renault a pris l'équipe en main, ça a été le bazar pendant quelques années. On ne comprenait rien. Ils ont pris Palmer comme pilote… Des choses dont on se dit qu'elles sont incroyables, même s'il apporte de l'argent. Il y a vraiment eu de mauvaises décisions, tant sur les pilotes que la voiture, ou le staff technique."

"Aujourd'hui, cela semble être une équipe beaucoup plus [sérieuse]. L'argent est arrivé et Renault est une marque qui a de l'expérience, ce n'est pas la première année qu'ils travaillent en F1, ils savent faire les courses. Mais au bout de quelques années, ce n'est qu'aujourd'hui que l'on voit que c'est un peu plus stable. Il faut quelques années pour se reprendre, ce n'est pas si simple. C'était toujours confus, et je ne sais pas si j'étais plus heureux d'être dehors que dedans !"

Propos recueillis par Roberto Chinchero

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