C'était un 18 mai : l'ultime triomphe de Hill à Monaco

Le 18 mai 1969, Graham Hill renforce son statut de roi de Monaco en signant sa cinquième victoire en Principauté. Ce qu'il ne sait pas, c'est que ce succès sera le dernier de sa carrière en Formule 1 ainsi que son dernier podium.

C'était un 18 mai : l'ultime triomphe de Hill à Monaco

L'édition du Grand Prix de Monaco 1969 se tient deux semaines après le GP d'Espagne sur le redoutable tracé de Montjuïc. D'autant plus redoutable que la technologie des ailerons est balbutiante en Formule 1 et les montants des ailes installées sur les monoplaces sont trop peu solides pour les contraintes générées. Aussi, Graham Hill l'a échappé belle puisque la rupture d'une des tiges en métal qui soutenait l'aileron de sa Lotus 49B l'a immédiatement envoyé dans les rails sans dommages.

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En revanche, pour son équipier Jochen Rindt, victime de la même avarie au même endroit, l'addition est plus salée : l'Autrichien, en plus de sortir de piste, a percuté l'épave de son équipier, à une époque où retirer rapidement les voitures accidentées de la piste était quasiment impossible et impensable. Il souffre d'une fracture du crâne et d'une commotion, et donc devra manquer Monaco. À des degrés divers, les deux pilotes sont très circonspects face aux choix techniques de Colin Chapman, le patron de Lotus, qui prend des risques dans la conception de ses F1 et expose en premier lieu les pilotes.

Ce qui s'est passé en Espagne n'a en tout cas pas échappé aux instances. La Commission Sportive Internationale se réunit en urgence pendant le week-end de GP en Principauté et décide l'interdiction des ailerons arrière (initialement autorisés le premier jour des essais), tout en tolérant le maintien des ailerons avant et des déflecteurs montés sur la voiture, à partir du moment où ils ne dépassaient pas la largeur et/ou la hauteur de la voiture.

Jack Brabham, Brabham

Côté sportif, la pole position fut signée par Jackie Stewart sur Matra, devant Chris Amon (Ferrari), Jean-Pierre Beltoise (Matra) et Graham Hill. L'Écossais conserva la tête au moment de l'envol, puis profitant de son rythme et des déboires de ses adversaires, se construisit en une vingtaine de tours une avance impressionnante de 30 secondes. La situation était tellement confortable que Ken Tyrrell lui ordonna de baisser son régime moteur et de préserver la mécanique. Cependant, les dieux de la course sont taquins : alors qu'il avait déjà commencé à gérer sa mécanique, le cardan cassa dans la 23e boucle.

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Hill prit alors les commandes, avec une douzaine de secondes d'avance sur le duo Jacky Ickx-Piers Courage, en lutte acharnée. À mi-course, son avantage atteignit les 20 secondes et le spectacle était surtout derrière lui, dans une course où il ne restait alors déjà plus que huit des 16 partants. Et bientôt sept quand Ickx fut contraint à l'abandon par un bris de suspension, permettant à Courage de pouvoir se détendre après ce combat de tous les instants.

L'épreuve ne changea alors plus de visage et Hill s'imposa aisément devant Courage et Jo Siffert (Lotus). Pour la cinquième fois, le Britannique s'offrait la coupe du vainqueur à Monaco, un record impressionnant pour l'époque et qui tiendra jusqu'en 1993, quand Ayrton Senna le dépassera avec un sixième succès. Il sera ensuite égalé par Michael Schumacher en 2001, mais étonnamment, et en dépit la domination de Ferrari, l'Allemand ne parviendra jamais à rejoindre le Brésilien.

Graham Hill, Lotus 49B Ford, salue la foule

Pour Graham Hill en 1969, ce succès lui permit de revenir à trois points de Stewart en tête du classement. On pensait alors sa saison lancée après les péripéties de Montjuïc. En réalité, déjà dépassé en performance par Jochen Rindt, il s'agissait du chant du cygne pour Hill qui ne remportera plus aucune victoire, ni ne montera sur le moindre podium en Formule 1. Une statistique étonnante pour celui qui, à Monte-Carlo, terminait le 105e de ses 175 Grands Prix en carrière.

La suite de la saison 1969 fut en effet décevante et elle manqua également de se terminer en tragédie. Lors du GP du Mexique, sans doute victime d'un pneu crevé, Hill fut victime d'un terrible accident lors duquel, mal attaché après être descendu pour inspecter sa voiture suite à une sortie précédente, il fut éjecté de la Lotus. S'il échappe au pire, le verdict fut clair : de multiples fractures aux deux jambes, et de longs mois de rééducation devant lui.

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Déjà sur le déclin à 40 ans, Hill ne retrouva jamais son niveau et passa le plus clair du reste de sa carrière en Formule 1 à végéter en seconde partie de grille. Lui qui avait inscrit 275 points sur l'ensemble de sa carrière entre 1962 et 1969 n'en inscrira que 14 entre 1970 et 1975. Malgré tout enfin vainqueur des 24 Heures du Mans en 1972 et désormais seul détenteur de la fameuse Triple couronne, l'Anglais se lança dans le défi de monter une écurie. La structure, baptisée Embassy-Hill, fut la dernière aventure de Hill qui trouva la mort le 29 novembre 1975 dans le crash de l'avion qui le ramenait lui, mais également ses cinq passagers dont le prometteur pilote Tony Brise, d'essais sur le circuit du Castellet.

Graham Hill, Lotus 49B

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