Plafond budgétaire : Les rivaux de Red Bull voulaient "voir du sang"

Président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem prône un point de vue modéré quant à l'affaire du plafond budgétaire dépassé par Red Bull.

Plafond budgétaire : Les rivaux de Red Bull voulaient "voir du sang"
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En octobre dernier, après des semaines de polémique, Red Bull Racing a accepté la sanction proposée par la FIA après avoir dépassé le plafond budgétaire de 1,864 M£ en 2021. L'écurie qui a remporté les deux derniers titres mondiaux des pilotes ainsi que celui des constructeurs en 2022 a ainsi écopé de sept millions de dollars d'amende et d'une réduction de 10% des tests autorisés en soufflerie et en CFD.

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Deux sons de cloche existaient quant à l'impact de cette sanction. Du côté de Red Bull, le directeur d'équipe Christian Horner la qualifiait de "draconienne" et évaluait la perte de performance à "entre un quart et une demi-seconde au tour" ; cette analyse a toutefois été accueillie avec scepticisme par la concurrence. Andrew Shovlin, directeur de l'ingénierie piste chez Mercedes, évoquait "un dixième, deux tout au plus", tandis que Frédéric Vasseur, directeur d'Alfa Romeo Racing, avait renchéri : "Je ne suis pas sûr que nous gagnions une demi-seconde avec 10% de l'allocation [de tests en soufflerie et en CFD]. Ou bien nous sommes vraiment stupides !"

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Désormais, alors que s'est achevée la campagne 2022, Mohammed Ben Sulayem fait le bilan, jugeant que la FIA a adopté une position raisonnable dans cette affaire. Lorsque Motorsport.com lui demande si la sanction de Red Bull suffit à dissuader de commettre des infractions, le président de la fédération répond : "Nous avons beaucoup appris, et une grande analyse est menée à ce sujet. Qui sait lors de la première année quel va être le dénouement ? Nous ne nous y attendions même pas."

Max Verstappen, Red Bull Racing RB18, Sergio Perez, Red Bull Racing RB18

Max Verstappen et Sergio Pérez en piste à Interlagos

"Si l'on regarde les autres écuries, elles diront que nous avons été indulgents avec eux. Et la pénalité ? Certains veulent qu'ils soient pendus et veulent voir du sang. Les écuries [coupables], elles, trouvent [leur sanction] très sévère. Alors comment trouver un compromis ? Il faut être juste. Voulons-nous nous débarrasser d'eux, ou voulons-nous qu'ils se tiennent à carreau ?"

En revanche, Ben Sulayem reconnaît que le délai de la sanction, effective dix mois et demi après la conclusion de la saison 2021, n'est pas idéal. "La seule chose que je dirais est que ce que nous avons fait en septembre/octobre devrait être fait plus tôt", ajoute l'Émirati. "Mais nous avons beaucoup appris en cette première année, et nous continuons d'apprendre. Bref, mieux vaut que ça vienne en mai, pas en octobre."

Une campagne de recrutement de la FIA devrait d'ailleurs contribuer à davantage d'efficacité lors des saisons à venir. "C'était la première année du Règlement Financier, et veiller à son application est très dur. C'est pourquoi nous avons également discuté des employés : trois de plus côté financier, trois de plus côté châssis et unité de puissance. Nous allons encore en recruter davantage. Si l'on n'a pas les ressources humaines et les bonnes personnes pour faire respecter le règlement, à quoi sert-il ?" conclut Ben Sulayem.

Propos recueillis par Jonathan Noble

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