Qui mènera d'éventuelles négociations entre Red Bull et Renault ?

Si Red Bull se tourne – de son plein gré ou non – vers Renault pour une fourniture moteur à partir de la saison 2022 de Formule 1, les discussions pourraient avoir lieu au plus haut niveau de la hiérarchie des deux groupes.

Qui mènera d'éventuelles négociations entre Red Bull et Renault ?

Honda ayant annoncé son retrait au terme de la saison 2021, les options de Red Bull Racing et de la Scuderia AlphaTauri se font rares. Mercedes, qui fournit déjà ses moteurs à quatre équipes, a déjà indiqué qu'adopter des clients supplémentaires n'était pas envisageable. Reste d'une part Ferrari, et d'autre part Renault, que la réglementation contraindra à équiper ces deux écuries si elles ne trouvent pas de partenaire.

Lire aussi :

Pour l'instant, la piste privilégiée de la marque au taureau est de conserver les groupes propulseurs nippons malgré le départ de Honda, demandant au passage un gel moteur à partir de 2022. Ce scénario serait forcément idéal pour Red Bull mais requiert de nombreux accords, et des discussions devraient quand même avoir lieu avec Renault, malgré le divorce peu cordial entre les deux parties il y a deux ans.

Le nouveau PDG du Losange, Luca de Meo, a justement été aperçu dans le motorhome Red Bull dimanche dernier, en compagnie de Cyril Abiteboul (directeur de Renault F1 Team), Christian Horner (directeur de Red Bull Racing) et Helmut Marko (conseiller sportif de Red Bull).

"Si vous me demandez le niveau de la discussion, je pense que Helmut a toujours été mon point de contact", fait savoir Abiteboul, interrogé par Motorsport.com. "Je m'attends à ce qu'il le reste. Cela dit, vous avez raison, Dietrich Mateschitz [copropriétaire de Red Bull, ndlr] connaît Luca de Meo. Peut-être qu'il y aura des discussions de leur côté."

Daniel Ricciardo, Renault F1 Team R.S.20, Alex Albon, Red Bull Racing RB16, et Esteban Ocon, Renault F1 Team R.S.20, au départ

"À ce stade, il n'y a pas de discussions. Je pense tout d'abord que Red Bull subit encore le contrecoup de l'annonce de Honda, que certaines personnes chez Red Bull pourraient avoir découverte sur le coup – ce n'est pas clair à mes yeux. Bref, je pense qu'ils s'efforcent encore de faire le point et de comprendre leurs options. Le moment venu, j'imagine qu'ils étudieront ce que la réglementation leur permet de faire."

"Comme je l'ai dit à de nombreuses reprises, nous connaissons cette règle [obligeant potentiellement Renault à équiper Red Bull], mais nous savons aussi que ce n'est pas avant mi-mai que l'on pourra nous demander de fournir un moteur à quelque équipe qui n'aura pas de contrat en vigueur pour 2022. Dieu sait ce qui peut arriver d'ici mi-mai."

Actuel pilote Renault après avoir couru pour Red Bull de 2014 à 2018, Daniel Ricciardo a été un témoin privilégié des tensions entre le Losange et la marque au taureau. Il doute pour autant que cela représente un obstacle à une nouvelle union entre les deux parties.

"Ce n'est évidemment pas à moi de décider ce qu'il va en être, mais je pense que c'est faisable", estime pour sa part l'Australien, qui partira chez McLaren en 2021. "Il y a les émotions, il y a le business et il y a le temps. Avec le temps, beaucoup de blessures cicatrisent. S'ils avaient des différends il y a quelques années, je ne pense pas que ce sera le cas éternellement. Si cela se concrétise à l'avenir, je pense qu'ils peuvent retrouver une bonne relation de travail. Je n'ai jamais fait l'expérience de quelque chose d'irréparable, je ne suis donc pas inquiet pour eux s'ils font ça. Je pense qu'ils feront avec."

Daniel Ricciardo, Renault F1 et Max Verstappen, Red Bull Racing dans le parc fermé

L'adoption des unités de puissance Honda par Red Bull avait été l'un des facteurs du départ de Ricciardo, car le motoriste japonais restait sur quatre saisons assez difficiles de 2015 à 2018, et l'intéressé avait alors fait part de son inquiétude quant aux "inconnues" que représentait ce nouveau partenariat. Il ne se réjouit pas pour autant de voir ces craintes devenir en partie réalité.

"Cela n'a honnêtement rien de personnel pour moi. Je ne saute pas de joie en disant 'regardez, j'avais raison'. Pas du tout. J'ai maintenu une très bonne relation avec Red Bull et beaucoup de personnes au sein de l'équipe, malgré ma décision. Je n'ai jamais voulu les voir en difficulté ou en souffrance. Ils ont désormais une décision à prendre pour la suite. Je ne vois pas vraiment ça comme une victoire ou une défaite personnelle. C'est simplement la nature de ce sport. J'espère qu'ils vont trouver une solution, une bonne, et qu'ils vont se maintenir à flot et continuer de devenir un rival pour nous autres", conclut-il.

Avec Adam Cooper, Luke Smith et Ronald Vording

partages
commentaires

Voir aussi :

Hamilton : Les anciens pilotes "font une fixette" sur moi

Article précédent

Hamilton : Les anciens pilotes "font une fixette" sur moi

Article suivant

Mercedes va réduire de moitié son investissement en F1

Mercedes va réduire de moitié son investissement en F1
Charger les commentaires

À propos de cet article

Séries Formule 1
Pilotes Daniel Ricciardo
Équipes Red Bull Racing , Renault F1 Team
Auteur Benjamin Vinel
À Imola, gros point d'interrogation sur la hiérarchie Prime

À Imola, gros point d'interrogation sur la hiérarchie

Mercedes a pris l'ascendant sur Red Bull lors des essais libres à Imola vendredi, mais les performances restent très serrées. L'écurie Championne du monde ne prend rien pour acquis, et les données difficilement lisibles confirment que cette méfiance est légitime.

Formule 1
17 avr. 2021
Ferrari progresse, mais il en faudra plus pour Leclerc Prime

Ferrari progresse, mais il en faudra plus pour Leclerc

La Scuderia Ferrari a débarqué à Imola après une bonne performance lors de la manche d’ouverture à Bahreïn. Mais pour Charles Leclerc, il reste encore du travail pour que Ferrari retrouve la place qu'elle mérite.

Formule 1
16 avr. 2021
Quels enjeux majeurs pour le GP d'Émilie-Romagne ? Prime

Quels enjeux majeurs pour le GP d'Émilie-Romagne ?

En Formule 1, trois semaines d’attente entre deux courses paraissent être une éternité. Avec un calendrier 2021 déjà modifié, les équipes se rendent à Imola pour reprendre la compétition après une manche d’ouverture exaltante à Bahreïn. Voici les différents enjeux et scénarios attendus pour ce Grand Prix d’Émilie-Romagne.

Formule 1
15 avr. 2021
Pourquoi la nouvelle structure de Williams épouse la tendance Prime

Pourquoi la nouvelle structure de Williams épouse la tendance

Williams a résisté à la marée pendant de nombreuses années mais l'ère du propriétaire-exploitant est révolue depuis longtemps.

Formule 1
14 avr. 2021
Le fond plat en Z est-il l'idéal en 2021 ? Prime

Le fond plat en Z est-il l'idéal en 2021 ?

Les équipes de Formule 1 semblent divisées concernant la meilleure solution pour les nouvelles règles sur le fond plat. Une fois de plus, deux tendances radicalement opposées apparaissent. Désormais, une question se pose : le tableau dressé lors du premier Grand Prix permet-il déjà d'indiquer qui est sur la bonne voie et qui ne l'est pas ?

Formule 1
13 avr. 2021
AlphaTauri sera-t-elle la surprise de 2021 ? Prime

AlphaTauri sera-t-elle la surprise de 2021 ?

Serait-il possible qu'AlphaTauri soit la grande surprise de la saison 2021 de Formule 1 ? Ce qui a été montré lors du Grand Prix de Bahreïn le suggère clairement.

Formule 1
13 avr. 2021
Quand Stirling Moss donnait une leçon sur le pilotage Prime

Quand Stirling Moss donnait une leçon sur le pilotage

Remémorons-nous quelques souvenirs marquants de Stirling Moss, légende du sport automobile, qui nous a quittés l'an dernier à l'âge de 90 ans.

Formule 1
12 avr. 2021
Le faible rake met Aston Martin à la croisée des chemins Prime

Le faible rake met Aston Martin à la croisée des chemins

Aston Martin peut-elle se sortir du trou dans lequel la réglementation aérodynamique de 2021 l'a envoyée ? Cette question, l'écurie britannique ne peut pas encore y répondre. En revanche, les récentes performances de Mercedes offrent un signe d'encouragement.

Formule 1
11 avr. 2021