Verstappen-Hamilton, la série F1 en 12 épisodes

Retour en 12 épisodes clés sur la saison 2021 de Formule 1 et la lutte entre Max Verstappen et Lewis Hamilton pour le titre mondial.

Verstappen-Hamilton, la série F1 en 12 épisodes

Comptant 22 Grands Prix et s'étalant sur neuf mois, la saison 2021 de Formule 1 a été l'une des plus intenses de ces dernières décennies et l'affrontement total entre Max Verstappen et Lewis Hamilton, mais également entre Red Bull Racing et Mercedes, restera dans les mémoire. Voici l'histoire en 12 épisodes d'une campagne de transition qui s'est transformée en saison de légende.

1. Hamilton et Verstappen, acte fondateur

Lors de l'entame de la saison à Bahreïn, quelques jours après les essais hivernaux, il paraît clair que Red Bull dispose enfin d'une monoplace suffisamment compétitive pour poser immédiatement problème à Mercedes. Cela se confirme lors des qualifications, où Verstappen signe la pole avec quasiment quatre dixièmes d'avance sur Hamilton. Au départ, le Néerlandais conserve les commandes, mais au prix d'un premier arrêt précoce le Britannique parvient à faire l'undercut sur le leader quand ce dernier s'arrête au 18e tour.

À partir de là, les stratégies des deux pilotes vont diverger : Hamilton effectue un court relais en pneus durs et au contraire, Verstappen allonge le sien en mediums. Au bout du compte, la situation est simple après leur ultime passage au stand : à 15 tours du damier, le Néerlandais doit combler un écart de neuf secondes en terminant la course sur des pneus durs 11 boucles plus frais que son adversaire. C'est rapidement fait puisque la Red Bull revient dans les échappements de la Mercedes autour du 50e passage.

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Malgré un meilleur rythme, le Néerlandais n'a qu'une réelle opportunité de prendre l'avantage : elle survient au 53e tour. À l'abord du virage 4, profitant de la zone DRS, Verstappen se porte à hauteur de Hamilton, sur l'extérieur. Le dépassement semble en grande partie réussi quand la RB16B décroche légèrement, et oblige son pilote à mettre les quatre roues hors piste. La manœuvre n'étant pas licite, la première place est rendue très rapidement mais la chance de Verstappen est passée. Hamilton remporte cette première épreuve malgré l'avantage de rythme de son rival.

La polémique ne sera déjà pas bien loin : les limites de piste au virage 4, qui ne devaient pas faire l’objet d’une surveillance particulière pendant la course tout en devant tout de même être respectées, sont au centre des débats des dirigeants Red Bull, qui accusent Hamilton d’en avoir trop profité.

2. Hamilton frise la correctionnelle

Trois semaines plus tard, la bataille reprend à Imola. Encore une fois disposant d'un avantage de rythme, Verstappen se manque toutefois en qualifications et laisse Hamilton signer la pole devant Sergio Pérez. Mais au départ le lendemain, sur une piste rendue humide par une averse, le Néerlandais produit un superbe envol et parvient à s'infiltrer dans un trou de souris sur la gauche du septuple Champion. Surtout, au premier virage, que les deux hommes abordent côte à côte, il force Hamilton à quitter la piste et s'empare autoritairement des commandes, devant le #44 qui rattrape son embardée.

Suite à un accrochage entre Nicholas Latifi et Nikita Mazepin, le Safety Car est déployé. Une fois la course relancée, Verstappen résiste à Hamilton et creuse très rapidement l'écart sur une Mercedes dont l'aileron semble avoir souffert dans le premier tour. Mais au fur et à mesure de l'assèchement de la piste et du jeu des retardataires, l'écart se rétrécit très vite. Sentant la possibilité de faire un gros coup, Hamilton se précipite en tentant de dépasser George Russell à Tosa au 31e tour et commet une erreur en retardant son freinage sur la partie humide. Il sort dans le bac à gravier, brise son aileron avant en tentant d’en sortir et, après une marche arrière, revient sur la piste avant de passer au stand.

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C'est évidemment un épisode désastreux qui le renvoie en fond de top 10 et à un tour. Mais la réussite va être de son côté quand, quelques instants plus tard, Valtteri Bottas et Russell s'accrochent au freinage de la première chicane. L'accident est impressionnant et laisse des débris en grande quantité, mais les deux hommes sont indemnes, s'échangeant d'ailleurs quelques amabilités. La direction de course brandit le drapeau rouge, les voitures sont regroupées dans la voie des stands ; les pilotes peuvent changer de pneus et effectuer des réparations.

Au moment de la relance, effectuée par un départ lancé, c'est au tour de Verstappen d'être chanceux : il perd le contrôle de sa Red Bull dans le dernier virage mais parvient de justesse à la maintenir sur la piste et à se remettre dans le sens de la marche sans que Leclerc, deuxième, ne puisse le doubler. La fin de course est marquée par un cavalier seul du Néerlandais et par la remontée de Hamilton qui se hisse jusqu'au second rang en dépassant Norris à quatre tours du but.

3. Hamilton dompte le taureau

Après une victoire relativement aisée au Portugal pour Hamilton, le Britannique signe la pole à Barcelone et confirme la bonne forme de Mercedes dans ce début de saison. Mais Verstappen est second et fait bon usage de sa position de départ en prenant l’aspiration de son rival puis en plongeant de manière très incisive à l'intérieur au premier virage. Le Britannique, à l'expérience, évite l'accrochage et cède la tête. Profitant de sa W12 légèrement plus compétitive, il se contente d'être patient et de mettre la pression.

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Après un premier arrêt décalé de quelques tours après celui de la Red Bull, Hamilton passe à nouveau par les stands à un peu plus de 20 boucles de l'arrivée. Piégé, Verstappen ne peut que rester en piste pour espérer maintenir son avantage, alors d’une vingtaine de secondes ; toutefois, rapidement Hamilton reprend beaucoup de temps. Il revient sur le Néerlandais au 59e des 66 tours et le dépasse lors du passage suivant par l'extérieur au virage 1. Il s'envole vers la victoire alors que son rival assure lui le point du meilleur tour.

Ce quatrième affrontement direct en autant de courses propulse déjà cette saison sur les rails de l’histoire puisqu’il fallait remonter à la saison 2012 pour trouver trace d’un affrontement entre pilotes d’écuries différentes pour le titre mondial. Il se double aussi d’une nouvelle controverse, cette fois-ci lancée par Mercedes sur les ailerons arrière de Red Bull, accusés d’être trop flexibles à haute vitesse. La FIA prendra des mesures mais celles-ci n’entreront pleinement en vigueur qu’à Silverstone.

4. Verstappen enclenche la dynamique Red Bull

Alors qu’il mène le classement depuis la première épreuve, Hamilton va connaître un week-end très en deçà des attentes à Monaco. Si beaucoup s’attendaient à ce que Red Bull soit plus à l’aise que Mercedes dans les rues étroites de la Principauté, l’écart entre les deux prétendants au titre est si important que Ferrari parvient à s’interposer. Charles Leclerc, au terme de qualifications qu’il aura contribué à figer en s’accidentant, signera même une pole dont il ne profitera finalement pas le lendemain, devant renoncer à prendre le départ.

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Dans ces conditions, Verstappen réalise cavalier seul et s’impose pendant que Hamilton et Mercedes se fourvoient sur le plan stratégique, ramenant une piètre septième position qui, accompagnée du désastreux arrêt au stand de Bottas qui le prive de ce qui semblait devoir être un podium, leur font perdre les commandes des deux championnats à la fois.

L’épreuve monégasque est le tournant de cette première partie de saison : jusqu’au cœur de l’été, l’avantage ne cessera de se creuser en faveur de Verstappen et de son équipe, avec notamment une série de trois succès consécutifs au Castellet et au Red Bull Ring.

5. Bakou, l’étrange parenthèse

Mais avant de profiter pleinement de la dynamique monégasque, Red Bull a bien failli connaître un coup d’arrêt majeur en Azerbaïdjan. Après avoir signé la pole et dominé la course, profitant du travail de son équipier Pérez face à Hamilton, Verstappen crève à quelques tours de l’arrivée. Cet incident à très haute vitesse est heureusement sans gravité pour le pilote mais ressemble à un désastre sur le plan sportif, car Hamilton est second. Toutefois, dans le contexte d’une première crevaison plutôt dans l’épreuve pour Lance Stroll et alors que des débris jonchent la piste, la direction de course décide de brandir le drapeau rouge.

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À deux tours de l’arrivée, il est également décidé de relancer l'épreuve par un départ arrêté. Hamilton prend alors un meilleur départ que Pérez et semble en passe de réaliser un hold-up quand, au freinage du premier virage, ses roues avant se bloquent et il doit tirer tout droit dans l’échappatoire. Il n’inscrira aucun point, laissera la victoire au Mexicain, sur un podium étonnant composé également de Sebastian Vettel et Pierre Gasly.

Pour la première fois de la saison, ni Verstappen, ni Hamilton n’inscrivent de points au terme de la course du dimanche. Et pour beaucoup, l’erreur du Britannique, qui a activé par mégarde le "magic button", qui bascule toute la répartition des freins vers l’avant, est une immense opportunité manquée dans une saison aussi serrée.

6. L'élan Red Bull stoppé net

Premier Grand Prix de l'Histoire à voir une course décider de la grille de départ, la Grande-Bretagne va jouer un rôle clé dans la manière dont la saison va s'articuler. Après avoir signé le meilleur temps des qualifs du vendredi, Hamilton est dépassé au départ par Verstappen lors des Qualifications Sprint. La lutte s'engage dans le premier tour jusqu'à Copse, mais le Britannique qui tente ce jour-là l'extérieur ne peut pas passer et ne le pourra jamais au terme de la courte épreuve.

En pole le lendemain, la Red Bull #33 connaît un envol plus difficile mais pas assez pour que Hamilton le passe directement. À nouveau, une bataille rugueuse se met en place et cette fois, avant Copse, le Britannique surprend son rival en prenant l'intérieur le long du muret. Mais au moment de virer, les deux hommes quasiment à hauteur se percutent. Verstappen est envoyé dans les pneus à grande vitesse alors que Hamilton perd une place au profit de Leclerc et surtout a abîmé son pneu avant. Le drapeau rouge est brandi et le Britannique peut réparer.

Quand la course reprend, Leclerc garde les commandes devant Hamilton qui est lui pénalisé de 10 secondes. Après avoir purgé cette sanction au stand, le Britannique va remonter puis dépasser le Monégasque à quelques encablures de la fin pour l'emporter. Mais la polémique sur l'accrochage et les célébrations lancées par les responsables de Red Bull va perdurer et finir par se muer en une demande de recours en révision de la décision, qui sera rejetée.

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Dans ce contexte, la F1 se retrouve deux semaines plus tard dans le paddock du Hungaroring, pour la dernière épreuve avant la pause. La course hongroise sera marquée par le carambolage du départ, déclenché par un freinage manqué de Bottas, et qui causera l'abandon du Finlandais, de Pérez et surtout d'importants dégâts à Verstappen. Le Néerlandais, qui parviendra à rester en course en dépit d'une monoplace très abîmée au niveau des déflecteurs et du fond plat, réparée sous drapeau rouge, ne pourra en revanche pas jouer de gros points.

Débarrassé de ses principaux rivaux, Hamilton semble avoir la voie royale vers le succès mais la course ne sera pas aisée en raison d'un choix stratégique trop conservateur au moment du second départ, qui verra le pilote Mercedes se mettre seul en grille avec ses gommes intermédiaires quand l'ensemble des pilotes encore en course plongeront dans les stands pour des slicks. Au terme d'une remontée, il inscrira tout de même les 18 points de la deuxième place, infligeant au total un cinglant 45 à 5 à son malheureux rival sur les deux GP.

7. Verstappen s'impose à Hamilton

Au retour de la trêve, la F1 se rend à Spa et n'y affiche pas son meilleur visage. Dans un week-end pluvieux, qui voit Verstappen signer la pole position et Russell s'intercaler entre les deux prétendants sur la grille, la journée de dimanche est la plus compliquée. À tel point qu'il est quasiment impossible de courir tout au long de l'après-midi. Après une longue attente, la direction de course décide de faire faire un peu plus de deux tours sous Safety Car aux monoplaces dans des conditions a priori plus favorables. En réalité, la pluie empire et il faut arrêter à nouveau la "course". Et cette fois, elle ne reprendra pas. Officiellement, le résultat (et les demi-points qui vont avec) est entériné avec un seul tour au compteur, même pas sous drapeaux verts. Et le Néerlandais y inscrit alors cinq points de plus que Hamilton.

La Formule 1 offre un meilleur visage à Zandvoort, pour le retour du GP des Pays-Bas, avec un public nombreux et passionné, entièrement acquis à la cause de son pilote national. Et Verstappen répondra aux attentes en s'imposant assez aisément après être parti de la pole face à un Hamilton impuissant mais mieux accueilli que prévu par les fans locaux. Au terme de l'épreuve, le Néerlandais reprend la tête du championnat, pour trois unités.

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Monza accueille la seconde course sprint de la saison. Sur un circuit qui semble leur être favorable, les deux Mercedes monopolisent la première ligne de cette séance mais Hamilton se manque au départ et se retrouve coincé derrière les deux McLaren. Il ne parviendra jamais à les dépasser, échouant à inscrire le moindre point et se positionnant sur la quatrième place seulement sur la grille. En effet, vainqueur de la course, Bottas sera rétrogradé en fond de grille en raison de multiples changements moteur.

Le lendemain, Verstappen se fait surprendre au départ par Ricciardo. La McLaren est trop rapide en vitesse de pointe et le Néerlandais ne parvient pas à la dépasser. Même chose pour Hamilton derrière Norris. Dans ces conditions, les arrêts sont déterminants et Red Bull, qui excelle d'habitude dans ce domaine, se manque et fait perdre plusieurs secondes à son pilote.

Quand Hamilton s'arrête à son tour, il ressort entre Norris et Verstappen, mais le Néerlandais tente de surprendre la Mercedes en retardant son freinage au premier virage puis de s'infiltrer à l'intérieur au virage 2. Le contact est alors inévitable et les deux hommes se retrouvent hors piste, la Red Bull coincée sur l'avant de la W12. C'est le double abandon et la pénalité est cette fois pour Verstappen, qui devra reculer de trois places à Sotchi. Toutefois, étant arrivé à Monza en leader, cette situation lui profite plutôt.

8. Les pénalités moteur entrent en scène

Alors que les pilotes entament le dernier tiers de la saison, l'heure des pénalités moteur sonne. Les deux rivaux pour le titre vont devoir y passer, pour des raisons différentes : Verstappen subit lui les conséquences de l'accident violent de Silverstone qui a endommagé le moteur Honda alors que du côté de Hamilton, la fiabilité du bloc Mercedes n'est pas optimale et Bottas en est déjà victime.

Dans ces conditions, Red Bull décide de changer six des sept éléments de l'unité de puissance Honda de son pilote en Russie. Cela lui assure un départ depuis le fond de grille. Les qualifications, pluvieuses, bouleversent l'ordre établi aux avant-postes : Lando Norris signe la pole devant Carlos Sainz, Russell puis Hamilton, qui a commis une erreur à l'entrée des stands en fin de séance. Le lendemain, le Britannique se fait enfermer au départ et se retrouve coincé en sixième place jusqu'aux premiers arrêts, pendant que Verstappen remonte rapidement en 12e place.

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Hamilton allonge son relais et parvient à remonter jusqu'en seconde position, mettant la pression sur Norris, pendant que la remontée de Verstappen bloque au septième rang. C'est alors que la pluie vient s'en mêler dans les derniers tours : la McLaren de tête persiste en piste, ce qui se révélera être une erreur, pendant que Hamilton s'arrête et va l'emporter pour la 100e fois en F1. Derrière, Verstappen tire profit des conditions pour remonter jusqu'à la seconde position, et faire mieux que sauver les meubles. Il perd la tête du classement mais ne compte que deux points de retard.

Et cela est crucial au moment d'aborder la Turquie, où c'est au tour de Hamilton d'écoper d'une pénalité. Moins lourde, puisqu'il ne s'agit que de 10 positions, mais les conditions de la course, disputée sur une piste humide (et bien plus adhérente qu'un an auparavant) mais sans changements de conditions notable, ne lui permettra pas de faire mieux que cinquième. Et ce au prix d'une fin de course où le pari stratégique de ne pas passer par les stands pendant longtemps manque de lui faire perdre d'autres positions. Bottas remportant la course assez aisément, Verstappen est second et reprend les commandes avec six unités d'avance.

9. Red Bull sauce tex-mex

Le Grand Prix des États-Unis est vu comme une épreuve devant favoriser Mercedes. Toutefois, dans une saison où établir à l'avance une hiérarchie est souvent voué à l'échec, la Red Bull RB16B est finalement tout à fait dans le coup et la lutte bien plus serrée qu'attendu. Après avoir signé la pole, Verstappen est surpris au départ par Hamilton qui le passe au premier virage.

Une épreuve de force s'engage alors entre une Mercedes plus véloce en ligne droite et une Red Bull globalement plus rapide. Tout va alors se jouer à la stratégie et à ce petit jeu, l'écurie autrichienne dispose d'un avantage : Pérez est suffisamment dans le rythme pour influer sur les choix du septuple Champion du monde. Alors que Verstappen s'arrête précocement pour faire l'undercut sur son rival, le Mexicain est vite appelé au stand à son tour. Ce faisant, Hamilton ne peut pas allonger autant qu'il le souhaite son relais et perd les commandes sans bénéficier d'un avantage pneumatique aussi important qu'espéré.

Même si le second relais permet à Hamilton d'agrandir l'écart pneumatique de huit tours car Pérez n'est plus une menace, cela ne suffit pas pour avoir une opportunité de prendre l'avantage sur Verstappen dans un bras de fer chronométrique intense. Le Néerlandais l'emporte et agrandit encore son avantage au classement.

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Deux semaines plus tard, au Mexique, Red Bull arrive en favori mais se manque en qualifications, offrant la première ligne aux Mercedes. Un cadeau empoisonné face à la longue accélération avant le premier virage, d'autant plus quand la stratégie de blocage de Verstappen échoue lorsque Bottas oublie de refermer l'extérieur. La Red Bull #33 ne se fait pas prier pour retarder son freinage et passer les deux W12 en une fois.

Il est toutefois rapidement clair que le rythme de Hamilton, laissé seul après que Bottas ait été accroché par Ricciardo dès le premier freinage, n'est de toute façon pas suffisant pour espérer la victoire. Le Britannique doit au contraire s'employer pour contenir la menace Pérez, avec une différence de 11 tours à l'avantage du Mexicain dans l'ultime relais, et il y parvient pour sauver les meubles. Toutefois au sortir de l'épreuve de Mexico, l'écart avec son rival est de 19 points et Verstappen semble s'avancer aisément vers sa première couronne mondiale.

10. Hamilton se rebiffe

Cela est d'autant plus vrai que le GP de São Paulo démarre par l'annonce que Hamilton va écoper d'une pénalité de cinq positions pour un nouveau changement du moteur à combustion, un choix aussi nécessaire que tactique de la part de Mercedes. Surtout, au terme de la séance de qualifications du vendredi, le Britannique est disqualifié alors qu'il devait s'élancer depuis la pole de la course sprint, en raison d'un problème sur son DRS. S'il effectue une très solide remontée le samedi pour prendre la cinquième place du sprint et donc s'élancer 10e le dimanche, ce sont deux points de plus qu'il perd sur Verstappen, second derrière Bottas.

Toutefois, armé de son nouveau moteur et le couteau entre les dents, la dynamique est enclenchée : Hamilton ne fait qu'une bouchée de l'ensemble de ses adversaires le dimanche et bénéficie d'une consigne qui voit son équipier finlandais s'écarter. Revenu sur Verstappen dans le second relais, le #44 met la pression sur le leader du championnat dans l'ultime partie de la course et ce dernier ressent le besoin de défendre l'intérieur au premier virage. Un choix qui le met en difficulté pour la ligne droite suivante et, au 48e tour, la Mercedes peut se porter à hauteur grâce au DRS.

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Le freinage suivant voit Verstappen, alors derrière son rival, plonger à l'intérieur après avoir freiné tard, couper la route de Hamilton puis sortir de plusieurs mètres hors piste pour maintenir sa position, forçant son adversaire à passer hors piste également. L'infraction paraît claire et pourtant les commissaires décident de ne pas enquêter. Hamilton ne se désunit pas et, profitant d'une nouvelle défense curieuse de Verstappen au virage 1, prend les commandes au 59e tour en fermant la porte avant le freinage du virage 4.

Dans un week-end où la lutte s'est tendue entre Red Bull, Mercedes et les instances, Hamilton frappe un grand coup et s'offre une victoire en dépit d'une défense très limite du Néerlandais. L'écart repart à la baisse et cette dynamique se confirme au Qatar où le Britannique l'emporte sans coup férir face à Verstappen qui s'était mis en mauvaise posture en ignorant un double drapeau jaune en qualifications. À deux manches de la fin, huit points seulement séparent les deux prétendants et, dans un contexte de plus en plus délétère, l'on se prend à rêver d'une finale à égalité de points.

11. Le n'importe quoi de Djeddah

Et c'est bien ce qui va se passer au terme du tout premier Grand Prix d'Arabie saoudite, couru sur le redoutable circuit de Djeddah. Alors qu'il paraît appuyer sur les qualités de vitesse de la Mercedes, c'est bien Verstappen qui semble tout proche de signer la pole position. Toutefois, en avance sur le temps de Hamilton à un virage de la fin, le Néerlandais commet une double erreur en manquant son freinage puis en allant heurter le mur ensuite, heureusement sans gros dégâts pour lui.

Mercedes monopolise alors la première ligne et en fait bon usage en début de course, Hamilton se maintenant en tête devant Bottas et Verstappen. Au neuvième tour, Schumacher s'accidente au virage 22 et provoque l'entrée en lice du Safety Car. Chez Mercedes, on se saisit immédiatement de cette opportunité pour arrêter les deux voitures ; Verstappen au contraire ne rentre pas. Et après plusieurs tours sous voiture de sécurité, la direction de course prend une décision lourde de conséquences en brandissant le drapeau rouge. Le Néerlandais se voit offrir la possibilité de changer de pneus et donc de conserver les commandes.

Après dégagement de la Haas et réparation des Tecpro, le GP reprend par un départ arrêté : Hamilton prend son temps pour chauffer ses pneus avant de surprendre Verstappen à l'envol. Le #33 se jette alors sur l'extérieur au premier virage, passe totalement hors piste et revient en coupant la route au Britannique pour conserver la tête. La manoeuvre provoque un tassement dans le peloton, Ocon parvenant à s'intercaler entre les deux leaders, puis une série d'accrochages spectaculaires mais sans gravité qui entraînent un nouveau drapeau rouge.

Durant celui-ci, la direction de course propose à Red Bull de reculer Verstappen derrière Ocon et Hamilton en raison de sa manœuvre du premier restart. L'écurie accepte pour ne pas aller devant les commissaires mais monte des pneus mediums à son pilote pour qu'il jouisse d'un avantage face aux deux concurrents devant lui. Au départ, Hamilton est en position de dépasser Ocon mais la Red Bull plonge à l'intérieur et, cette fois, reste en piste pour prendre les commandes. La Mercedes se débarrasse vite de l'Alpine et se lance à la poursuite de la RB16B chaussées de gommes qui tiendront difficilement le reste de la course.

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Une vingtaine de tours plus tard, Hamilton se retrouve en position d'attaquer Verstappen au premier virage. Le Britannique, sur l'extérieur, voit à nouveau le leader du championnat tenter de résister sur l'intérieur, glisser légèrement et couper le virage pour maintenir sa position. L'infraction est de nouveau claire et il est demandé au Néerlandais de rendre la position "stratégiquement".

Pour cela, il ralentit avant la ligne de détection DRS du dernier virage. Hamilton, surpris, choisit de ne pas dépasser son rival et se cale dans ses échappements, mais ce dernier freine brusquement et provoque le contact entre les deux hommes. La Mercedes perd des morceaux de carbone au niveau de l'aileron avant, mais les dégâts sont par miracle limités. Verstappen est alors pénalisé de cinq secondes pour l'avantage durable acquis par son dépassement hors piste puis le sera de 10 secondes pour son brake-test après la course.

Dans un étrange poker menteur, le Néerlandais rend la position de tête avant d'attaquer le Britannique immédiatement au dernier virage. La situation devient ubuesque et la direction de course paraît dépassée. Finalement, au 43e tour, Verstappen rend encore la place à la Mercedes frappée du 44 mais se manque en essayant de gêner son rival dans le dernier virage. Il en est fini de la lutte et Hamilton s'impose en signant le meilleur tour en course en dépit de ses dégâts. Comme beaucoup en rêvaient, les deux prétendants vont aborder l'ultime manche de la saison la plus longue de l'Histoire à égalité de points.

12. Finale gâchée

Le circuit de Yas Marina a été modifié afin de rendre la piste plus fluide et favoriser les luttes. Dans ces conditions, beaucoup entrevoient des conditions favorables à Mercedes ; à nouveau, cependant, Verstappen et Red Bull démentent cela en signant la pole après avoir fait le choix d'une configuration aéro déchargée. Le lendemain, toutefois, le Néerlandais manque son départ et voit Hamilton le dépasser immédiatement.

Mais la lutte de ce premier tour n'en reste pas là : prenant l'aspiration dans la grande pleine charge qui suit les premiers virages, Verstappen plonge de très loin à l'intérieur à la première chicane et oblige le Britannique à sortir de piste pour éviter le contact. Il décide alors de couper le virage puis de ralentir au retour en piste : face aux protestations du clan Red Bull, la direction de course estime qu'aucune enquête n'est nécessaire face à ces deux infractions potentielles commises par les deux pilotes.

Très vite, Hamilton s'échappe et se constitue une avance de plusieurs secondes. Incapable de suivre, Verstappen va pouvoir compter sur son équipier Pérez, laissé en piste le plus longtemps possible pour ralentir la Mercedes. Le Mexicain freine autant que possible le septuple Champion du monde, qui ne peut pas prendre le moindre risque et lui fait perdre environ huit secondes. Cela ne suffit pas à offrir une opportunité de dépassement à Verstappen mais cela s'avérera décisif plus tard.

En effet, profitant d'une voiture de sécurité virtuelle pour changer de pneus, le Néerlandais va demeurer dans la fenêtre de Safety Car de son rival sans jamais toutefois sembler en position de pouvoir le rattraper. C'est alors que se produit l'événement qui va tout changer : en lutte avec Schumacher, Latifi sort de piste et déclenche la sortie d'un Safety Car. Mercedes n'arrête pas Hamilton, malgré ses pneus durs vieux de quasiment 40 tours, car il aurait perdu la tête de course dans un moment décisif. Verstappen en profite logiquement, de son côté, pour rentrer au stand et monter des tendres neufs.

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Le dégagement de la Williams accidentée prend du temps et les commissaires travaillent sur le circuit jusqu'à la fin du 56e, rendant le dédoublement des retardataires (et notamment les cinq entre Hamilton et Verstappen) impossible. À l'entrée dans le 57e tour, la course paraît jouée : la procédure du Règlement Sportif indique en effet qu'il faut attendre le tour suivant celui lors duquel tous les retardataires ont été autorisés à revenir dans le tour pour reprendre la course. Or, dans un tour de passe-passe inattendu, la direction de course décide de tout faire dans le même tour et de n'autoriser que les pilotes entre les deux rivaux à se dédoubler. Le but est clair : offrir à cette finale un dernier tour sous drapeau vert, sans suivre la procédure.

Dans les faits, l'avantage alors donné à Verstappen est énorme et le dernier tour se résume à voir le Néerlandais profiter de ses pneus bien plus performants face à un Hamilton qui résiste tant bien que mal sur des pneus usés et plus durs. Inéluctablement, le pilote Red Bull finit par se défaire de son adversaire, filant vers la victoire et son premier titre, dans des conditions immédiatement polémiques. Abasourdi par cette fin de course, Hamilton reste digne face à ce qu'il qualifie à la radio de "manipulation" pendant que le clan autrichien exulte.

Après des réclamations rejetées dans la soirée, Mercedes renoncera à faire appel quelques jours plus tard, estimant qu'en dépit d'un dossier solide, la FIA ne se serait pas déjugée. La fédération a d'ailleurs peu avant annoncé la mise en place d'une enquête sur ce qu'il s'est passé à Abu Dhabi, et Michael Masi est dans le viseur de l'opinion publique.

Max Verstappen est officiellement sacré Champion du monde de Formule 1 pour la première fois, avec huit points d'avance sur Lewis Hamilton.

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