Williams est "limité par le plafond budgétaire"
L'écurie Williams s'estime entravée par le plafond budgétaire dans sa remontée vers les avant-postes.
L'arrivée du plafond budgétaire en Formule 1 est certainement l'un des changements les plus majeurs qu'ait connus la discipline ces dernières années. En 2021, les écuries ont dû restreindre leurs dépenses à 145 millions de dollars, à l'exception de certains éléments tels que les salaires des pilotes, et cette limite est abaissée à 140 M$ (123 M€) cette saison.
Il s'agit de la première campagne avec un développement réel dans l'ère du Règlement Financier, puisque les châssis étaient gelés l'an passé. Les trois grandes écuries que sont Mercedes, Red Bull et Ferrari ont dû revoir leur train de vie nettement à la baisse, quand la plupart des autres n'opèrent pas encore à la limite établie… mais il semble que ce soit le cas de Williams.
Rachetée par Dorilton Capital à l'été 2020, la légendaire équipe fondée par Sir Frank bénéficie depuis lors de ressources financières accrues, toutefois manifestement pas autant qu'elle le souhaiterait. Ainsi, lorsque Motorsport.com demande au PDG et directeur d'équipe Jost Capito ses ambitions pour 2022, l'Allemand répond : "C'est très difficile à dire, n'est-ce pas ? Je pense que par rapport aux top teams, nous manquions encore d'investissements ces dernières années. Et maintenant, depuis l'an dernier, nous sommes limités dans notre investissement par le plafond budgétaire. Mais, vous savez, tout le monde est parti de zéro avec une nouvelle voiture, et il est très difficile de dire où chacun se situera au début."
Jost Capito
Capito voit néanmoins d'un très bon œil la mise en œuvre du plafond budgétaire, qui a pour but de resserrer la hiérarchie en limitant les inégalités financières en Formule 1. "Mettre en œuvre le plafond budgétaire ne signifie pas que tout le monde est d'emblée sur un pied d'égalité", souligne-t-il. "Mais j'estime qu'au fil des années, cela va s'équilibrer et améliorer la situation. Tout le monde ne sera jamais pareil, mais ça s'équilibrera. Je pense que c'est la bonne voie à suivre, et de plus, quand le plafond budgétaire baissera au fil des années, cela signifiera que les équipes doivent faire autant avec moins. C'est un immense défi pour une écurie de F1."
Williams a connu une campagne très fructueuse en 2021 après n'avoir marqué qu'un petit point lors des deux précédentes, inscrivant pas moins de 23 unités et signant un podium certes circonstanciel à Spa-Francorchamps avec George Russell. Alors que l'écurie aborde la saison 2022 avec Nicholas Latifi et Alexander Albon, Jost Capito fait le bilan de son année passée à Grove, bien conscient que le plus dur reste à faire.
"Je suis arrivé en février 2021, donc il y a tout juste un an", détaille Capito. "Le développement de la nouvelle voiture avait déjà commencé. Et quand FX [François-Xavier Demaison, directeur technique, ndlr] est arrivé en avril, mai, un quart du nouveau développement était déjà fait. Il pouvait y avoir des ajustements, et il y en a eu."
"Mais, vous savez, j'endosse la responsabilité entière de la voiture de cette année et de l'équipe en général. Cependant, pour ramener l'équipe là où nous voulons être depuis notre position de 2020, le chemin est long. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut résoudre et annuler en un an. Il y a plus de choses à faire que ce qui a déjà été fait", conclut-il.
Propos recueillis par Jonathan Noble et Adam Cooper
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