Alex Márquez : "Passager" de la Honda si l'on n'est pas à 100%

Selon Alex Márquez, tout pilote Honda doit être au meilleur de sa forme pour espérer pourvoir maîtriser la moto "exigeante" de la marque, sous peine de n'en devenir "qu'un passager".

Alex Márquez : "Passager" de la Honda si l'on n'est pas à 100%
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Honda ne compte plus que deux pilotes pour le Grand Prix d'Émilie-Romagne, ce week-end, après que Stefan Bradl, le coéquipier d'Álex Márquez dans l'équipe d'usine, ait été contraint de déclarer forfait en raison d'un problème d'engourdissement au bras qui l'a frappé lors de la course de Misano, la semaine dernière. L'Allemand avait commencé à souffrir d'engourdissements le mois dernier lors des courses autrichiennes, mais la situation s'est encore détériorée la semaine dernière et l'a contraint à subir une petite opération lundi.

Cette intervention pour le remplaçant de Marc Márquez fait suite à des complications pour Cal Crutchlow (LCR Honda) après sa propre opération destinée à maîtriser un arm-pump, qui a finalement mis sur la touche le Britannique pour les deux manches de Misano. Quant au Champion du monde Marc Márquez, il demeure absent jusqu'à une date inconnue mais lointaine, se remettant depuis le GP d'Espagne d'un bras cassé.

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Les difficultés de maîtrise de la RC213V sont bien connues, mais la version 2020 semble être encore plus difficile à piloter que sa cousine, Crutchlow ayant admis en Autriche qu'il "tournait en rond" en essayant de régler les problèmes de la moto. L'une des conséquences directes des difficultés du clan Honda est qu'aucun de ses pilotes n'est encore monté sur le podium depuis le début de la saison. Avec la RC213V de 2020, Alex Márquez, qui a disputé l'intégralité des épreuves cette année, occupe la 17e place du classement avec 15 points.

Lorsque Motorsport.com lui a demandé si les problèmes que la moto a causés à Bradl étaient le signe que Honda avait besoin d'un changement fondamental de sa philosophie de conception, Márquez a répondu : "Je pense qu'au fil des ans, Honda est une moto qui exige beaucoup du pilote, qu'il faut être vraiment en forme. Nous l'avons vu l'année dernière avec [Jorge] Lorenzo. Il faut être en forme à 100%. Si vous n'êtes pas pleinement en forme, vous êtes comme un simple passager sur la moto. Vous devez forcer la moto. Comment changer cela, je ne sais pas ! Je ne suis pas ingénieur pour dire où on peut faire des modifications."

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Un déclic pour Márquez ?

En arrivant sur la seconde épreuve de Misano, ce week-end, Alex Márquez a immédiatement semblé bien plus à son aise en piste. Il aura échappé à peu d'observateurs que l'Espagnol s'est montré en mesure de réaliser un meilleur chrono que n'importe quel temps réalisé le week-end dernier dès son second tour lancé lors des tests collectifs réalisés mardi, et que son week-end a bien mieux débuté cette semaine. Certes, Márquez se présentait ce vendredi matin en EL3 avec la 17e place aux temps combinés des EL1 et EL2. Mais si la position parait peu flatteuse sur le papier, le débutant espagnol n'évolue cette fois qu'à 0''741 du meilleur temps réalisé par la KTM d'un autre débutant, Brad Binder, et à trois dixièmes de ce qui serait nécessaire pour l'heure pour se trouver dans le top 10.

Une des comparaisons directes que peut faire un pilote Honda avec ceux d'autres constructeurs est le niveau d'effort apparent réalisé par ceux-ci pilotes pour maîtriser leur monture par rapport à la RCV.

"C'est vrai que c'est incroyable de voir Maverick [Viñales] sur la Yamaha avec un rythme cardiaque de 120 battements par minute", s'épate Márquez. "Je suis déjà à 120 quand je marche ! C'est donc impressionnant de le voir sur la moto à 300 km/h et à 120 de pulsation. Impressionnant. Mais c'est un autre type de moto... Je me sens bien sur la moto. C'est vrai que c'est exigeant, mais si vous êtes en forme, ce n'est pas un problème."

Alors qu'aucune moto n'est facile à piloter lorsque le pilote n'est pas en pleine possession de ses moyens physiques, Francesco Bagnaia a réussi à faire monter sa Pramac Ducati sur le podium du GP de Saint-Marin alors qu'il roulait avec une jambe cassée, tandis que son coéquipier Jack Miller a terminé deuxième du GP de Styrie un jour après avoir subi une lésion nerveuse à l'épaule. Les efforts d'un Alex Rins convalescent mais présent sur sa Suzuki depuis plusieurs courses montrent par ailleurs que chaque petit point pris au cours de cette étrange saison permet de maintenir le contact au championnat.

Le mois dernier, Crutchlow a balayé les suggestions régulièrement présentées à Honda par la presse, selon lesquelles le constructeur japonais devrait changer les caractéristiques de sa moto pour permettre des résultats plus garantis avec différents pilotes. "Marc est encore capable de gagner avec", a répondu le Britannique, dont l'aventure avec Honda prendra fin au terme de cette saison.

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