Un double top 10 qui cache de grandes difficultés pour Aprilia
Maverick Viñales et Aleix Espargaró ont eu beau tâtonner avec leur équipe technique pour préparer leur moto en vue des courses, le GP de Thaïlande aura été éprouvant dans le clan Aprilia. Leur présence dans le top 10 de la course a finalement été une bonne surprise.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Les pilotes officiels Aprilia ont traversé un week-end éprouvant en Thaïlande, qu'ils ont néanmoins réussi à conclure tous les deux dans le top 10. C'est la pluie qui les a quelque peu soulagés dimanche, alors que le manque d'adhérence de la piste les a confrontés à des difficultés chroniques.
Samedi, Maverick Viñales a même terminé la course sprint à une très lointaine 20e position, ayant concédé 29 secondes au vainqueur en l'espace de 13 tours. Auteur de plusieurs erreurs, l'Espagnol était abattu, impuissant face à un manque total de confiance au guidon de sa RS-GP.
"Depuis hier, c'est dur. Sur cette piste, je n'ai pas du tout de sensations avec la moto. Il nous manque du grip, il est très faible", déplorait alors Viñales. "Cela vaut partout. On ne peut rien faire. On a essayé de bouger la moto mais, pour une raison quelconque, elle ne marche pas sur cette piste. On aura une nouvelle chance demain, mais avec la monte hard-medium, franchement, j'ai un peu peur… ne serait-ce que d'être sur la moto."
"Pour le team aussi, c'est assez dur. L'année dernière, c'était complètement différent, parce que le grip n'était pas mauvais, mais on arrive cette année et il n'y a aucun grip. Il n'y a pas grand-chose à faire sur la moto, c'est la même qu'au début de l'année. On a essayé de la raccourcir, de la rallonger, [de modifier] le bras oscillant, les roues, l'avant, l'arrière... Ça ne change pas grand-chose. Je pense que c'est la moto qui ne fonctionne pas."
L'arrivée de la pluie a été synonyme d'un certain soulagement pour Viñales, qui s'était qualifié dixième. En dehors des complications inhérentes au fait d'entamer une course en paquet sur une piste mouillée et de devoir passer au travers des projections d'eau et des trajectoires difficiles à tenir, l'Espagnol s'en est mieux sorti que sur le sec.
VIDÉO - Le résumé du Grand Prix de Thaïlande
"En pneus pluie, les sensations étaient comme à la normale, c'est donc probablement que ce circuit était très dur pour nous, très dur", a-t-il admis. "J'ai eu beaucoup de problèmes avec le frein moteur. On a fait une analyse, et en réalité, ce n'était pas un problème, mais le comportement était très différent de quand je pilotais tout seul durant le week-end. Très, très différent. L'arrière se bloquait, et ça a continué à le faire, donc j'ai manqué le virage 3 quatre ou cinq fois, or quand on fait ça, la course est finie."
"Mais on doit aller de l'avant, et en fin de compte on peut être satisfaits : on termine P7, on a fait sixième [aux GP d'Émilie-Romagne et d'Indonésie], septième [en Thaïlande], huitième [en Australie]... C'est la régularité dont nous avons besoin", a ajouté Viñales, qui se maintient au septième rang du championnat, à 17 points désormais de Pedro Acosta.
Des changements aéro de dernière minute pour Espargaró
De l'autre côté du stand, si le week-end s'est révélé compliqué c'est en premier lieu parce qu'Aleix Espargaró a lourdement chuté dès les premiers essais. Un highside dans un freinage lui a valu d'atterrir sur la tête, lui procurant une contusion au niveau du cou qui l'a contraint à rester au repos une bonne partie de la première journée et l'a fait souffrir sur le reste du week-end. Le vétéran du championnat est ensuite apparu affaibli et il lui a fallu composer avec des sensations comparables à celles de son coéquipier.
Quinzième du sprint, Espargaró est remonté jusqu'à la neuvième position dimanche, bien que dépassé par Johann Zarco dans le dernier tour. "Ça n'a pas vraiment été difficile. C'était une longue course, évidemment, 26 tours sous la pluie, c'est toujours très long", commentait-il à l'issue du week-end. "Je n'ai pas été génial. J'ai pris un bon départ, et j'ai fait une bonne première partie de course. J'étais derrière Pedro [Acosta] lors des deux ou trois premiers tours, mais après je n'ai jamais eu de bonnes sensations, ni un bon rythme. J'ai fait une grosse erreur au virage 3, je suis sorti large et j'ai perdu beaucoup de secondes et de positons."
Aleix Espargaró s'est fait dépasser par Johann Zarco dans le dernier tour.
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
"Après ça, je me suis juste reconcentré, en essayant d'avoir un bon rythme. Je n'aime pas justifier ma course par ma position quand l'écart avec le vainqueur est grand, mais ce week-end, j'ai eu beaucoup de difficultés. J'ai eu une très grosse chute vendredi, je n'avais fait que cinq tours. Donc après un week-end difficile, je suis content de cette neuvième place en course."
"On n'a pas terminé si loin du vainqueur et du podium, ce qui, sur une très longue course comme celle-ci, est toujours positif. Les deux motos dans le top 10, c'est un bon résultat. Nos chronos, à la mi-course, n'étaient pas très loin de ceux des pilotes qui ont terminé sur le podium, donc au moins quelque chose de positif", a pointé le #41, sans toutefois occulter de nombreux éléments inquiétants dans le bilan du week-end.
"On a beaucoup de mal avec le grip arrière. Maverick et moi avons les mêmes problèmes. On était ensemble, et quand j'ai fait mon erreur, j'ai perdu sa roue, mais on avait des problèmes similaires. Malheureusement, ça perdure. Quant au problème de chaleur, on n'en a évidemment pas souffert durant la course sous la pluie, ce qui est très bien, mais on a toujours les mêmes problèmes", a-t-il décrit, expliquant avoir tenté un pari dimanche en revenant au package aéro développé pour cette saison, prévu pour mettre plus de charge à l'arrière, signe qu'Aprilia continue de tâtonner.
"On a fait une moto beaucoup plus courte, en essayant d'abaisser l'arrière pour gagner en grip. Sous la pluie, ça a fonctionné. Je suis content, notre idée est d'ailleurs de le tester sur le sec en Malaisie, d'en revenir à la spécification aéro de 2024, avec beaucoup plus d'aéro, et aussi avec le bras oscillant avec une ailette, que KTM utilise. On n'arrête pas d'essayer de s'améliorer."
Avec Luca Bartolomeo
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