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Ces cinq millimètres qui ont peut-être dicté le sort du GP de São Paulo

Le GP de São Paulo a offert un aperçu fascinant des changements de performance des voitures entre les pneus slicks et les pneus pour piste humide.

Max Verstappen, Red Bull Racing RB20

Le Grand Prix disputé à Interlagos et affecté par la pluie a donné lieu à ce qui est sans doute la plus grande surprise de la saison de Formule 1 jusqu'à présent concernant la composition du podium.

La remontée de Max Verstappen de la 17e place sur la grille de départ jusqu'à la première avait été anticipée par très peu de gens, et elle a marqué son premier triomphe depuis le Grand Prix d'Espagne en juin. Juste derrière le Néerlandais, les deux Alpine d'Esteban Ocon et Pierre Gasly ont marqué plus de points pour l'équipe en un seul après-midi que depuis le début de la saison.

La joie du top 3 contrastait avec les difficultés rencontrées par les autres équipes sur le mouillé, McLaren et Ferrari, véritables références récemment, souffrant d'un manque de rythme.

Lando Norris, candidat au titre mondial, a connu des problèmes de blocage de roue à l'avant, tandis que Charles Leclerc a décrit sa Ferrari SF-24 comme étant horrible à piloter. "Nous n'étions tout simplement pas assez rapides", a déclaré le Monégasque après la course. "La voiture était extrêmement difficile à piloter et très, très pointue, très nerveuse, très survireuse."

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Si Verstappen et les deux Alpines ont incontestablement bénéficié d'un coup de pouce grâce au drapeau rouge qui leur a permis de changer "gratuitement" de pneus, il serait faux de dire qu'il s'agit là d'un résultat fortuit obtenu sur un simple coup de dé. Même après la reprise de la course, le trio était le plus rapide sur la piste, ce qui montre que le résultat final est certainement en partie dû à la façon dont les différentes voitures se sont comportées sur le mouillé.

C'est un phénomène bien connu : certaines voitures sont plus adaptées aux conditions humides qu'aux conditions sèches, car de multiples éléments se conjuguent pour aider les pilotes à surmonter les lacunes qui se révèlent sur le sec.

Alpine a moins souffert de son déficit de puissance que d'habitude sous la pluie.

Alpine a moins souffert de son déficit de puissance que d'habitude sous la pluie.

Photo de: Alpine

Un facteur qui a certainement aidé Alpine est le fait que la pluie a masqué l'une de ses principales faiblesses : la performance du moteur. Dans ces conditions délicates, il s'agit davantage de gérer l'accélérateur que d'avoir simplement le plus de puissance possible, ce qui a permis à l'équipe d'être sur un pied d'égalité par rapport aux conditions sèches.

Mais un autre élément intéressant est apparu comme un facteur pouvant expliquer la redistribution des cartes sur le mouillé, à savoir l'impact aérodynamique des pneus pour piste humide. La génération actuelle de voitures à effet de sol est très sensible à la hauteur de caisse, et une différence de quelques millimètres dans la garde au sol peut avoir une incidence assez importante en matière d'appui aérodynamique, les meilleures performances étant obtenues le plus près possible de la piste.

Le diamètre du pneu intermédiaire étant supérieur de 5 mm à celui des slicks (725 mm contre 720 mm), il y a un impact direct sur la hauteur de la plateforme de la voiture. Et il ne faut pas oublier que les équipes avaient déjà constaté qu'elles ne pouvaient pas rouler aussi près du sol qu'elles l'auraient voulu à cause des bosses d'Interlagos, de sorte que les monoplaces qui se trouvaient déjà en dehors de la fenêtre idéale s'en sont davantage éloignées en utilisant des inters.

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Mais ce n'est pas seulement l'effet sur la hauteur de caisse qui peut faire la différence lorsqu'il s'agit de l'impact aérodynamique des pneus, car la rigidité des flancs est peut-être un élément encore plus important.

La façon dont le pneu se déforme sous l'effet de la charge dans les virages et lorsque l'on applique de l'appui a un impact important sur l'aérodynamique de la voiture. C'est pourquoi les équipes font beaucoup d'efforts pour s'assurer que leurs voitures sont optimisées pour prendre en compte la forme variable des pneus. C'est la raison pour laquelle les pneus de soufflerie sont conçus pour reproduire à l'échelle parfaite la déformation des flancs que subissent les pneus en conditions réelles.

Une modification de la rigidité des flancs et un impact subtil sur la hauteur de caisse sont certainement plus que suffisants pour modifier la carte aérodynamique d'une voiture, en changeant potentiellement son équilibre et en rendant une F1 neutre sur le sec tout à fait nerveuse sur le mouillé.

Les pneus pluie sur la McLaren d'Oscar Piastri.

Les pneus pluie sur la McLaren d'Oscar Piastri.

Photo de: Steven Tee / Motorsport Images

Le directeur de Haas, Ayao Komatsu, dont l'équipe semblait être moins bien lotie avec les pneus intermédiaires qu'avec les pneus slicks, a déclaré qu'il ne s'agissait pas d'un phénomène nouveau pour sa structure, puisque Spa, plus tôt cette saison, avait révélé des problèmes de perte d'appui à l'arrière lorsque la VF-24 était chaussée de pneus pour conditions humides.

"L'équilibre aérodynamique que nous avons perdu montre simplement que l'arrière de la voiture est affaibli par les pneus intermédiaires, ce qui est un problème nouveau cette année", a-t-il déclaré. "On conçoit la voiture en soufflerie avec des pneus pour des conditions sèches, évidemment. Je ne me souviens plus quand nous avons roulé pour la première fois avec les pneus intermédiaires ou sur le mouillé, mais tout de suite, nous avons perdu beaucoup de stabilité."

D'un autre côté, les Red Bull et les Alpine semblaient avoir une longueur d'avance sur leurs adversaires dans ces conditions.

Ce que disent les données

Alors que les équipes n'ont pas encore de réponse à la question de savoir si l'influence aérodynamique des pneus a été décisive au Brésil, l'analyse des temps au tour indique clairement un changement de tendance. Le plus intéressant est que le week-end du GP de São Paulo, avec son épreuve sprint sur piste sèche et sa course sur piste mouillée, nous a offert un aperçu des différences de performance entre les deux conditions.

Et bien que les comparaisons entre les qualifications ne soient pas totalement indicatives, car certaines voitures n'ont pas montré leur plein potentiel dans les mêmes conditions que d'autres, elles montrent au moins comment certaines équipes se sont déplacées dans la hiérarchie - Alpine et VCARB ayant assurément été relativement meilleures sur le mouillé et Ferrari ayant rétrogradé.

Les résultats ci-dessous indiquent la voiture la plus rapide de chaque équipe en Q3 :

Qualifs sprint - Sec

 

Qualifications - Mouillé

 
Mais une mesure plus précise du rythme des voitures, et de la façon dont les choses ont évolué entre le sec et le mouillé, est donnée par le rythme en course.
Si l'on tient compte de la voiture la plus rapide de chaque équipe, en se basant sur les tours "propres" en course - c'est-à-dire sans tenir compte des arrêts aux stands, ni des Safety Cars, ni des relances - on obtient les données suivantes :

Sprint - Sec

 

Course - Mouillé

 

Le rythme de Red Bull et de Mercedes s'est nettement amélioré sur le mouillé par rapport à leurs rivaux, tandis que McLaren et Ferrari ont reculé. Et c'est peut-être chez Ferrari que la baisse a été la plus importante, Alpine et VCARB s'étant montrées plus rapides au fil des relais.

VIDÉO - Le résumé du GP de São Paulo

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