Alonso ne veut pas rêver : "Il n'y a pas de miracles en F1"
Malgré des essais de pré-saison encourageants, Fernando Alonso et Mike Krack refusent d'envisager une montée en flèche d'Aston Martin jusqu'aux avant-postes dès 2023.
Au terme des essais de pré-saison 2023, une impression règne dans le paddock : Aston Martin serait la bonne surprise de l'année. Du point de vue de la performance pure, l'AMR23 n'est que la septième monoplace la plus rapide du plateau, Fernando Alonso ayant signé un meilleur chrono de 1'31"450, à plus d'une seconde de la référence établie par Sergio Pérez.
Cependant, le rythme affiché par le bolide vert sur les longs relais était particulièrement encourageant, si bien que certains s'attendent à un bond dans la hiérarchie pour Aston Martin. Fernando Alonso, qui vient de rejoindre la structure de Silverstone, est nettement plus prudent au moment de faire le bilan.
"La voiture a été facile à piloter pendant les trois jours, il n'y a pas de mauvaise surprise qui soit agaçante au niveau du pilotage", analyse l'Ibère. "Forcément, c'est un plus, car on peut piloter avec constance tour après tour en comprenant ce que demande la voiture. Pour nous, il faut juste apprendre à connaître la voiture, car elle requiert des réglages très différents de l'an dernier, le concept de la monoplace étant très différent lui aussi. Il va nous falloir quelques courses pour optimiser ce package."
Ainsi, lorsqu'il est suggéré qu'Aston Martin puisse se battre avec Mercedes cette saison, Alonso coupe court : "Ce n'est pas notre objectif. Nous voulons faire un pas en avant en 2023, un autre en 2024. Il n'y a pas de miracles en Formule 1. L'an dernier, Aston Martin était septième au championnat des constructeurs. Il faut voir ce que nous pouvons faire. Nous ne voulons pas être septièmes, mais je pense qu'il est irréaliste de penser que nous allons être proches du top 3. Il faut y aller pas à pas."
Fernando Alonso (Aston Martin)
Le son de cloche est similaire du côté du directeur d'équipe Mike Krack, quand il lui est demandé si les attentes ont changé à la suite des tests hivernaux : "Je n'en suis pas si sûr. À vrai dire, je trouve très, très difficile de réellement en juger lors de tels essais. Je vais vous donner un exemple. L'an dernier, nous étions quatrième, quatrième et dixième sur les trois jours, et cela paraît très similaire maintenant. En Grand Prix, nous avons été éliminés en Q1. Juste pour vous dire dans quelle mesure de tels essais peuvent donner une indication de la hiérarchie."
"Je pense donc que nous ne devons pas perdre de vue nos objectifs. Notre objectif était de faire un pas en avant quant au niveau de performance de la voiture, de l'écurie, et cela reste notre objectif. Est-ce que nous l'atteindrons ? On verra la semaine prochaine."
Le Luxembourgeois concède néanmoins que les longs relais étaient prometteurs, bien qu'il souhaite rester prudent lui aussi. "La simulation de course n'était certainement pas mauvaise. Mais il ne faut pas oublier que les conditions de piste étaient vraiment bonnes. Il y avait beaucoup de gomme car d'autres écuries roulaient beaucoup en pneus neufs, notamment tendres. Cela aide quand on fait une simulation de course. Bref, encore une fois, c'est sympa de faire des longs relais de qualité, mais il faut quand même les remettre dans leur contexte et ne pas se mettre à rêver. Je crois que Fernando vient de le dire : il n'y a pas de miracles en F1", conclut Krack.
Propos recueillis par Adam Cooper
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