Brivio revient sur son étrange expérience chez Alpine F1
Après trois années passées chez Alpine, Davide Brivio est revenu au MotoGP en 2024 via le projet Trackhouse Racing. L'Italien s'est, pour l'une des premières fois, livré sur une parenthèse F1 qui en a déconcerté plus d'un.
Tout début 2021, une information prenait par surprise à la fois le monde du MotoGP et celui de la Formule 1 : Davide Brivio, qui venait de mener Suzuki au titre mondial pilotes avec Joan Mir et au titre par équipe, quittait le team officiel japonais pour aller vers les quatre roues et rejoindre Alpine, nouvelle identité de l'écurie Renault. L'Italien était arrivé au poste de directeur sportif, avec comme l'annonçait le communiqué de l'époque "un rôle et des responsabilités précises" qui restaient à définir.
Par la suite, la tangibilité du rôle de Brivio en tant que dirigeant de l'écurie française a beaucoup interrogé : peu présent médiatiquement, assez peu présent côté piste, ses occupations au sein de la structure et sa place dans l'organigramme ont rapidement fait plus l'objet d'une sorte de running gag qu'autre chose. À tel point que dès les derniers mois de 2021, la fin de sa courte aventure F1 et un retour en MotoGP étaient évoqués.
Malgré ces doutes, il a poursuivi son travail auprès d'Alpine, dans un rôle qui a finalement évolué début 2022, avec une mission de chapeautage des projets en compétition du constructeur et une attention particulière portée à l'académie de jeunes pilotes. Bon an, mal an, ce sont deux années supplémentaires dans le giron Renault que Brivio a donc passées, avant de mettre fin à cette drôle de parenthèse fin 2023. Il a finalement rejoint le tout nouveau projet Trackhouse Racing en MotoGP, en tant que team manager.
Davide Brivio avec Esteban Ocon lors du GP d'Émilie- Romagne 2021.
Son absence dans les médias a souvent été source d'incompréhension pendant ces trois années au sein d'Alpine, les observateurs et les fans peinant à comprendre ce que Brivio était allé faire au sein de la structure, lui qui était attendu dans un véritable rôle de terrain, et ce qu'il y faisait par la suite. Évoquant ce chapitre de sa carrière dans le podcast officiel du MotoGP, il a lui-même reconnu que les choses ne s'étaient pas passées comme prévu, tant pour lui que pour l'équipe.
"Pour être très honnête, ça n'a pas fonctionné comme je m'y attendais, et probablement comme Alpine s'y attendait", a-t-il déclaré. "La première année, je travaillais dans l'équipe de Formule 1 et j'avais besoin de me bâtir une expérience, j'avais besoin de m'intégrer, de comprendre des choses. Ça n'a pas vraiment fonctionné, donc les années suivantes je me suis occupé de l'académie de pilotes, car il y a un excellent programme de jeunes pilotes. Et puis je travaillais sur de nouveaux projets."
"Pendant plusieurs mois, j'ai travaillé pour préparer le projet du Dakar. Le groupe Renault va rejoindre le Dakar avec Dacia en 2025. J'ai donc commencé le travail, la préparation du budget, pour essayer de voir comment organiser cela, puis le projet a ensuite commencé. Nous avons ensuite mené des investigations et j'ai travaillé pour essayer de faire entrer Renault en WRC avec une voiture électrique, mais ça n'a pas fonctionné parce que le règlement ne le permet pas. Donc l'année dernière, il n'y avait plus de nouveaux projets sur lesquels travailler. Je suivais l'académie de pilotes, mais disons que mon ambition, mon désir était d'être plus impliqué dans une équipe de course, d'être plus dans l'action."
Je suis très heureux d'être de retour dans l'action.
Un besoin d'action qui l'a amené à la décision de quitter Alpine, avec l'espoir de retrouver un projet à la hauteur de ce qu'il désirait, sans avoir d'idée précise sur la suite : "[Être] sur le circuit, dans les courses, avec les pilotes, le staff de l'équipe, les ingénieurs, ces choses-là. C'était impossible là-bas alors je me suis dit que j'allais essayer en MotoGP. Évidemment, j'y avais passé de bons moments, je m'y étais beaucoup amusé. Mais quand j'ai pris cette décision, je n'avais rien [en tête]."
"Quand j'ai décidé d'essayer, c'était donc comme un pari. Je me suis dit que j'allais essayer de me rendre disponible et qu'on verrait si une opportunité se présentait. J'ai ensuite reçu un coup de fil de la part de Trackhouse et je me suis dit qu'on allait discuter. Je crois qu'il y a quelque chose de spécial dans ce projet et j'ai pensé que c'était une bonne opportunité. Je suis très heureux d'être de retour dans l'action."
En dépit d'une expérience finalement loin des attentes, Brivio n'est pas parti en mauvais termes d'Alpine et en retient surtout le positif : "Honnêtement, je suis très reconnaissant à Alpine de m'avoir donné cette possibilité, ça a été une expérience formidable que je suis heureux d'avoir vécue. Même si ça ne s'est pas passé comme je le voulais, d'un point de vue professionnel j'ai pu voir un autre monde, de formidables personnes, de formidables ingénieurs, d'excellentes manières de travailler."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires