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La F1 rattrapée par le COVID-19 : "Un rappel brutal"

À l'occasion de son quatrième Grand Prix de la saison, la Formule 1 affronte pour la première fois un scénario redouté en ces temps de pandémie : voir l'un de ses pilotes testé positif au COVID-19.

Le paddock à Silverstone

Malgré une reprise exemplaire avec la mise en place d'un protocole sanitaire draconien, la Formule 1 a été rattrapée par le coronavirus ce week-end à Silverstone. Alors que deux cas de COVID-19 avaient déjà été identifiés dans le paddock à Budapest, le fait que la maladie touche cette fois un pilote, en l'occurrence Sergio Pérez, braque inévitablement un peu plus le feu des projecteurs. Testé positif jeudi, le Mexicain a dû déclarer forfait pour le week-end, bien qu'il soit asymptomatique et en bonne santé, cédant sa place chez Racing Point à Nico Hülkenberg.

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Avant ce rendez-vous britannique, Michael Masi avait rappelé au nom de la FIA à quel point la F1, dont il est le directeur de course, ne pouvait se permettre aucun relâchement et aucune complaisance face à la pandémie. Ses propos quasi prémonitoires sont aujourd'hui illustrés par une situation qui, tôt ou tard, risquait de se présenter, et pourrait évidemment se renouveler. La F1 le savait, elle s'y était préparée. 

"C'est un rappel brutal", estime aujourd'hui Christian Horner, directeur de Red Bull Racing. "Parfois en Formule 1, nous avons l'impression d'être un peu isolés et de tous vivre dans notre bulle. Mais je pense que lorsque ça arrive à quelqu'un comme Pérez, lorsqu'un pilote est touché, c'est un rappel brutal du pourquoi de la mise en place de ces procédures."

"Les procédures que nous avons au niveau de l'équipe et collectivement en Formule 1 sont là pour que nous puissions nous assurer d'avoir le moins de contacts inutiles possible sur les Grands Prix, en dehors ou à l'usine. C'est très difficile, mais c'est un rappel brutal qui nous dit que ce truc [le virus, ndlr] est toujours là. Nous allons voyager dans des pays où il y a une seconde vague et des pics qui émergent encore. Nous devons conserver cette discipline avec toutes les procédures en place. Je pense que nous gérons bien les choses, c'est très bien fait de la part de la FIA comme de l'équipe."

Si le cas de Sergio Pérez agit en effet comme une violente piqûre de rappel, il n'est pas question néanmoins de pointer du doigt le Mexicain plus qu'un autre. Le risque zéro n'existe pas, seulement les événements démontrent que la F1 ne peut pas baisser la garde. Le Mexicain est la première victime de cette situation, privé d'au moins un Grand Prix alors qu'il dispose cette année d'une monoplace compétitive. Confiant sa tristesse devant cette situation, il a expliqué avoir voyagé au Mexique entre le Grand Prix de Hongrie et celui de Grande-Bretagne. Des propos raisonnant comme une justification alors qu'il n'y devrait pas y être contraint, qu'il n'est pas le seul à avoir voyagé sur cette période et qu'il n'a rien fait de répréhensible.

"Le code [de conduite de la FIA], tel qu'il est écrit aujourd'hui, dit qu'entre les Grands Prix d'Autriche et de Hongrie nous ne devions laisser personne sortir, ce que nous avons fait avec nos pilotes comme avec notre personnel", rappelle Otmar Szafnauer, directeur de Racing Point. "Par exemple il y avait une règle, une fois en Hongrie, disant que personne ne pouvait quitter l'hôtel s'il n'avait pas un passeport membre de l'espace Schengen. Nous avons traité tout le monde de la même manière, y compris les pilotes. Mais entre la Hongrie [et Silverstone], puisqu'il y avait un week-end de repos, je crois que tout le monde est rentré voir sa famille. Les équipes italiennes sont retournées en Italie, l'équipe suisse est probablement rentrée en Suisse, Pirelli a renvoyé du monde en Italie, et les pilotes sont rentrés chez eux."

"Avec le recul, c'est toujours plus simple. Peut-être que nous devrions étudier ça, changer le code et dire que tout au long de la saison, il faut rester dans sa bulle ? Je ne sais pas, mais c'est une question pour la FIA. J'ai lu le code plusieurs fois, c'est un document qui évolue. Je crois que Checo n'a rien fait de mal en allant voir sa famille. Il a pris toutes les précautions. Je ne crois pas que ce soit différent de Ferrari qui rentre en Italie, par exemple."

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