Hamilton s'ouvre sur la dépression traversée durant sa jeunesse
Dans une interview accordée au Sunday Times Style, Lewis Hamilton a révélé le harcèlement dont il a fait l'objet, et la phase de dépression qu'il a dû affronter lors de ses jeunes années.
Photo de : Andy Hone / Motorsport Images
À bientôt 40 ans – il les fêtera en janvier prochain -, Lewis Hamilton est plus qu'une star de la Formule 1 : le Britannique est devenu une véritable icône de son sport. Il s'est récemment ouvert, comme rarement, lors d'une interview accordée au Sunday Times Style.
Dans ce long entretien à cœur ouvert, Hamilton a révélé qu'il avait été victime de harcèlement dans son enfance. Un passé qui a, d'après ses dires, ressurgi au moment de la pandémie de Covid et du confinement qui en a résulté. Une période qui l'a amené à se recentrer sur lui-même, et à faire le lien entre un certain mal-être et des faits liés à sa jeunesse.
"Lorsque j'avais une vingtaine d'années, j'ai connu des phases très difficile, j'ai lutté contre des troubles mentaux tout au long de ma vie", a ainsi déclaré le septuple champion du monde dans cette interview. "La dépression… Dès mon plus jeune âge, vers 13 ans. Je pense que c'était dû à la pression de la course, et des soucis à l'école, des brimades… Je n'avais personne à qui parler. J'ai parlé à une femme [une thérapeute], il y a des années, mais cela ne m'a pas vraiment aidé. J'aimerais trouver quelqu'un [pour en parler] aujourd'hui."
"On apprend des choses qui vous ont été transmises par vos parents, on remarque ces schémas, comment on réagit aux choses, comment on peut les changer. Ainsi, ce qui aurait pu me mettre en colère par le passé ne me met plus en colère aujourd'hui. Je suis tellement plus apaisé."
À bientôt 40 ans, Lewis Hamilton a appris à être davantage apaisé.
Photo de: Andrew Ferraro / Motorsport Images
Lewis Hamilton est revenu sur le moment où il a compris qu'il voulait utiliser son statut pour mettre en lumière l'injustice, en révélant qu'il avait craqué après avoir regardé une vidéo du meurtre de George Floyd, décédé lors d'une arrestation par la police américaine en mai 2020, dans le Minnesota.
"Si je sentais qu'il y avait des actes répréhensibles, je ne me sentais pas capable [avant cela] de m'exprimer", a ajouté le pilote Mercedes. "Mais le bouchon a sauté. J'étais à genoux, en larmes, toute cette émotion est sortie. C'était une expérience tellement étrange parce que je ne me souviens pas avoir pleuré depuis mon plus jeune âge. Je savais que j'en avais assez, qu'il fallait vraiment que je parle."
Gagner des titres est quelque chose d'extraordinaire, mais qu'en fait-on ? Que fait-on de notre temps sur cette planète ?
"Il y a des gens qui restent silencieux, des gens qui se sentent sans voix et moi je bénéficie de cette tribune. Gagner des titre est quelque chose d'extraordinaire, mais qu'en fait-on ? Que fait-on de notre temps sur cette planète ?"
Connu pour ses engagements pour la diversité, la lutte contre le racisme, l'écologie ou encore la cause LGBT, Hamilton a l'habitude aujourd'hui de s'exprimer au sujet de tout acte qu'il juge répréhensible. Il y a quelques jours, il n'avait pas hésité à évoquer un "élément racial", suite aux propos du président de la FIA, Mohamed Ben Sulayem, qui avait déclaré vouloir punir les propos injurieux lors des échanges radio entre les équipes et les pilotes, ajoutant que ceux-ci "ne sont pas des rappeurs."
En parlant ouvertement de sa santé mentale, Lewis Hamilton est un nouveau grand nom du sport à mettre un mot sur ce qui a longtemps été un sujet tabou, en particulier parmi les hommes de sa tranche d'âge.
"Nous sommes reconnaissants envers Lewis Hamilton d'avoir été aussi ouvert et d'avoir partagé son expérience de la dépression et l'impact que le racisme a eu sur lui pendant de nombreuses années", a déclaré à Motorsport.com Joe Levenson, responsable des médias à l'organisation caritative Mind, qui s'occupe des troubles mentaux.
"Le fait de parler et de s'exprimer peut aider à normaliser les conversations et à lutter contre la stigmatisation qui entoure si souvent la santé mentale. Chez Mind, nous savons que lorsque des personnalités publiques parlent ouvertement de leur santé mentale, cela peut avoir une incidence considérable. Nos recherches ont montré qu'une personne sur cinq a entamé un échange sur sa santé mentale après avoir entendu une célébrité ou une personne connue du grand public parler de son expérience."
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires