Marko avait assuré à Vergne : "Vettel ne va pas partir"

Jean-Éric Vergne est convaincu d'avoir été victime d'un mauvais timing lors de son passage en Formule 1.

Marko avait assuré à Vergne : "Vettel ne va pas partir"

Sur le marché des transferts, le timing est crucial, et Jean-Éric Vergne l'a appris à ses dépens en 2014 – sans pouvoir changer quoi que ce soit à son destin.

Le 18 août 2014, la Scuderia Toro Rosso annonçait la titularisation de Max Verstappen à l'âge de 17 ans, l'adolescent néerlandais remplaçant Jean-Éric Vergne. Ce dernier avait pourtant marqué onze points contre six pour son coéquipier débutant Daniil Kvyat jusqu'à présent et allait intensifier sa domination jusqu'à un score final de 22-8, malgré un handicap majeur au volant d'une monoplace en surpoids. "J'avais ces 10 kilos en trop à chaque séance qualificative, et c'était assez dur de se battre contre Kvyat", confie le Français dans le podcast Beyond The Grid.

Un mois et demi plus tard, le 3 octobre, Sebastian Vettel créait la surprise en annonçant son départ de Red Bull Racing à destination de Ferrari. Vergne restait sur une remarquable sixième place à Singapour et était initialement prédestiné à remplacer l'Allemand en cas de départ de celui-ci – un événement auquel Helmut Marko, conseiller sportif de la marque au taureau, ne croyait apparemment pas. Red Bull a manifestement préféré promouvoir Kvyat au lieu de revenir sur sa décision de se séparer de Vergne, Carlos Sainz débarquant finalement chez Toro Rosso.

"En 2012 et 2013, je pense que je n'étais pas très compétitif en qualifications, et j'ai vraiment amélioré ça pendant l'hiver pour 2014, j'étais bien plus compétitif", se remémore le tricolore. "C'était un peu de malchance, la manière dont les choses se sont passées. Je me rappelle l'été, j'avais plus de points que Kvyat, la première moitié de saison était très bonne. Je me rappelle à Budapest, avant la trêve estivale, j'étais deuxième pendant plus de la moitié de la course [pendant dix tours, ndlr], quand c'était humide, avec Nico Rosberg derrière moi. Évidemment, ça a fini par sécher, pas de chance, mais j'ai quand même fini dans les points et c'était quand même une très bonne course pour nous."

Jean-Eric Vergne, Scuderia Toro Rosso STR9

"J'ai reçu un coup de fil dans l'été pour me dire que j'allais être remplacé par un pilote plus jeune, je savais que c'était Max Verstappen. Je me suis dit que c'était le jeu, qu'il n'y avait pas de place chez Red Bull. Helmut Marko m'a dit : 'C'est terminé à la fin de l'année'. C'était sympa qu'il me le dise si tôt dans la saison, mais en même temps, c'était probablement mon plus gros problème, qu'il me l'ait dit si tôt dans la saison : puisqu'il avait été annoncé dans la presse que j'allais quitter Toro Rosso, quand Vettel a décidé de partir pour aller chez Ferrari au Grand Prix du Japon, cela aurait fait très mauvaise impression de me rappeler pour aller chez Red Bull. Car lors de cette conversation avec Helmut, je lui ai dit : 'Et si Vettel part ?'. Il m'a répondu : 'Vettel ne va pas partir'. 'Oui, mais s'il part ?'. 'Alors tu seras le prochain à aller chez Red Bull'. Nous avons appris le samedi ou le vendredi que Vettel partait chez Ferrari, et Red Bull voulait répondre d'emblée. Ils ont annoncé Kvyat ce matin-là, sans parler à qui que ce soit. Avec ce qui s'est passé pour Jules [Bianchi] lors de ce Grand Prix, c'était un moment très dur."

"Franz Tost [directeur de la Scuderia Toro Rosso] voulait me conserver, parce qu'il voulait avoir un pilote expérimenté avec Max, mais encore une fois, Red Bull aurait pu dire 'OK, on va garder Vergne chez Toro Rosso'. Et il y avait un autre très jeune pilote prometteur qui arrivait, à savoir Carlos Sainz. Ils l'ont mis à la place de Kvyat, qui partait chez Red Bull Racing. Cette année a été très compliquée, j’aurais aimé que Helmut fasse comme il a fait avec de nombreux pilotes, attendre la fin de la saison pour leur dire que c'est fini, car s'il avait attendu, avec les Grands Prix que j'ai faits avant le Japon, j'étais bien mieux placé que Kvyat pour aller chez Red Bull Racing."

Et lorsqu'il lui est demandé s'il avait fait l'effort de s'attirer les bonnes grâces de Christian Horner, qui gérait la structure de Milton Keynes, Vergne préfère répondre vaguement : "Disons que j'ai laissé trop de choses à la chance et pas à moi. J'aurais dû prendre un peu plus les choses en main. Sinon, je serais sûrement dans une situation assez différente aujourd'hui, et j'aurais sûrement eu ma chance chez Red Bull Racing."

La carrière du double champion de Formule E a néanmoins trouvé un second souffle dans le championnat tout électrique depuis 2014, tandis que le pilote DS Techeetah s'illustre également en Endurance, où il a rejoint le programme Hypercar de Peugeot Sport pour 2022.

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