Renault craint les critiques de Red Bull en cas de mauvaise fiabilité

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Renault craint les critiques de Red Bull en cas de mauvaise fiabilité
Guillaume Navarro
Par : Guillaume Navarro
Co-auteur: Adam Cooper
30 août 2018 à 11:45

Renault Sport F1 vit dans l'angoisse des possibles critiques de son client Red Bull si l'équipe anglaise vient à adopter la version C de son moteur à Monza pour la course et rencontre des problèmes de fiabilités, craints par le motoriste.

Daniel Ricciardo, Red Bull Racing RB14
Cyril Abiteboul, directeur général Renault Sport F1
Max Verstappen, Red Bull Racing
Max Verstappen, Red Bull Racing RB14
Christian Horner, directeur, Red Bull Racing, en conférence de presse
Nico Hulkenberg, Renault Sport F1 Team R.S. 18 abandonne sur casse moteur
Max Verstappen, Red Bull Racing
La voiture de Max Verstappen, Red Bull Racing

Cyril Abiteboul a admis la semaine dernière que la nouvelle version de l'unité de puissance Renault n'était pas sans risques dans son stade de développement actuel et que l'équipe d'usine avait choisi de ne pas introduire celle-ci sur la monoplace de Nico Hülkenberg à Spa-Francorchamps, en dépit de sa disponibilité et du fait que l'Allemand était condamné à partir du fond de la grille. Elle ne sera pas non plus adoptée à Monza. L'équipe Renault tient en effet à ne prendre aucun risque de fiabilité pour assurer la quatrième position du championnat constructeurs.

Les clients Renault, en revanche, pourront choisir en leur âme et conscience de s'équiper ou non du package en Italie, en prenant ainsi le risque assumé, selon le motoriste français, de ne pas voir l'arrivée du Grand Prix en échange d'un deux dixièmes de performance au tour… Une situation qui ne facilite pas la relation désormais en roue libre entre Renault et Red Bull.

Abiteboul vit déjà dans l'anticipation des critiques possibles de Red Bull, qui n'avait pas mâché ses mots après l'abandon relatif à l'unité de puissance de Max Verstappen lors du Grand Prix de Hongrie. Ni le pilote néerlandais, ni son patron Christian Horner n'avaient fait preuve de retenue au moment de laisser libre cours à leurs pensées sur le produit client.

Un épisode qui a eu pour conséquence de voir Renault adopter une grande réflexion concernant l'introduction de sa version C et à déjà communiquer en amont de son adoption sur les risques que celle-ci présente en termes de fiabilité. Pour moins se faire fouetter sur la place publique plus tard en cas de pépin ?

"C'est exactement mon problème", avoue Abiteboul à Motorsport.com, lorsqu'il lui est demandé s'il craint d'entendre Red Bull se plaindre de voir son niveau de performance relatif à celui de la concurrence, gelé par la vitesse d'introduction des évolutions Renault, voire d'être critiqué pour la fiabilité en cas de bris moteur en cas d'adoption de l'évolution. "En effet, le précédent en Hongrie me met un peu en colère et cela pourrait changer la manière dont on laisse à nos clients la discrétion de faire ce qu'ils désirent. En théorie, Red Bull dit toujours que c'est tout sur la performance et qu'ils peuvent accepter la fiabilité [incertaine], mais comment est-ce que je gère ça, sachant comment ils ont réagi à Budapest au problème que l'on a eu avec le MGU-K ?"

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À Monza ce week-end, Red Bull se risquera à monter la version C du moteur Renault sur la monoplace de Daniel Ricciardo, puis prendra une décision quant à son maintien ou non pour la suite du week-end, voire à son installation dans l'autre RB14 de Max Verstappen.

Red Bull "devrait y aller plus doucement dans les déclarations publiques"

On notera que Budapest représentait une situation inverse, Red Bull ayant fait le choix de s'en tenir à l'utilisation de l'ancienne version du MGU-K, plutôt que d'adopter une nouvelle version que Renault pensait plus fiable avec un système de refroidissement par huile différent. Abiteboul s'autorise un rappel des faits pour rejeter certaines critiques qu'il juge injustes.

"J'étais en colère pour une raison simple", ressasse Abiteboul. "Nous sommes loin d'être parfaits, c'est certain, et je peux accepter qu'il y ait de la frustration. Mais ce que je ne peux pas accepter est que nous avons une relation avec Red Bull, et pour philosophie d'être en collaboration avec nos équipes partenaires, dont Red Bull, et d'accepter leurs décisions. Une décision en particulier est qu'ils ont choisi de ne pas utiliser la dernière évolution du MGU-K, pour une raison liée à son installation, etc. Et la règle d'or associée est qu'ils prennent la responsabilité et acceptent les conséquences", poursuit-il, sans ignorer le contre-argument consistant à suggérer qu'une pièce datée et validée devrait elle aussi tenir le coup, quel que soit le niveau atteint par les évolutions consécutives.

"Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas aussi prendre la responsabilité du problème que nous avons avec notre produit, quelle que soit sa spécification, s'ils décident de l'utiliser", admet le Français. "Mais ils savent qu'il y a un risque associé à la version qu'ils utilisent et sachant cela, ils devraient par conséquent y aller un peu plus doucement sur leur réaction dans les déclarations publiques."

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