Formule 1 GP d'Azerbaïdjan

Steiner : Schumacher ne peut pas continuer à enchaîner les crashs

Le directeur de Haas F1, Günther Steiner, a déclaré que son pilote Mick Schumacher ne pouvait pas continuer à subir de gros accidents alors que le budget de l'écurie est de plus en plus serré.

Mick Schumacher a connu un gros accident lors du Grand Prix de Monaco à la suite d'une erreur de trajectoire à la Piscine, après un début de saison déjà marqué par sa violente sortie de piste des qualifications du GP d'Arabie saoudite et également son accrochage avec Sebastian Vettel en fin de course à Miami.

Le châssis abîmé dans l'incident de la Principauté il y a deux semaines est actuellement en réparation, mais l'Allemand sait d'ores et déjà que sa boîte de vitesses, détruite dans l'impact, ne sera pas récupérable. Une situation qui est loin de ravir Günther Steiner, le directeur de Haas, qui refuse d'accabler ou de mettre la pression sur son pilote mais commence à sentir la pression budgétaire peser sur sa structure à force d'incidents de ce genre.

"Il n'est tout simplement pas possible de continuer comme ça", a déclaré Steiner. "Et il le sait. À un moment donné, se crasher dans un mur, ce n'est pas sain non plus. Il est évident qu'il veut marquer des points, et si vous vous accidentez contre le mur, vous ne marquez pas de points."

"Il le sait, donc c'est comme si on lui mettait la pression en lui disant de ne pas se crasher. Je ne fais pas ça. Je ne fais jamais ça. Parce que je pense qu'ils savent qu'ils ne doivent pas avoir d'accidents. Je crois donc qu'il y a beaucoup de choses qui se passent, mais il n'y a pas une seule réponse simple. Nous devons voir comment nous allons avancer. Il y a beaucoup de choses que nous devons régler désormais."

L'accident de Mick Schumacher au GP de Monaco

L'accident de Mick Schumacher au GP de Monaco

"C'est une discipline qui est très compétitive. Et c'est facile de dépasser un peu ses limites, et de faire de gros dégâts, surtout sur ces circuits, comme Monte-Carlo, Jeddah, [Bakou], Montréal en est un autre, Singapour... Et il doit simplement s'ajuster pour ne pas faire ce qu'il a fait à Monte-Carlo. Mais ce n'est pas moi qui lui répéterai cinq fois de s'améliorer, je pense que ça aggrave les choses, je comprends ça, et puis peut-être que ça peut entraîner une mauvaise réaction."

Selon lui, Haas a déjà dépassé la somme allouée à la réparation de dégâts pour la saison 2022. "Nous avons dépassé cette limite, nous l'avons dépassée à Djeddah. Nous sommes au-dessus de l'allocation, j'aimerais être au-dessus du nombre de points que nous avons marqués, mais nous sommes au-dessus de l'allocation pour les accidents."

"Nous en avons parlé, mais je ne vais pas lui expliquer combien ou comment je dois gérer l'équipe", a-t-il ajouté, estimant ne pas avoir à faire la leçon à Schumacher. "Il lit ce que vous écrivez, alors il vient me voir et me demande si c'est vraiment cette somme d'argent ? Je lui réponds que je ne sais pas, parce que je n'en ai pas parlé. Donc vous c'est une estimation, mais malgré tout c'est bien cette somme d'argent."

Le plafond budgétaire n'est pas le problème. Le problème c'est le budget parce que nous ne sommes pas au plafond.

Günther Steiner, après les crashs de Mick Schumacher

Si les plus grandes équipes de Formule 1 sont actuellement préoccupées par l'impact que peuvent avoir des accidents sur un plafond de dépenses tendu par la forte inflation et l'augmentation des coûts, pour Haas la question est plus simplement de savoir ce que l'équipe peut dépenser pour les pièces de rechange auprès des fournisseurs que sont Dallara et Ferrari.

"Le plafond budgétaire n'est pas le problème. Le problème c'est le budget, parce que nous ne sommes pas au plafond budgétaire. Donc, évidemment, ce n'est jamais une bonne chose à ajouter. Et le souci supplémentaire que nous avons maintenant, c'est juste le rythme de fabrication des pièces qui devient de plus en plus problématique."

"Dallara, ils travaillent jour et nuit pour que nous ayons des pièces de rechange ici, pour que nous puissions continuer. L'argent est toujours un problème parce qu'il faut payer, mais en fait le problème c'était d'avoir assez de pièces fabriquées parce que la production a une capacité limitée. Vous n'avez pas cinq moules pour les carénages, vous avez un moule, et si vous en fabriquez sans cesse, cela prend du temps. C'était donc un défi, mais Dallara fait du très bon travail."

"En ce qui concerne les suspensions, Ferrari nous a aidés parce que nous sommes à court de suspensions aussi, car ils ne peuvent pas suivre le rythme. Mais sinon, avec le budget, il faut bien faire quelque chose, on ne peut pas continuer à dépenser de l'argent que l'on n'a pas."

Quant à la question de savoir si ces accidents à répétition viennent grever directement la marge dont l'écurie dispose pour ses évolutions futures, Steiner d'ajouter : "Non, vous ne pouvez pas le quantifier comme ça. Vous devez juste essayer de faire des économies ailleurs et il n'est pas toujours possible de passer directement des pièces endommagées par un accident aux pièces d'amélioration, c'est un mélange de tout, ce n'est pas aussi simple que cela."

"Nous essayons juste de faire de notre mieux et de fonctionner de manière à faire ses prévisions budgétaires. Il n'y a pas une seule chose qui doit être sacrifiée. Et on est encore tôt dans la saison, donc vous pouvez toujours espérer que vous pourrez faire des économies ailleurs, parce qu'on est très tôt. Mais si vous continuez comme ça, vous allez manquer de temps et d'argent pour faire des économies."

Lire aussi :

Avec Adam Cooper

Rejoignez la communauté Motorsport

Commentez cet article

Voir aussi :

Article précédent Gasly juge "logique" pour Red Bull de reconduire Pérez
Article suivant Lewis Hamilton fait citoyen d'honneur du Brésil

Meilleurs commentaires

Abonnez-vous gratuitement

  • Accédez rapidement à vos articles favoris

  • Gérez les alertes sur les infos de dernière minute et vos pilotes préférés

  • Donnez votre avis en commentant l'article

Motorsport Prime

Découvrez du contenu premium
S'abonner

Édition

France France