Szafnauer n'avait "pas le contrôle sur la totalité" de l'écurie Alpine
Plus d'un an après avoir quitté Enstone, Otmar Szafnauer a révélé qu'il n'avait jamais eu le pouvoir de gérer l'écurie Alpine comme on le lui avait initialement promis.
Otmar Szafnauer à son arrivée chez Alpine, en 2022.
Photo de : Sam Bloxham / Motorsport Images
Nommé début 2022 à la tête d'Alpine en Formule 1, Otmar Szafnauer l'a quittée dix-huit mois plus tard, lors de la tempête qui avait agité l'été 2023 de l'écurie. Depuis, d'autres bourrasques ont soufflé à Enstone, désormais dirigée par Oliver Oakes sous la coupe de Flavio Briatore, tandis que le choix a été fait de ne plus concevoir un moteur maison à Viry-Châtillon à partir de 2026.
Lors de son passage à la direction de la structure franco-anglaise, Otmar Szafnauer a, sans surprise, senti le vent tourner dans le mauvais sens. Longuement interrogé dans le podcast High Performance de Jake Humphrey, il a essentiellement regretté le manque de latitude qu'il a découvert une fois qu'il a pris ses fonctions, dans lesquelles il succédait à Marcin Budkowski. Il n'a jamais eu le sentiment d'avoir vraiment la main sur certains départements qui étaient directement sous la responsabilité du Groupe Renault.
"Il y a plusieurs choses qui n'ont pas fonctionné chez Alpine", raconte-t-il. "L'une d'entre elles est que je n'avais pas le contrôle sur la totalité de l'équipe. Les ressources humaines ne me rendaient pas compte mais passaient par la France ; le département financier ne me rendait pas compte ; le service communication ne me rendait pas compte, le département marketing et communication ne me rendait pas compte."
"En soi, je savais que ça allait poser des problèmes. Avant que je ne prenne le poste, on m'avait dit que tout le monde me rendrait des comptes. Je suis arrivé et ce n'était pas le cas. Je pensais pouvoir gérer ça, mais j'ai vite compris que c'était problématique."
Les intérêts personnels avant la performance
Otmar Szafnauer et Laurent Rossi.
Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images
Otmar Szafnauer était également aux manettes lors de la polémique autour du contrat d'Oscar Piastri, insuffisamment cadenassé au point de permettre à l'Australien de refuser sa promotion interne pour rejoindre McLaren avec le succès que l'on sait. Alpine avait perdu face à McLaren devant le Bureau de reconnaissance des contrats de la F1 (CRB), et l'ex-patron de l'écurie estime avoir été un bouc émissaire, jugé responsable d'une situation qui datait en fait d'avant son arrivée.
"Il [le contrat] n'a jamais été signé", explique-t-il. "J'ai commencé en mars [2023], je n'en avais pas la moindre idée. Ils n'ont pas soumis les documents correctement au CRB et n'ont jamais signé de contrat avec eux. En novembre [2021], il y avait une fenêtre de deux semaines où ça aurait pu être fait, et ça ne l'a pas été. Ensuite il y a eu le CRB, devant lequel Alpine a perdu car les documents n'avait pas été correctement déposés."
"Nous avons publié un communiqué de presse où il y avait une photo de moi. Et ça n'avait rien à voir avec moi, je n'étais même pas là ! Le service communication, qui n'était pas sous mes ordres, s'est dit que c'était une bonne idée de détourner l'attention de ceux qui avaient été incompétents en mettant ma photo. La personne qui a mis cette photo travaillait pour moi chez Force India, donc je suis allé la voir. Elle m'a répondu : 'Désolé, on m'a demandé de faire ça'."
"Ça montre qu'à l'époque certaines personnes chez Alpine n'étaient pas dignes de confiance et cherchaient à m'atteindre. Ils ne travaillaient pas avec moi. Et lorsqu'on ne se soucie pas des performances de l'écurie mais davantage du pouvoir, on pratique ce genre de choses."
"Chez Ford, et j'espère que ce n'est plus le cas aujourd'hui, nous avions l'habitude de dire que 'Ford Motor Company ne fabriquait pas de voitures, mais des carrières'. Ford fabriquait des carrières, et l'on se souciait donc davantage de ça. Ce n'est pas le cas en Formule 1, mais ça peut l'être si l'on confie la direction d'une écurie à un groupe de personnes issues, par exemple, du groupe Renault."
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