Wolff aimerait voir plus de courses comme celle du Qatar en F1
Face aux craintes sur le spectacle produit par la Formule 1, Toto Wolff aimerait voir plus de courses où les pilotes vont "à fond" de bout en bout, à l'image de ce qui s'est passé lors du Grand Prix du Qatar.
Après de nets progrès dans le domaine constatés lors de la saison 2022, grâce à l'arrivée de la nouvelle réglementation technique, les difficultés auxquelles les pilotes ont été confrontés en 2023 ont été de l'avis général plus importantes. Les progrès des équipes en matière de connaissance des règles leur ont petit à petit permis de gagner de l'appui tout en générant de plus en plus de turbulences et donc d'air sale.
Face aux plaintes des concurrents, la FIA s'est penchée sur le sujet en cours de campagne. Après étude, la fédération s'est rendu compte qu'une F1 située à deux longueurs d'une autre perdait 35% d'appui cette année, contre seulement 20% l'an passé. Si le chiffre demeure encore loin des 50% de perte mesurés en 2021, cette hausse malgré tout spectaculaire est de nature à renforcer un certain nombre de problématiques, à commencer par celle de la surchauffe des pneus puisque les voitures suiveuses doivent les solliciter plus encore pour rester au contact.
Pour 2024, il était impossible pour Pirelli de modifier drastiquement ses produits, et les travaux pour tenter de fournir une gamme de pneus dont la dégradation thermique serait moindre repoussent donc l'introduction potentielle d'un nouveau produit à l'horizon 2025. Aussi, alors que le développement naturel des F1 devrait apporter son lot de perfectionnements et de nouveautés sur le plan aérodynamique, d'aucuns craignent que le spectacle soit encore plus impacté l'année prochaine qu'en 2023.
Dans ce contexte, l'épreuve du Qatar a fait souffler un vent de nouveauté. Si la course a surtout été mise en avant en raison des conditions extrêmes dans lesquelles elle s'est courue et des défaillances physiques de certains pilotes, les problèmes rencontrés sur les vibreurs du tracé de Losail ont obligé les instances à adapter les règles. En effet, en imposant de ne pas dépasser 18 tours par train de pneus lors de la course dans le but d'éviter les crevaisons, la direction de course a changé ce qui aurait été une nouvelle épreuve de gestion en un enchaînement de relais à haute intensité.
La préparation des pneus Pirelli.
Même si les problématiques liées à la chaleur ont grandement contribué à rendre ce discours peu audible, certaines voix se sont élevées pour souligner l'intérêt que pourrait avoir, sur le plan sportif, la généralisation d'un tel format. Et, avec plus de recul sur la saison, Toto Wolff estime pour sa part que la F1 devrait s'orienter vers ce genre de solution.
Interrogé par Motorsport.com sur les craintes liées au spectacle pour l'an prochain, le directeur de Mercedes a répondu : "Il faut attendre de voir ce qui se passera à Bahreïn l'année prochaine et comment la saison va se dérouler. Attendons de voir comment cela se passe, et je pense qu'il faudra voir comment les pneus Pirelli vont se comporter avec les voitures de l'année prochaine."
"Mais en fin de compte, quand on regarde, on constate que la situation s'est détériorée en matière de dépassements. Tout est une question de gestion thermique. J'aimerais donc avoir des courses comme celle du Qatar, où l'on se contente juste de rouler à fond."
Quant au responsable compétition de Pirelli, Mario Isola, il invite de son côté à se méfier de l'idée d'un pneu trop durable, craignant que des épreuves où les pilotes peuvent être à 100% en permanence n'offrent pas d'opportunité de spectacle : "Il faut prendre le temps d'en discuter correctement, en impliquant les équipes et leurs stratèges, car lorsque vous changez, par exemple, le niveau de dégradation, le risque est de voir toutes les courses se dérouler avec un seul arrêt, toutes les équipes adoptant la même stratégie."
Avec Alex Kalinauckas et Matt Kew
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