MotoGP GP d'Argentine

Aprilia s'attendait à gagner cette saison, mais pas si tôt

Cette fois, c'est fait : Aprilia a rejoint le rang des vainqueurs en MotoGP. Un succès qui s'inscrit dans la logique des grands progrès accomplis depuis trois ans et qu'Aleix Espargaró associe à la réorganisation interne mise en place par Massimo Rivola.

Aleix Espargaro, Aprilia Racing sur le podium

Si le nom d'Aprilia est l'un des plus légendaires de la course moto, le succès le plus prestigieux manquait encore à son palmarès malgré 294 victoires d'ores et déjà obtenues en Grand Prix. Au lendemain d'une première pole position qui avait déjà apporté un grand élan de joie dans les rangs de l'équipe italienne, la machine de Noale a remporté dimanche une première course MotoGP, passant ce cap très attendu.

C'est avec un bonheur teinté de soulagement, mais aussi d'une pointe de surprise que Massimo Rivola a accueilli cette étape majeure dans le programme de Noale. "Pour être honnête, j'y ai souvent pensé. Je m'attendais à ce que ça arrive un peu plus tard, cette saison", admet le patron d'Aprilia Racing auprès du site officiel du MotoGP.

Le Grand Prix dominé par Aleix Espargaró semble pourtant s'inscrire dans la continuité logique des progrès accomplis au fil des mois, depuis un premier podium décroché l'été dernier. "J'ai vu les progrès de la moto au fil des années et j'ai vu que nous étions très compétitifs pendant les tests. Je pense qu'au Qatar nous aurions pu obtenir un podium, mais nous avons préféré assurer de bons points. L'Indonésie a ensuite été une course compliquée sur le mouillé, mais le potentiel était là", constate Massimo Rivola.

"C'est une grande victoire à la fois pour l'équipe et pour Aleix, et je suis très fier d'eux. Aleix le mérite : après 200 courses, décrocher la pole et le meilleur tour et passer en tête du championnat c'est plutôt inhabituel, c'est le moins qu'on puisse dire ! Je pense qu'il pourrait s'habituer à se battre pour les premières places", pressent le responsable italien, qui compte voir son équipe s'établir durablement au sommet : "Quand on l'a fait une fois, on ne peut pas s'arrêter. Il faut pousser pour cela. Ce pourrait être une saison heureuse, mais il faut terminer mieux qu'on n'a commencé."

Massimo Rivola est par ailleurs très enthousiasmé par le solide week-end de Maverick Viñales, pour la première fois dans le top 5 en qualifications et septième en course. "Je pense [qu'Aleix] est la référence parfaite pour Maverick, car [dimanche] nous avons vu un Maverick complètement différent par rapport à la première course. Leur bonne relation et le grand respect qu'il y a entre eux vont tirer l'équipe toujours plus vers le haut, et je suis certain que Maverick a un énorme potentiel donc il sera de plus en plus fort."

Un tournant avec l'arrivée de Massimo Rivola

Si Aprilia est riche d'une longue Histoire en Grand Prix, son programme actuel prend son origine en 2015, année de son retour dans la catégorie reine. La route a été semée d'embuches depuis, au point de faire douter bien des observateurs, voire la force vive de l'équipe elle-même. Pour Aleix Espargaró, qui porte ce programme à bout de bras depuis 2017, c'est avec la refonte managériale opérée en 2019 que s'est finalement opéré le tournant déterminant.

"Quand Massimo Rivola est arrivé chez Aprilia Racing il y a trois ans, l'organisation a beaucoup changé", rappelle-t-il. "Par le passé, Romano Albesiano était en charge de pratiquement tout, avec Paolo Bonora qui était responsable de l'électronique. Massimo a commencé à changer un peu l'organisation à Noale, la façon dont ils travaillent, et Romano s'est plus concentré sur le développement de la moto. Il est le père de la moto et il a prouvé qu'il est un très bon ingénieur, mais parfois il faut être concentré sur son job."

"La RS-GP est maintenant une des meilleures motos au monde. Je pense donc que l'organisation mise en place par Massimo a été déterminante. Le potentiel était là, c'est certain. Les ressources ont augmenté ces dernières années, il y a plus d'ingénieurs, sans quoi ce serait impossible, mais les gens qui ont lancé le projet travaillent toujours à Noale et c'est quelque chose qui me rend très heureux et dans le même temps très fier."

Sous l'impulsion de Massimo Rivola et d'un Romano Albesiano désormais pleinement concentré sur la direction technique, Aprilia a aussi su saisir sa chance lorsque la pandémie a poussé le championnat à geler le développement, stoppant la progression des constructeurs qui ne bénéficiaient pas des concessions réglementaires. Dernière marque à y avoir droit, elle a optimisé la liberté d'essais et de développement que lui offrait le MotoGP, avec une RS-GP qui venait tout juste d'être profondément repensée. "Après le Covid, il a été clair qu'Aprilia avait un avantage. C'était la moto la plus sous-estimée mais avec le travail que l'on a fait, on s'est rapproché", observe Espargaró.

Désormais, Aprilia a coché toutes les cases : un podium l'an dernier, une pole position, une victoire et même un hat trick en ce début de saison, tout en plaçant son pilote en tête du championnat. Et l'histoire est d'autant plus belle que le constructeur avait été associé à l'équipe Gresini pour soutenir la gestion de son programme depuis 2015 et que, désormais séparées, les deux formations ont connu la victoire dans ce début de saison à la compétitivité exceptionnelle.

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