Bagnaia : "Je ne veux pas gagner parce qu'on m'a laissé passer"

Pecco Bagnaia a clairement indiqué ne pas souhaiter bénéficier pour le moment de consignes d'équipe visant à le favoriser au championnat, et ce en dépit de l'opposition musclée affichée lors des deux dernières courses par Enea Bastianini.

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Alors que la question d'éventuelles consignes d'équipe à instaurer dans le groupe Ducati se pose avec plus de fébrilité que jamais après les duels particulièrement intenses qu'ont livrés Pecco Bagnaia et Enea Bastianini pour la victoire lors des deux dernières courses, le pilote officiel Ducati a très clairement indiqué à la veille des essais du Grand Prix du Japon ne pas souhaiter être favorisé.

La 15e des 20 manches du championnat a vu Bagnaia revenir à dix points du leader Fabio Quartararo, tandis que Bastianini, qui vient de s'imposer à Alcañiz, pointe à 48 unités du Français. Certains s'interrogent sur l'importance que revêtiront au classement final les cinq points supplémentaires qui sont revenus au pilote Gresini lorsqu'il a arraché la victoire à Bagnaia au MotorLand, cependant malgré le statut de pilote officiel de ce dernier et sa position plus favorable au championnat, Ducati a refusé jusqu'à présent de transmettre la moindre consigne, si ce n'est celle de ne pas se mettre en danger les uns les autres. Chez Gresini, on espère pouvoir se battre pour ses propres intérêts aussi longtemps que possible et n'évoquer de potentielles consignes qu'à la dernière ou à l'avant-dernière course.

Pecco Bagnaia, lui, se veut très clair. "Je ne pense pas avoir besoin d'aide pour être devant, je préfère gagner en piste et non parce que quelqu'un m'a laissé passer", a-t-il fait savoir lorsque la question lui a été posée jeudi à Motegi. "En tout cas, je ne suis pas impliqué dans ces décisions. J'ai dit quel était mon désir, à savoir qu'on me laisse faire ce que je veux, et s'ils décident quelque chose de différent ça ne sera pas [parce que je l'ai demandé]. Je vais courir, essayer d'être devant et de gagner. Ce sera mon principal objectif, comme je l'ai fait en Aragón et à Misano."

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Depuis la manche d'Assen, fin juin, Bagnaia ne s'est incliné qu'une fois − dimanche face à Bastianini, donc, et pour quatre centièmes seulement −, ce qui lui a permis de reprendre 81 points à Quartararo en cinq courses. Avec encore cinq autres Grands Prix à disputer et 125 points en jeu, le pilote officiel Ducati a tout autant conscience de son pouvoir, à condition de maintenir la tendance actuelle, que du potentiel de son futur coéquipier, revenu en force à la fin de l'été.

"Je pense qu'Enea est un des pilotes les plus talentueux de la grille", salue Bagnaia, "et il va essayer de remonter pour être devant et finir sur le podium du championnat car c'est l'un de ses objectifs principaux, c'est certain. Il va donc tout le temps essayer de se battre pour la victoire. Avec actuellement 48 points de retard, 38 sur moi, il est un peu moins candidat mais quand on voit les points que j'ai rattrapés lors des dernières courses, il peut clairement avoir ses chances."

"Je pense que mes chances sont très, très faibles mais je n'ai pas encore perdu le titre et on verra comment ça va se passer", souligne Bastianini. "J'ai déjà dit à Misano que je n'avais pas encore reçu de consigne de la part de Ducati. C'est bien parce que j'ai une chance − très petite, mais elle est là. Il faut que je sois toujours à 100% en course durant la dernière partie du championnat, et on verra si je recevrai des consignes ou pas. Je ne suis pas stressé pour le moment."

"Cette situation génère de grandes questions et les médias poussent beaucoup sur le sujet, mais la situation dans mon box est très tranquille et mes sensations sont bonnes", assure le pilote Gresini. "Je pense que c'est aussi ce que veut Ducati. Je n'ai pas reçu de consignes d'équipe pour le moment et on verra ce qui va se passer à l'avenir, si Pecco est devant ou si je suis plus proche qu'aujourd'hui au championnat. Pour le moment, cela reste une question, je dois tout le temps me donner à 100% et c'est tout."

Le vainqueur Enea Bastianini, Gresini Racing

Enea Bastianini, vainqueur à Alcañiz

Ducati, "la moto à battre"

Les prochaines semaines diront si cette position sera tenable et si elle n'aura pas traduit un trop plein de confiance quant aux chances de Bagnaia. Mais pour le Turinois, un élément est désormais évident : le clan Ducati, qui compte huit motos sur la grille, a pour lui l'avantage de la performance, et ce quelle que soit la piste.

"Normalement, on est la moto à battre car je pense qu'elle est la plus complète en ce moment", souligne en effet Bagnaia avant de s'attaquer à Motegi, qu'il pense être favorable à la GP22. "Cette piste est très bonne [pour nous], mais en Autriche, où notre moto est la plus rapide, on a vu que Fabio a pu se montrer plus rapide que nous donc il va être très important de prendre les bonnes décisions. On doit aussi prendre en compte les conditions parce qu'il semble qu'il pourrait pleuvoir [ce week-end]."

Souhaitant rester concentré sur la préparation des courses, le pilote Ducati refuse d'accorder trop d'importance au classement général, une position à laquelle il tente de se tenir au fil des semaines même si la situation pourrait bien prendre un tour nouveau dès cette semaine. Lui qui comptait 91 points de retard il y a trois mois, il a l'opportunité de passer en tête lors de cette course au Japon.

"En ce moment je ne pense pas trop au championnat, parce que je crois que cinq courses c'est encore beaucoup et tout peut encore changer. J'aimerais faire mon travail, comme toujours, et essayer d'être compétitif", martèle-t-il.

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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