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Le directeur de Pramac porte un regard différent sur les difficultés de Yamaha

Le manque de performance que déplorent les pilotes et les résultats bruts qui en font la dernière marque du plateau dépeignent une saison 2026 particulièrement difficile pour Yamaha. Gino Borsoi défend cependant un bilan qu'il juge plus positif qu'il n'y paraît.

Jack Miller, Pramac Racing

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Rares sont les défenseurs de Yamaha aujourd'hui, alors que la marque est dans le dur après avoir adopté une toute nouvelle architecture moteur. Pourtant, les responsables des deux équipes de la marque ont ces derniers jours exprimé un point de vue plus positif que celui des pilotes, se plaçant volontairement en décalé par rapport à la simple lecture des résultats et des performances pures de ce début de saison.

Gino Borsoi, en particulier, s'est mué en avocat de Yamaha à l'issue du test mené lundi à Jerez, au lendemain du quatrième Grand Prix de la saison. Celui qui gère le stand Pramac Racing et a la lourde tâche de faire débuter en MotoGP Toprak Razgatlioglu dans ce contexte compliqué, s'est dit étonné que l'on puisse considérer que Yamaha traverse actuellement une période difficile.

"Difficile, ça l'est toujours. Pourquoi 'si difficile' ?", a réagi Gino Borsoi à Jerez, lorsqu'il lui a été demandé s'il s'attendait à ce que cette année soit si difficile. "Je ne comprends pas pourquoi les gens pensent que Yamaha ne fait pas du très bon travail en ce moment."

"Honnêtement, pour moi, c'est même mieux que ce que j'imaginais. C'est une moto complètement nouvelle. Les autres constructeurs ont un V4 et évidemment une moto aboutie depuis plusieurs années, et ils se concentrent sur l'amélioration de détails. En ce qui nous concerne, c'est un chantier en cours."

Gino Borsoi, directeur de l'équipe Pramac Racing

Gino Borsoi, directeur de l'équipe Pramac Racing

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

"En réalité, cette moto a commencé à rouler il y a trois mois en Malaisie, avec six pilotes différents si l'on compte aussi Dovizioso et Fernández. C'est un chantier en cours", a poursuivi le directeur de l'équipe Pramac.

"On ne peut pas prétendre à ce que cette moto soit au même niveau que les autres V4, alors qu'ils mettent les détails en place et que nous essayons de faire fonctionner un projet. Ce sont deux philosophies, deux niveaux complètement différents. Si l'on considère que nous sommes à une seconde, une seconde et demie de ceux qui ont toujours lutté pour le titre et qui ont poussé leur moto à son expression maximale, moi ça me semble être un excellent travail."

Nous sommes encore loin du sommet, nous le savons, mais c'est normal parce que nous débutons à peine.

Dernier constructeur à utiliser un moteur quatre cylindres en ligne, Yamaha a fait le choix de passer à un V4 cette année, avec une moto adaptée en ce sens et fournie à l'ensemble de ses pilotes après quelques wild-cards destinées à son développement la saison dernière.

Le verdict des résultats est rude pour le moment, Yamaha ayant systématiquement été la dernière marque classée lors des quatre premiers Grands Prix de l'année, ses motos reléguées loin des avant-postes. Les pilotes ne cachent pas leur frustration, à des degrés divers mais avec pour effet d'exposer régulièrement le déficit de performance de la M1, notamment lorsque Fabio Quartararo ou Toprak Razgatlioglu s'expriment.

"C'est un projet qui vient de naître, mais qui demande du temps. Donc malheureusement, c'est une question de timing : le pilote en a un et Yamaha en a un autre. Mais il faut garder notre sang-froid. Nous, on peut le faire, mais pour des pilotes qui veulent des résultats, je comprends que ce soit souvent plus difficile", concède Gino Borsoi.

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Fabio Quartararo (Yamaha Factory Racing) et Jack Miller (Pramac Racing)

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

"C'est un projet totalement nouveau. Quand on part d'une page blanche - parce que nous sommes repartis d'une page blanche il y a quelques mois -, il faut travailler dans tous les domaines. Nous essayons d'améliorer l'aérodynamique, il faut améliorer les performances au niveau du moteur, du châssis, partout. Nous sommes encore loin du sommet, nous le savons, mais c'est normal parce que nous débutons à peine. Il faut le bon état d'esprit, attendre et avancer pas à pas, sans devenir fous."

Une saison qui pose les bases de 2027

Gino Borsoi a également souligné à quel point le travail mené actuellement pouvait être important à moyen et long terme, alors qu'un nouveau règlement technique prendra effet en MotoGP la saison prochaine avec notamment une cylindrée abaissée à 850cc et la réduction des appendices aérodynamiques.

"Yamaha travaille dur sur la moto de cette année, tout en gardant évidemment à l'esprit que la moto de l'année prochaine ne sera pas très différente de celle que nous avons actuellement. Au final, c'est la base du projet 2027", a-t-il résumé. "D'après ce que je sais, je ne pense pas qu'elle changera beaucoup. Donc pour nous, il est très important que cette moto commence à fonctionner pour que nous soyons prêts pour 2027."

C'est la ligne directrice qu'a également rappelée Massimo Meregalli, directeur de l'équipe d'usine, interrogé par le site officiel du MotoGP pendant le week-end de Jerez. "Nous voulions simplement anticiper ce projet, être aussi rapides que possibles l'an prochain quand tout va changer", a-t-il ainsi souligné.

"J'ai entendu des commentaires au début, c'est sûr que c'est un peu plus dur que ce à quoi nous nous attendions, mais ça ne veut pas dire que nous n'allons pas donner notre maximum jusqu'à ce que nous commencions à voir de bons résultats."

Avec Vincent Lalanne-Sicaud

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