Dovizioso : La domination de Ducati en essais ? "Pas la réalité"

À l'instar de son coéquipier ou encore de Valentino Rossi, Andrea Dovizioso se garde bien de tirer des conclusions hâtives à l'issue du test de Sepang, premier rendez-vous des MotoGP avec la piste en ce début d'année.

Dovizioso : La domination de Ducati en essais ? "Pas la réalité"

Andrea Dovizioso n'a pas boudé son plaisir en voyant quatre Ducati verrouiller le haut du classement, qui plus est avec des chronos encore jamais atteints à Sepang. Lui-même quatrième, il a vu son nouveau coéquipier, Danilo Petrucci, établir le nouveau record des lieux, tandis que les deux Desmosedici du team Pramac se sont insolemment intercalées entre les pilotes factory.

Pour autant, face à cet escadron rouge, le prudent Dovizioso ne se laisse pas aller à porter de jugements hâtifs ni trop optimistes. "C'est bien de voir des 1'58, c'est la première fois pour moi et je suis vraiment content de voir quatre Ducati au sommet. C'est une bonne confirmation de notre base. Mais cela ne veut pas dire qu'on est les plus rapides pour la course. Je pense que le résultat final ne montre pas la réalité", prévient-il auprès du site officiel MotoGP.

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Après s'être peu à peu rapproché du sommet depuis deux ans, le constructeur italien aurait-il affirmé cette semaine, à Sepang, sa supériorité sur le championnat à venir ? Certainement pas, selon Dovizioso, qui observe certes des améliorations mais sait aussi qu'il faut remettre ces résultats dans leur contexte. C'est en comparaison du niveau avec lequel Ducati a bouclé la saison 2018 qu'il faut juger les performances de ce début d'année, et non plus en considérant l'équipe comme l'outsider qu'elle était encore il y a peu.

"Avant toute chose, on parle de la moto d'aujourd'hui, on ne peut donc pas faire de comparaison avec ce qui se passait il y a plusieurs années, quand la moto n'était pas aussi compétitive", souligne-t-il. "Jorge [Lorenzo] est arrivé il y a deux ans et il avait une moto très compétitive, même si son approche avec la Ducati a été problématique. Elle était particulièrement compétitive par rapport à ceux qui sont passés avant ou à quand je suis arrivé chez Ducati."

"Ces dernières années, on a réussi à créer une base meilleure, alors que se passe-t-il ? Déjà, à la base, on n'a pas de problèmes particuliers alors qu'il y en avait par le passé ; ceux qui pilotaient d'une certaine manière pouvaient donc être compétitifs et ceux qui ne le faisaient pas ne le pouvaient pas. Maintenant elle fonctionne, alors il est normal que tout le monde soit rapide. C'est ce qui s'est passé avec la Yamaha aussi", estime-t-il. "Vu comment notre moto est conçue, je crois qu'elle est plutôt 'facile', peut-être plus que d'autres motos étant donné la manière dont sont gérés le moteur et l'électronique, mais aussi parce qu'on est maintenant équilibrés, on est bons un peu partout."

Andrea Dovizioso, Ducati Team

Autre élément qui pousse Dovizioso à douter que le classement du test traduise la hiérarchie qui se dessinera lors du premier Grand Prix : les meilleurs temps ont été établis lors de tours lancés et les performances réalisées sur la durée n'ont pas livré exactement les mêmes conclusions.

"Il est plus facile d'être rapide en pneus neufs que d'avoir un bon rythme, parce que le pilotage change pas mal quand on fait un chrono et quand on imprime son rythme de course. Alors on voit souvent des pilotes qui arrivent d'autres motos et qui sont tout de suite très rapides mais qui ont un peu plus de mal de course, ou bien de bons débutants qui sont tout de suite rapides, mais à mon avis au début ça ne sera pas le cas en course. C'est normal, parce qu'il y a beaucoup de travail derrière pour être compétitif. Ces dernières années, les temps pendant les tests ont peu compté parce que tout le monde est rapide. Si on regarde, celui qui est 17e est très rapide mais ça compte peu. Être rapide pendant 20 tours est totalement différent et peu de personnes y parviennent."

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Attention à Honda, Yamaha et Rins

Le vice-Champion du monde en titre ne se risquera donc pas à tenter de comprendre ce que réservera le championnat lorsqu'il débutera, dans un mois. "Il est impossible de faire des pronostics en ce moment, de comprendre quel est notre niveau et celui des autres", estime-t-il. "Ce qui ressort de ces trois jours, c'est l'attitude. Je pense que les deux pilotes Yamaha savaient qu'ils devaient combler leur retard et ils ont fait un très bon test. Rins, à mon avis, est plus compétitif que l'année dernière parce qu'il a très bien fini la saison et il a donc la situation plus sous contrôle. Mais les Honda ne peuvent pas être jugées en ce moment. Elles seront compétitives, mais on ne sait pas à quel point parce que leurs pilotes ne sont pas en forme et on ne peut donc pas évaluer leur niveau."

Reste que le circuit de Sepang est un indicateur fiable de la performance de nouvelles pièces, selon le pilote italien, qui a ainsi pu passer en revue tout un tas de nouveautés, certaines visibles comme le carénage étrenné vendredi, d'autres qui resteront pour l'heure mystérieuses.

"Il n'existe pas de pièces qui permettent de gagner un nombre précis de dixièmes ; elles peuvent apporter des centièmes et, si elles sont utilisées d'une certaine manière, elles peuvent apporter des gains plus importants. C'est la raison pour laquelle on travaille sur certains détails, sans changer de grosses choses", explique-t-il.

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"Il est peut-être vrai que ces conditions sont extrêmes en termes de températures, alors quand on abordera des week-ends plus frais ce sera différent, mais ici en Malaisie la piste est très complète. À mon avis, c'est une très bonne piste pour faire certains tests et comprendre certaines choses. Il est rare que des pièces choisies en Malaisie ne fonctionnent pas sur d'autres pistes."

"On a pu tester beaucoup de choses. On a eu de très bonnes conditions, par contre ce n'étaient pas les conditions réelles d'un week-end [de Grand Prix]. C'est le seul point négatif, on n'a pas pu rouler dans les mêmes conditions qu'en course. Pendant le week-end de course [en 2018] notre vitesse était bonne, à part pendant la course en elle-même où on a eu des conditions différentes et un grip très faible. Or, pendant ces trois jours, on n'a pas eu cette adhérence-là."

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