Franco Morbidelli : "Yamaha ne me devait rien"

Franco Morbidelli estime qu'il "méritait" sa promotion dans l'équipe Yamaha officielle mais que le constructeur ne lui devait rien. L'Italien, qui tentera de se passer de médicaments à Misano, se donne le temps pour être performant après trois mois de rééducation.

Franco Morbidelli : "Yamaha ne me devait rien"

La situation a totalement changé pour Franco Morbidelli, de retour ce week-end à la compétition après une convalescence de trois mois consécutive à une opération du ménisque et du ligament croisé du genou gauche. Au GP d'Allemagne, sa dernière course en MotoGP, il pilotait une vieillissante Yamaha version 2019 dans le team Petronas. Entre-temps, Maverick Viñales et la marque japonaise ont divorcé et c'est donc dans l'équipe officielle qu'il revient, avec en poche un contrat courant jusqu'en 2023.

En 2020, Morbidelli avait brillé avec sa machine d'ancienne génération, décrochant trois succès et la place de vice-Champion. Si cette M1 différente lui a peut-être donné un avantage l'an dernier, les faiblesses du modèle 2020 étant désormais bien connues, elle lui a compliqué la vie depuis le début de la saison actuelle, face aux progrès réalisés par l'ensemble de la concurrence.

L'Italien ne cachait pas sa frustration d'être contraint à piloter une moto datée malgré ses belles prestations l'an passé et il est donc heureux de pouvoir maintenant découvrir la Yamaha la plus récente, tout en estimant que ce changement d'équipe n'était pas un dû. "Je sens que je le méritais", a-t-il déclaré en conférence de presse jeudi. "Que je le méritais vraiment. J'en ai parlé ouvertement avec tout le monde chez Yamaha. Finalement je suis là. Ils ne me devaient rien. Je pensais juste que je le méritais, Yamaha ne me devait rien."

Morbidelli va devoir découvrir une nouvelle moto mais il connaît déjà bien l'équipe Yamaha et son "nouveau" coéquipier Fabio Quartararo, aux côtés duquel il a déjà roulé durant deux saisons dans l'équipe SRT. Cette dernière a accepté de le libérer alors qu'il était sous contrat jusqu'à la fin de l'année prochaine, lui permettant ainsi de réaliser son rêve de rejoindre un team d'usine.

"Je tiens à remercier mon ancienne équipe. On a fait un excellent travail. J'ai passé deux ans et ans demi excellents avec eux. On a réalisé de grandes choses et j'ai pu montrer mon plein potentiel avec eux. Je tiens vraiment à les remercier. Un nouveau chapitre débute avec l'équipe Yamaha d'usine. C'est bien. Je connais déjà beaucoup de gens dans le garage et en dehors. Je retrouve Fabio, c'est bien aussi. Je suis content. Je suis juste content d'être là et de pouvoir recommencer à faire que je peux. C'est encore plus agréable en portant ces couleurs."

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Franco Morbidelli s'est soigneusement garder de se prononcer sur la séparation houleuse entre sa nouvelle équipe et Maverick Viñales, évitant le sujet avec un trait d'humour : "Beaucoup de choses se sont passées pendant que j'étais dans mon  canapé ! Je vous laisse une minute et tout est chamboulé, voilà ce que je me suis dit ! [rires] J'ai juste suivi ça. C'était intéressant. Ça a ajouté du sel au MotoGP Circus, en plus de la piste. J'ai suivi le MotoGP comme un fan, et en tant que fan c'était sympa à voir. Et à la fin je me retrouve sur la moto officielle, donc c'est encore plus sympa."

Les attentes seront naturellement plus élevées dans cette équipe d'usine que dans le team satellite mais Franco Morbidelli sait qu'il peut se servir des cinq dernières courses de l'année pour prendre ses marques et ne pense pas que la saison prochaine apportera véritablement une pression supplémentaire, puisqu'il a toujours eu le désir d'être au premier plan en MotoGP.

"Pourquoi de la pression ?" s'est interrogé le pilote italien. "Cette année, je ne suis pas en lutte pour le titre. Je retrouve juste le championnat, avec l'équipe d'usine. L'an prochain, l'objectif sera de battre tout le monde, d'être devant tout le monde, pas juste  Fabio. C'est vrai que Fabio a montré un gros potentiel et beaucoup de vitesse. Il semble être l'homme à battre mais l'an prochain, ce sera une autre histoire. Cette année, la seule pression est d'essayer de faire le meilleur travail possible, de retrouver la vitesse, de retrouver la forme et d'être performant. Peut-être que l'an prochain j'aurai plus de pression, je l'espère, pour réaliser de grandes choses au championnat."

Morbidelli essaiera d'éviter les médicaments vendredi

Avant de songer au championnat 2022, Franco Morbidelli a un certain nombre d'étapes à franchir et la première d'entre elles sera son retour à la compétition au GP de Saint-Marin. Vainqueur de cette même course il y a un an, le Romain aura naturellement des objectifs plus modestes cette année. Il devra surtout s'adapter à sa nouvelle machine et jauger sa condition physique, n'ayant pour le moment bouclé que quelques tours dans un test à Misano il y a deux semaines.

"C'est bien d'être de retour. La compétition, les gens et le paddock m'ont pas mal manqué. J'ai l'impression que ça fait longtemps. J'ai fait de mon mieux pour être rétabli le plus vite possible et être ici à Misano, une piste que j'aime beaucoup et où j'ai évidemment de bons souvenirs. C'est bien d'être de retour. Je me sens plutôt bien au niveau du genou, ce n'est pas si mal, mais il faudra voir en piste."

Morbidelli espère ne pas avoir besoin de médicaments ce week-end mais seuls les premiers tours de roue lui apporteront une réponse : "On verra [vendredi]. Je vais commencer sans antalgiques. On verra ce dont j'ai besoin et dans quelle mesure, si j'en ai besoin."

La convalescence de Morbidelli s'est déroulée comme prévu mais les blessures sur les ligaments croisés nécessitent toujours une longue période de rééducation : "On s'est beaucoup concentrés sur la convalescence. La blessure n'est pas si grave, elle est assez banale, mais la convalescence est très longue. On a essayé de réduire cette durée. Le principal, c'est le bandage. C'est dur de faire un bandage sur un genou. On s'est beaucoup concentrés sur ça. On a [aussi] gardé un œil sur ma forme dans son ensemble. On constatera la qualité de notre travail ce week-end."

"J'étais un peu optimiste", a-t-il ajouté, en référence à son retour qu'il espérait faire plus tôt, avant d'être confronté à la réalité de la rééducation. "Avec le temps qui a passé, j'ai vu que ça prendrait peut-être plus de temps que je ne le pensais. C'était de ma faute. J'ai été un peu trop optimiste."

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