Yamaha voit l'esprit positif de Quartararo comme un de ses atouts

Aux yeux de Lin Jarvis, Fabio Quartararo a quelque chose d'unique en réussissant à être un pilote facile à gérer et néanmoins très compétitif.

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Pour Lin Jarvis, cela ne fait pas de doute : Fabio Quartararo est l'un des pilotes les plus faciles qu'il ait eu à gérer. Arrivé dans le clan Yamaha en 2019 pour faire ses débuts en MotoGP, le Français a emmagasiné durant deux saisons l'expérience nécessaire dans l'équipe satellite de la marque, déjà capable de se battre face à Marc Márquez puis de jouer le titre, mais c'est en intégrant l'équipe officielle en 2021 qu'il a véritablement percé. Maîtrisant mieux ses émotions, parvenant à faire la part des choses pour se focaliser sur son pilotage, il a gagné en stabilité et en régularité, un élément déterminant dans la quête du titre.

Malgré les progrès évidents de Ducati et la force affichée par Pecco Bagnaia dans la dernière phase de la lutte au championnat, personne n'a osé contester le sacre du jeune Niçois. Mieux, sa personnalité en fait un champion attachant, sur lequel aucun de ses adversaires ne peut dire de mal, et c'est avec fair-play et sans aucun ressentiment, malgré la déception, que le clan Ducati a salué sa victoire le 24 octobre.

Lin Jarvis, patron du programme Yamaha, soulignait quant à lui les progrès accomplis par Quartararo dans la gestion de ses émotions, ce qui est venu compléter une personnalité déjà très solaire. "Il est quelqu'un qui est plein de positivité, d'énergie et de concentration et je dirais qu'il est assez léger", expliquait le Britannique en marge du dernier Grand Prix. "L'année dernière, il était un peu plus sensible face aux problèmes, peut-être était-il alors frustré, et même s'il a gagné trois courses, il a connu des hauts et des bas."

Bien plus stable cette année, le Français a affronté les moments les plus difficiles de sa saison avec une grande force mentale et ne s'est dès lors jamais départi de son sourire. "J'ai toujours été comme ça", expliquait-il à Motorsport.com au lendemain de son sacre. "Même dans les moments les plus compliqués, j'ai été heureux. C'est la chose la plus importante dans la vie. Dans ces moments-là, [je me disais que] même si je n'obtenais pas les résultats que je voulais, je faisais le travail dont j'avais toujours rêvé. Je pense souvent à ceux qui ont un travail vraiment dur, ou à ceux qui doivent faire chaque jour quelque chose qu'ils n'aiment pas. C'est incomparable avec ce que nous [vivons]. Alors, même lorsque les résultats n'étaient pas bons, j'étais heureux dans la vie."

Si cette personnalité permet de faire régner une bonne ambiance dans le stand du Français, c'est aussi selon Yamaha un de ses meilleurs atouts. "C'est l'une des forces de Fabio", assure Lin Jarvis à Motorsport.com. "C'est vraiment un mec bien, et en plus il a la capacité d'être très rapide, d'être agressif quand il le faut et de dépasser quand c'est ce qu'il faut faire. Il apporte toujours beaucoup de positivité au collectif."

Une approche opposée à celle de Valentino Rossi

Pour le directeur exécutif de Yamaha Motor Racing, Fabio Quartararo est l'opposé de Valentino Rossi au sens où il n'a pas besoin d'identifier un ennemi auquel s'opposer pour atteindre le sommet. "Il y a des pilotes qui ont besoin d'un ennemi pour montrer le meilleur d'eux-mêmes, pour détruire leurs adversaires. Fabio n'est pas comme ça. Il ne cherche pas d'ennemis, juste des adversaires avec qui rivaliser. Si Fabio est aussi populaire auprès des autres pilotes, c'est parce qu'il n'a pas besoin de se créer des ennemis."

"C'est bien pour le MotoGP d'avoir un champion avec cette personnalité et cet esprit. Ce n'est pas facile à trouver. Si nous arrivons à maintenir cela, nous ferons certainement de bonnes choses dans l'ère post-Rossi", poursuit le Britannique, indéniablement séduit par sa nouvelle star.

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"Tout au long de ma carrière, j'ai travaillé avec certains pilotes qui m'ont rendu la tâche très facile, et d'autres qui ont été beaucoup plus difficiles à gérer. Le fait est que, normalement, ceux qui sont des gens bien ne gagnent pas. En ce sens, Fabio est le champion avec lequel il m'a été le plus facile de travailler", ajoute Lin Jarvis, faisant écho à l'ingénieur du Français qui le décrit comme un pilote simple et transmettant de bonnes ondes dans le stand.

Le responsable rappelle toutefois les différences entre les époques : "Fabio est arrivé chez Yamaha à un moment moins complexe que Valentino et Lorenzo [en 2004 et 2008, ndlr]. Valentino était également très positif et il était très agréable de travailler avec lui, mais quand il nous a rejoints, il était déjà cinq fois Champion du monde. Quant à Jorge, il est arrivé alors que Vale avait déjà remporté trois titres avec nous et qu'il était la référence. Fabio est arrivé à un moment très différent, il était plus frais et moins compliqué à gérer."

Avec Fabio Quartararo, c'est un vent de nouveauté qui a soufflé dans le stand Yamaha. Si le line-up était partiellement renouvelé en début de championnat avec la fin de 15 ans de présence de Valentino Rossi dans l'équipe, il est à présent intégralement changé puisque Maverick Viñales, présent depuis 2017, est parti à son tour. Du haut de ses 22 ans, le nouveau Champion du monde est donc à présent le leader des troupes.

"Nous avons entamé une relation avec un nouveau pilote, jeune et rapide. Je pense que quand il est arrivé, l'atmosphère a été rajeunie", souligne Massimo Meregalli, directeur de l'équipe, auprès du site officiel du MotoGP. "Il a apporté un peu d'enthousiasme et il a réussi à gérer la situation, à être rapide, sérieux et concentré durant les séances, mais également heureux et toujours disponible. Ça a été un gros changement. Le plus important, comme vous l'imaginez, c'est que nous avons atteint notre objectif. C'est le début, avec un pilote de 22 ans, sa première année dans une équipe d'usine."

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