L'expérience du duo Tsunoda-Ricciardo, "c'est de l'or" pour AlphaTauri

Jadis un véritable junior team, AlphaTauri se félicite d'aligner l'an prochain le duo le plus expérimenté de son histoire.

Daniel Ricciardo, Scuderia AlphaTauri, Yuki Tsunoda, Scuderia AlphaTauri

Pendant longtemps, la Scuderia AlphaTauri a eu pour principale mission de former les jeunes loups en vue d'une éventuelle promotion chez Red Bull. Ce rôle a évolué ces dernières années, à tel point qu'elle est véritablement devenue une écurie à part entière, en témoignent les récents changements en son sein.

C'est une nouvelle ère qui s'ouvre à Faenza, avec la retraite prochaine du directeur d'équipe Franz Tost, remplacé par une structure bicéphale composée de Peter Bayer (PDG) et Laurent Mekies (directeur d'équipe). Nouvelle ère également avec ce duo composé de Yuki Tsunoda et Daniel Ricciardo : sauf surprise, ils compteront à eux deux 302 départs en Grand Prix au début de la saison 2024. Ils composeront le sixième duo le plus expérimenté de la grille après ceux d'Aston Martin (521), Red Bull (442), Mercedes (436), Haas (366) et Ferrari (307), dans un contexte où l'heure n'est pas au rajeunissement du plateau.

Ce n'est pas un hasard si les écuries sont réticentes à faire confiance à des rookies : la hiérarchie est particulièrement serrée derrière Red Bull, et le pilote peut faire la différence – notamment grâce à son bagage technique, souligne Guillaume Dezoteux, directeur de la performance chez AlphaTauri.

"Nous sommes ravis d'avoir ce duo de pilotes, car ces voitures ne roulent évidemment pas beaucoup [en raison des restrictions sur les essais, ndlr] et elles sont en développement constant", analyse Dezoteux. "La voiture est toujours légèrement différente, et l'expérience que peut apporter le pilote afin de pouvoir trouver de bons réglages mécaniques, c'est de l'or."

Daniel Ricciardo, AlphaTauri AT04

Daniel Ricciardo (AlphaTauri)

"Nous venons de connaître quelques séances d'essais libres dans des conditions changeantes, et nous avons besoin d'un pilote qui nous permette de lire ce que fait la voiture et de placer ces informations dans la perspective de la saison. S'agit-il des points forts de la voiture, ou est-ce une faiblesse ? Y a-t-il d'autres pistes où cela pourrait devenir une force ? C'est vraiment important."

Dezoteux est prompt à prendre l'exemple de l'intérim assuré par Liam Lawson : "Regardez le Qatar. Liam a fait des courses très, très solides sur les pistes qu'il connaissait. Puis en arrivant à [Losail], avec beaucoup de vent, des conditions changeantes, peu d'essais libres où l'on peut adapter les réglages, les choses sont vraiment plus difficiles. Il fait du super travail, mais on voit l'avantage d'avoir un pilote expérimenté pour guider la définition des réglages de la voiture."

Il convient toutefois de souligner que le Néo-Zélandais a réalisé l'une de ses meilleures performances avec la neuvième place au Grand Prix de Singapour, sur une piste qu'il découvrait également – bien qu'il ait bénéficié à Marina Bay de trois séances d'essais libres, contre une seule à Losail.

"Si vous demandez à tous les pilotes 'Quelle est la sensation avec la voiture ?', vous n'allez pas avoir de très bonne réponse", poursuit Dezoteux. "Je ne crois pas que quiconque soit satisfait du comportement de la voiture. Tout le monde se plaint de l'adhérence. Et c'est évidemment un atout des pilotes expérimentés de placer ça dans le contexte de leur carrière et de comprendre : 'OK, quel est le bon style de pilotage dans ces conditions ? Et quelle est la meilleure manière de contourner ça ?'"

Liam Lawson, AlphaTauri AT04, beaches in the gravel and retires from the Sprint race

Liam Lawson (AlphaTauri) dans le bac à gravier

"Bien sûr, une voiture avec plus d'appui irait plus vite, mais ça ne deviendrait pas facile. Je ne pense pas que la voiture de Max Verstappen soit facile à piloter, mais il a probablement trouvé la manière de contourner les limites et d'extraire davantage de performance. C'est la difficulté pour les jeunes pilotes."

"Avoir une véritable lecture de ce que fait la voiture est très difficile, et ça change en permanence : les pneus, la charge en carburant, le mode moteur, le vent et les conditions de piste. C'est donc une cible mouvante, et cela requiert beaucoup d'expérience pour véritablement s'en faire une idée."

Un nouveau plancher à Austin

Ricciardo sera de retour au volant de l'AlphaTauri AT04 ce week-end pour le Grand Prix des États-Unis, après avoir dû faire l'impasse sur cinq épreuves en raison d'une fracture métacarpienne à la main gauche contractée dans un accident à Zandvoort. Sa monoplace a évolué entre-temps, et ce n'est pas fini, dans un contexte où AlphaTauri peut encore espérer se débarrasser de la dernière place au championnat des constructeurs : avec cinq points au compteur, la Scuderia en a sept de retard sur Haas.

"Nous avons un nouveau plancher qui arrive… C'est la partie principale développée par tout le monde. Il reste beaucoup de performance à trouver sur ces voitures au niveau du plancher. Nous espérons que ce sera un nouveau pas dans la bonne direction, car il est juste de dire que depuis Silverstone les évolutions ont été efficaces, et c'est un signe très positif pour notre département aérodynamique", conclut Dezoteux.

Avec Jonathan Noble

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