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Bilan saison - Vettel a mis la pression avant de la subir

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Bilan saison - Vettel a mis la pression avant de la subir
Par : Basile Davoine
13 déc. 2017 à 08:01

Leader du championnat à la mi-saison, Sebastian Vettel était lancé pour un duel haletant face à Lewis Hamilton. Mais tout s'est effondré plus vite que prévu...

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. La célèbre maxime prend parfois tout son sens en sport automobile. Après le départ à la retraite surprise de Nico Rosberg, l'arrivée d'une nouvelle réglementation pouvant rebattre les cartes, et dans l'espoir d'une rédemption de Ferrari, Sebastian Vettel a émergé comme l'opposant à Lewis Hamilton que beaucoup attendaient sans doute.

Victorieux dès l'ouverture de la saison à Melbourne, le quadruple Champion du monde a d'abord fait mieux, posant les jalons d'un duel dont on imaginait alors qu'il pourrait nous rappeler les grandes heures de la Formule 1. Premier leader du championnat, l'Allemand a assis son statut en comptant même trois succès lors des six premiers Grands Prix, et en parvenant à conserver l'avantage à l'heure de la trêve estivale grâce à un succès en Hongrie.

Le premier remous dans sa saison était intervenu, sur le plan psychologique, à Bakou. Sur le plan sportif, il aura fallu attendre Silverstone pour enregistrer le premier creux véritable, avec une septième place sauvée in extremis suite à une crevaison en toute fin de course. L'épisode azéri a lui été largement décortiqué, commenté, et mis en lumière. La manœuvre du pilote Ferrari sur son rival Hamilton, alors sous régime de voiture de sécurité, aurait pu dans bien des cas exacerber une certaine tension. À l'échelle d'une telle polémique, on a connu la F1 parfois bien plus destructrice, et le duel a finalement pu reprendre de manière relativement saine.

Sebastian Vettel, Ferrari SF70H, vainqueur, arrive dans le Parc Fermé

C'est à Singapour que la saison de Sebastian Vettel a plongé dans sa partie la plus sombre. Dans une course où la victoire lui semblait promise, tout au moins les gros points, et où Mercedes paraissait en difficulté, il a tout perdu à l'extinction des feux. Là aussi, l'épisode a été amplement disséqué. On peut y voir une prise de risques inutile, ou à l'inverse se dire que Vettel avait tout à perdre et qu'il devait tout faire pour franchir ce premier virage en tête.

L'Histoire ne nous permettra pas de savoir si cet incident, point de bascule indéniable, aurait toutefois fait pencher la balance définitivement dans le camp de Lewis Hamilton. Car s'en est suivie une crise de fiabilité ahurissante dans les rangs de la Scuderia, transformant sa tournée asiatique en cauchemar et sa fin de saison en inéluctable défaite. Dans cet océan de désillusion à Maranello, Singapour n'a donc représenté qu'une part de la spirale fatale, mais il est vrai que c'est celle qui peut être attribuée à l'erreur du pilote.

Pression trop forte ou maîtrise de soi trop fragile ?

Peut-on juger Singapour comme une perte de sang-froid au même titre que la polémique de Bakou ? Mettre les deux incidents sur le même plan serait réducteur, mais certains observateurs y ont pourtant vu des signes visibles des possibles coups de sang dont est capable Vettel. L'accrochage surréaliste avec Lance Stroll dans le tour d'honneur du Grand Prix de Malaisie, au terme d'un week-end pénible pour le clan italien, est également, dans une moindre mesure, à garder en tête.

Le Grand Prix du Mexique 2016, marqué par la colère du pilote Ferrari envers le directeur de course Charlie Whiting, avait donné le ton. Il s'en était sorti auprès de la FIA grâce à des excuses. L'instance internationale l'a également épargné dans l'affaire du Grand Prix d'Azerbaïdjan, mais le geste sur Hamilton a pu être identifié comme un manque de résistance à la pression. Le tout alimenté en surface, et encore récemment, par les déclarations de Daniel Ricciardo au sujet du manque de perméabilité à la forte pression qu'il avait déjà pu déceler chez son ancien coéquipier au sein de Red Bull.

Sans doute Vettel a-t-il fait preuve de moins de sérénité que Hamilton, mais l'environnement Ferrari ne l'a certainement pas aidé dans ce sens. Et une fois de plus, la manière dont la tournée asiatique a tourné au vinaigre rend le jugement difficile à établir.

Numéro un dans les faits

Après Suzuka, l'espoir n'était plus que mathématique pour le pilote allemand, qui s'est efforcé de l'entretenir tant bien que mal. Il aura repoussé une première balle de match à Austin, avant de voir Hamilton conclure à Mexico en dépit d'une course mouvementée. Un Grand Prix qui avait débuté par une passe d'armes plus que tendue au premier virage avec Max Verstappen, là encore assimilable aux autres épisodes vécus sous pression par Vettel.

Sebastian Vettel, Ferrari SF70H perd le nez de sa voiture dans la collision

D'une saison à laquelle on prêtait le destin de s'achever en apothéose, et pour laquelle on imaginait déjà un final à grand suspense à Abu Dhabi, Vettel est passé à une campagne l'obligeant même à assurer la place honorifique de vice-Champion du monde seulement lors du dernier rendez-vous. En revanche, s'il est un reproche qui ne pourra certainement pas lui être adressé, c'est celui d'avoir baissé pavillon trop vite. Même si cela s'est fait en l'absence de Hamilton en haut de la grille de départ, il a ainsi ajouté un cinquième et dernier succès à son tableau de chasse à Interlagos, pour une saison qui reste évidemment la meilleure de ses trois disputées avec la combinaison rouge.

Vettel a également démontré que, même en l'absence de discours clair sur le sujet, il était bel et bien le numéro un du line-up Ferrari dans les faits. Sa domination sur Kimi Räikkönen – seul pilote des trois top teams à n'avoir pas remporté la moindre course – est incontestable sur le plan des résultats, aussi bien en course qu'en qualifications. La malchance du Finlandais est un facteur à ne pas totalement sous-estimer, tout comme le flou qui règne encore aujourd'hui sur la stratégie qui lui a coûté la victoire à Monaco, au profit de son coéquipier, mais le contraste entre les deux côtés du garage est objectivement net et évident. Paradoxalement, c'est probablement même la source des vœux communs de Vettel et de Ferrari de conserver le Champion du monde 2007 une année de plus...

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Auteur Basile Davoine
Type d'article Analyse