Loin de l'Australie à cause du Covid, Ricciardo a eu le "mal du pays"

Les restrictions de circulation liées au COVID-19 ont été difficiles à supporter pour Daniel Ricciardo.

Loin de l'Australie à cause du Covid, Ricciardo a eu le "mal du pays"

Voilà près de deux ans désormais que le COVID-19 a chamboulé nos habitudes en termes de voyages, et c'est d'autant plus vrai pour les ressortissants de pays très stricts quant à l'entrée sur leur territoire, comme l'Australie ou la Nouvelle-Zélande. Les pilotes n'y font pas exception.

Daniel Ricciardo a justement fait son retour dans son pays natal en décembre dernier pour la première fois depuis 18 mois, non sans devoir exécuter une quarantaine de deux semaines. Or, celui qui a pris la huitième place du championnat 2021 avec 115 points au compteur ne cache pas que sa santé mentale a parfois pâti de cette situation.

"C'est probablement la première fois que j'ai eu le mal du pays", révèle Ricciardo. "Ça paraît fort de le dire ainsi, mais ma famille et le reste me manquaient vraiment. D'habitude, j'avais la chance de pouvoir dire, si je voulais que ma mère et mon père soient là : 'Je vais vous acheter votre billet d'avion, sautez dans un avion et venez'. Ne pas pouvoir faire ça a également rendu la situation relativement frustrante, car elle est hors de notre contrôle."

Lorsqu'il lui est demandé si l'aspect humain des pilotes de F1 est parfois négligé, le pilote McLaren confirme : "Oui. Je pense que quiconque est sous le feu des projecteurs ou passe à la télé est parfois vu de l'extérieur comme n'étant pas une vraie personne. Genre, si l'on est acteur : 'Oh, voilà Brad Pitt. C'est Superman. Il peut tout faire. Il n'est jamais triste ou ému'. Mais comme vous le savez, vous [journalistes] ressentez la même chose, nous voyageons tellement que nos êtres chers nous manquent. Que ce sentiment soit multiplié par dix, c'est difficile."

Daniel Ricciardo, McLaren

Daniel Ricciardo

"Je ne dirais pas que cela m'affecte dans le pilotage. Mais particulièrement quand ça ne se passe pas forcément bien, cela a certainement un effet, car tout ce que l'on veut, c'est avoir de ce soutien et de l'amour de la famille. Et aussi, quand ça ne se passe pas bien, on peut se sentir très seul. Il y a des éléments, s'ils avaient été là, qui m'auraient aidé à me tirer d'une mauvaise humeur ou d'un moment difficile un peu plus vite."

Ricciardo refuse donc de rejeter la responsabilité de son début de saison difficile (50 points en 11 Grands Prix) sur l'impossibilité de voir sa famille, bien qu'il admette que cela ne lui a pas facilité la tâche.

"Pour quoi que ce soit, afin d'être performant, il faut aussi être dans un bon état d'esprit. Par conséquent, il faut que la vie extérieure se passe bien, notamment les relations. Tout cela se reflète sur l'entraînement, l'énergie, l'humeur. J'ai l'habitude que [ma famille] ne soit pas là, mais encore une fois, je ne l'ai pas vue pendant si longtemps, des choses me manquent – et même mes amis d'Australie, je n'ai pas pu m'évader avec eux le temps d'un week-end sans penser à la F1. Cela a rendu cette première moitié d'année ardue encore plus éprouvante."

"Bref, je pense qu'il était plus dur pour moi d'être plein d'énergie, de positivité et tout ce genre de choses. J'en ai quand même trouvé le moyen, mais j'ai dû travailler bien plus dur pour ça. Et j'ai trouvé ça éprouvant en soi", conclut l'Australien.

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Propos recueillis par Luke Smith

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