Pour Vergne, Helmut Marko est dur mais juste

Helmut Marko a beau avoir la réputation d'être impitoyable, Jean-Éric Vergne ne pense pas que son approche soit mauvaise.

Pour Vergne, Helmut Marko est dur mais juste

À la tête du Red Bull Junior Team depuis plus de vingt ans, Helmut Marko a fait et défait les carrières de nombreux pilotes. Parmi plus de 80 athlètes, Jean-Éric Vergne fait partie des quinze qui ont atteint la Formule 1 dans une écurie au taureau, ayant passé trois saisons chez Toro Rosso après avoir été membre du RBJT pendant quatre ans. Le septuagénaire autrichien a la réputation d'être impitoyable avec ses ouailles, mais Vergne est prompt à prendre sa défense, même s'il qualifie sa relation humaine avec Marko de "quasi inexistante".

"Je dois dire quelque chose", déclare le Français dans le podcast Beyond The Grid. "On aime Helmut ou on ne l'aime pas. Je ne suis pas là pour être ami avec lui, ce n'est pas comme si j'allais partir en vacances avec lui. Je l'appréciais en tant que patron, parce qu'il donnait toujours aux pilotes une vraie chance de réussir. Certes, il est dur, mais ce n'est pas grave. Le monde dans lequel nous vivons, le monde où se trouvent les pilotes de Formule 1, c'est un monde dur. On a la réputation de sa dernière course, tout le monde le sait."

"Si l'on faisait du bon travail, si l'on remportait des championnats avant la Formule 1, il était juste, et il m'a amené en Formule 1. Je ne peux que le remercier de ce qu'il a fait pour moi. Je regrette qu'il n'ait pas fait les choses différemment, surtout la troisième année que j'ai faite avec Toro Rosso, mais c'est comme ça. Je suis content d'avoir pu travailler avec lui et qu'il m'ait donné les opportunités qu'il m'a données."

Vergne se remémore une anecdote insolite de sa campagne 2010 en British F3, où il avait remporté le titre avec une large avance devant James Calado. "Il avait pour habitude d'appeler aux horaires les plus inhabituels", révèle le double champion de Formule E. "Je crois qu'il aimait être dur avec les pilotes. Je suis sûr qu'il aime ça !"

"Je me rappelle, une fois à Magny-Cours, j'étais le plus rapide mais j'ai calé au départ, j'ai calé deux fois ce week-end-là et je n'ai pas gagné de course [il a gagné la course sprint après une pénalité pour départ anticipé pour Gabriel Dias et a fini quatrième et deuxième des deux autres manches, ndlr]. Il était très énervé contre moi, et je peux comprendre ça. Il m'a dit qu'il fallait que je gagne au meeting suivant."

"J'ai gagné au meeting suivant, qui était en Allemagne. Il m'a appelé, mais il m'a seulement réprimandé parce que je n'avais pas fait le meilleur tour ! J'avais gagné les deux courses [principales, avec une cinquième place en course sprint], fait les deux pole positions, mais je n'avais pas le meilleur tour parce que le gars qui a eu un accident en milieu de course est rentré au stand pour chausser des pneus neufs et signer le meilleur tour ! Mais je n'ai pas eu le temps de lui dire ça, il avait déjà raccroché !" L'épisode auquel fait référence Vergne est toutefois peu clair, le tricolore ayant signé deux hat-tricks à Hockenheim tandis que Dias, vainqueur de la course sprint, avait également réalisé le meilleur tour en course dans cette manche.

Quoi qu'il en soit, cet échange était-il typique du sens de l'humour de Marko ? Vergne peinait en tout cas à apprécier celui-ci à l'époque. "Quand on est jeune, croyez-moi, notre vie est en jeu. Maintenant, je vois l'humour, mais quand on est jeune, quand on sait que la prochaine course est toujours la plus importante et que l'on a quelqu'un devant soi… C'est assez dur quand on est jeune, ce n'est pas facile. J'imagine qu'avec son comportement il essaie de nous préparer pour ce qui arrive à l'avenir, c'est évidemment bien plus dur quand on arrive en Formule 1", conclut-il.

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