Button déplore le départ de la famille Williams

C'est l'écurie Williams qui a donné sa chance à Jenson Button en Formule 1, et le Champion du monde 2009 déplore le départ d'une famille emblématique de l'Histoire du sport automobile.

Button déplore le départ de la famille Williams
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En 2000, un jeune Anglais de 20 ans débarquait en Formule 1 après seulement deux saisons en monoplace ; il s'agissait du prometteur Jenson Button, au sein de l'écurie Williams. Vingt ans plus tard, celle-ci a été rachetée par Dorilton Capital et a vu la famille éponyme – notamment son fondateur Frank Williams et sa directrice adjointe Claire Williams – se retirer du monde de la Formule 1. Une page se tournait pour la troisième équipe la plus victorieuse de l'Histoire du championnat du monde.

C'est avec nostalgie que Jenson Button a accueilli cette nouvelle. "Frank a donné à tant d'entre nous une opportunité en F1", rappelle le Britannique auprès du magazine Motor Sport. "J'ai vraiment apprécié de travailler avec lui. Il était très détendu avec moi, car j'étais extrêmement inexpérimenté."

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En effet, au moment de ses débuts en Formule 1, Button n'avait couru que dans les championnats britanniques de Formule Ford (Champion) et de Formule 3 (troisième). Il a ainsi eu à découvrir 15 des 17 circuits de la saison 2000 de Formule 1, n'y faisant exception que Silverstone et Spa-Francorchamps. Dans l'ombre de son coéquipier Ralf Schumacher, Button n'a pas démérité, encaissant un 11-6 en qualifications et marquant 12 points face aux 24 unités engrangées par l'Allemand. Il jouissait dans son apprentissage du soutien inébranlable de Frank Williams.

Jenson Button

"Frank m'a dit : 'Je veux te voir progresser, je veux te voir faire des pas en avant", poursuit Button. "Par exemple, à Hockenheim, à l'entrée des stands, j'étais une demi-seconde plus lent que Ralf, et Frank m'a dit qu'il fallait que je repousse les limites. C'est ce que j'ai fait. Je suis sorti [en essais], j'ai cassé mon aileron avant et je suis rentré au stand à pied. C'était très embarrassant. Patrick [Head] me criait dessus : 'Jenson ! Comment as-tu pu faire ça à l'entrée des stands !' Mais Frank a dit : 'Non, Patrick, je lui ai dit d'attaquer. C'est arrivé, mais c'est ce qu'il fallait. C'est ça, l'apprentissage'."

Peut-être l'ambiance était-elle paradoxalement plus détendue car Williams savait déjà qu'il allait se séparer de Button à la fin de la saison, la décision ayant été prise dès juin de le remplacer par Juan Pablo Montoya en 2001. Le Britannique a néanmoins poursuivi sa carrière chez Benetton/Renault – "la seule écurie où je ne me suis jamais senti bienvenu", confie-t-il – puis chez BAR, où a eu lieu un certain imbroglio lorsque Button a signé un contrat avec Williams pour 2005, puis un pré-contrat pour 2006, tout en ayant un accord en vigueur avec la structure de Brackley. Cette dernière est parvenue à conserver ses services au terme de chacun des deux conflits, et il a remporté le titre mondial avec l'équipe rebaptisée Brawn GP en 2009.

"J'ai beaucoup de respect pour Frank, pour ce qu'il a accompli et pour la manière dont il m'a traité en 2000. Nous avons évidemment eu quelques frictions en 2005 avec toute l'histoire, 'je veux signer pour toi, non je ne veux pas signer pour toi, vous étiez une écurie d'usine mais vous n'en êtes certainement plus une'. Il demeure un très bon ami", affirme Button.

"C'est dommage de voir la famille quitter la F1. Je n'ai pas vraiment travaillé avec Claire, elle était très jeune quand j'étais chez Williams [23 ans… et donc plus âgée que Button, ndlr], mais je suis vraiment désolé pour Frank car la F1 est sa vie et je sais qu'il passe beaucoup de temps à l'usine. Je ne sais donc pas vraiment comment cela va l'affecter." Claire Williams a en tout cas affirmé toute sa confiance à Dorilton Capital dans la gestion de l'écurie.

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