Pourquoi Alonso se voit plus fort à 40 ans qu'à 23

Si la ténacité de Fernando Alonso au Grand Prix de Hongrie nous a appris une chose, c'est que le pilote espagnol n'a rien perdu de ce coup de volant lui ayant permis de remporter deux Championnats du monde.

Pourquoi Alonso se voit plus fort à 40 ans qu'à 23

Une expression anglaise nous dit que l'on ne peut pas apprendre de nouveaux tours à un vieux chien. Mais, malgré ses 40 ans, Fernando Alonso fait toujours partie des meilleurs pilotes. Alors que peut-on lui enseigner ? Plutôt que d'envisager l'idée qu'il pourrait être sur le déclin, l'Espagnol estime qu'il est un bien meilleur pilote aujourd'hui qu'il ne l'était à ses débuts chez Renault, en 2003, grâce aux années d'expérience qu'il a acquises tant en Formule 1 que lors de ses excursions en IndyCar et en Endurance.

Dans un entretien accordé à certains médias avant le Grand Prix de Hongrie, une course où Alonso a superbement résisté aux attaques de Lewis Hamilton – au volant d'une voiture plus performante – pendant une dizaine de tours, le pilote Alpine a néanmoins admis qu'il lui avait fallu plus de temps que prévu pour se remettre dans le bain de la F1 après deux ans d'absence.

"Je m'attendais à trois ou quatre courses", a-t-il répondu lorsque Motorsport.com l'a interrogé sur le temps qu'il pensait mettre pour retrouver son meilleur niveau. "Imola était la deuxième course, les [autres pilotes] avaient couru là-bas [en fin d'année dernière], et c'était une nouveauté pour moi. Et Portimão était la troisième course. Donc, je pensais qu'à la quatrième course, à Barcelone, j'allais peut-être être à 100%. Il m'a fallu deux courses de plus après Barcelone."

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Alonso n'a jamais été connu pour son manque de confiance, bien au contraire, mais lorsque l'Asturien n'est pas au mieux de sa forme, il est parfaitement conscient des failles de son armure – une chose qu'il aborde avec plus de franchise à ce stade avancé de sa carrière. Ainsi, il a révélé que lorsqu'il regardait les Grands Prix à la télévision pendant ses deux années sabbatiques, il lui arrivait de penser qu'il pouvait faire mieux que ce qu'il voyait à l'écran. Le retour à la réalité fut brutal.

"Je pense que lorsque vous n'êtes pas [impliqué] dans le championnat et que vous voyez des courses à la télévision, vous pensez que vous pouvez probablement réaliser un dépassement, une performance ou un départ différemment. Vous avez confiance en vous, vous pensez qu'au moment de remonter dans la voiture, vous allez améliorer certaines choses et peut-être essayer d'apprendre des autres."

"Et c'est ce que j'ai fait lors des deux premières courses [de la saison 2021]. Je pense que je ne suis pas encore à 100%. Silverstone [m'a appris beaucoup de choses] à nouveau, sur la gestion des pneus et sur la stratégie."

Alonso était également inquiet du manque de roulage avec les pneus pluie, or sa performance dans les premiers tours du Grand Prix de Hongrie a prouvé que ces tracas n'avaient pas lieu d'être. Et c'est précisément dans ce genre d'exercice qu'un pilote expérimenté et âgé parvient à tirer son épingle du jeu.

Combien de temps Alonso pourrait-il continuer au plus haut niveau du sport automobile ? Le double Champion du monde a répondu : "Ce que je ressens peut sembler contraire aux [avis] extérieurs, parce que le championnat et aussi les réseaux sociaux semblent confondre l'âge et les performances d'un sportif. Ce n'est pas le Tour de France, ce ne sont pas les Jeux olympiques, ce n'est pas le football où, à 23 ans, vous êtes au sommet de votre art."

"Si je pouvais faire la course contre moi-même à 23 ans, je me battrais en ne me servant que d'une main, ce n'est pas pareil. Ce n'est pas parce que vous êtes plus jeune que vous êtes plus rapide. Ce n'est pas comme ça que ça marche dans les sports mécaniques. Il y a des gens qui veulent voir de nouvelles têtes, de nouveaux talents. Ils veulent se débarrasser de certains noms qu'ils voient chaque week-end. Mais je me vois [courir] encore très longtemps. Si c'est en Formule 1, tant mieux, si ce n'est pas en Formule 1, j'essaierai de relever certains des défis restants pour être, je l'espère, le pilote automobile le plus complet de tous les temps."

Alors qu'il allait fêter ses 23 ans, Fernando Alonso a remporté sa première victoire en F1, au GP de Hongrie 2003.

Alors qu'il allait fêter ses 23 ans, Fernando Alonso a remporté sa première victoire en F1, au GP de Hongrie 2003.

Si Alonso ne se voit pas partir à la retraite dans l'immédiat, de nouveaux succès dans la catégorie reine dépendront grandement de la capacité d'Alpine à produire un package compétitif pour la nouvelle réglementation, en 2022. Au sein de l'usine d'Enstone, Alonso a été un observateur attentif, mais selon lui, il est trop tôt pour prédire ce que l'équipe sera capable d'accomplir l'an prochain.

"Nous travaillons sur le projet de l'année prochaine mais il est très tôt et personne ne sait quelle est [la valeur] des chiffres parce que nous n'avons rien à comparer", a-t-il expliqué. "Nous sommes tous un peu réalistes et pourtant nous attendons février car nous verrons beaucoup de surprises lorsque tout le monde découvrira les voitures."

Les déclarations du pilote suggèrent qu'il pourrait encore être dans les parages si Alpine parvenait à récolter les fruits de son dur labeur, ce qui suggère qu'il n'a pas été trop gourmand lors des négociations avec le constructeur français autour de son contrat actuel de 1+1 saison.

"Je n'ai pas trop négocié, j'étais content de ce que l'équipe était prête à offrir", a-t-il affirmé. "Il n'y a pas eu de discussion là-dessus, il n'y a pas eu de discussion sur le salaire, pas de discussion sur quoi que ce soit. Je suis ici pour performer et je suis ici pour aider l'équipe, pas pour demander n'importe quoi. Je ne suis pas dans cette phase de ma carrière."

Propos recueillis par Jonathan Noble

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