Pourquoi Williams a préféré des simulations au test de Barcelone
James Vowles a donné des détails sur les raisons du retard pris par Williams. Le patron de l'équipe assure que l'équipe aurait pu rouler à Barcelone mais qu'elle a jugé un travail sur un simulateur grandeur nature plus pertinent.
Photo de: Zak Mauger / LAT Images via Getty Images
Seulement dix des 11 équipes sont réunies à Barcelone cette semaine, pour un premier roulage collectif, bien que haché, des monoplaces 2026, entre l'obligation de ne prendre part qu'à trois des cinq journées, les soucis techniques inhérents aux technologies répondant au nouveau règlement et des conditions météo parfois défavorables. Williams a quant à elle préféré renoncer au déplacement en Catalogne.
L'équipe anglaise a pris du retard dans la fabrication de la FW28, mais elle a tenu à en minimiser l'ampleur. James Vowles, le patron de l'équipe, a même assuré que Williams était en capacité de faire rouler une voiture cette semaine, mais que cela aurait fait courir le risque de compromettre la suite des préparatifs pour la saison 2026.
"Nous aurions pu participer aux essais de Barcelone, c'est aussi simple que ça", a assuré Vowles à une sélection de médias, dont Motorsport.com. "Mais en le faisant, je devais totalement bouleverser les conséquences sur les pièces de rechange et les évolutions pour Bahreïn, Melbourne et la suite."
"Il fallait trancher entre rouler [sur un circuit] de Barcelone froid et humide ou effectuer un Virtual Track Testing en compensation, et sincèrement, il n'y avait aucun intérêt à faire un shakedown. Nous avons pris cette décision. Je pense que c'était la bonne chose pour nous présenter à Bahreïn bien préparés, et à Melbourne préparés également."
Ce Virtual Test Track évoqué par Vowles consiste à monter la voiture sur un banc d'essai grandeur nature pour en évaluer les principaux aspects. Cette simulation très poussée était selon lui plus opportune que se précipiter pour être à tout prix en piste.
"Il y a l'essentiel de la voiture physique", a détaillé Vowles. "Les ailerons ne sont pas montés, mais nous avons le châssis, le moteur, la boîte de vitesses. En utilisant des robots, on teste les systèmes de freins en même temps, donc tous les freins sont montés."
La livrée spéciale que Williams a décidé d'utiliser pour les essais privés.
Photo de: Williams
"Nous définissons le système de refroidissement, nous comprenons où il en est, nous faisons tourner le moteur, la boîte de vitesses, etc, avec différentes charges. Nous n'avons pas les charges en courbe, mais par exemple, on peut reproduire le fait d'avoir deux voitures devant soi, une voiture devant, aucune voiture devant, on peut reproduire le fait d'être Singapour ou Bahreïn, où avec des conditions météo de Silverstone à 4°C."
"En tandem avec ce qui se passe à Barcelone, nous pouvons utiliser les codes de base qu'ils ont dans le groupe propulseur et la boîte de vitesses pour comprendre les effets, mais dans un environnement plus contrôlé que le leur. Donc nous apprenons quand même sur les différents systèmes, l'énergie, le système électronique… Cela reste un apprentissage utile, mais ce n'est pas comme rouler en piste. C'est juste un bon usage du temps."
Vowles dément les rumeurs sur la cause du retard
Même si cette absence relève d'un choix, le retard est bien réel chez Williams. James Vowles a confirmé que l'équipe avait passé les crash tests, ce qui apparaissait incertain ces derniers jours, et pour justifier le retard, il a évoqué des délais dans la production de pièces, l'équipe ayant placé le curseur un peu trop loin dans la complexité de certaines éléments.
"La voiture construite cette année est environ trois fois plus compliquée que tout ce que nous avons fait par le passé. Cela signifie que la charge pour nos systèmes est environ trois fois supérieure au passé, et nous avons commencé à être un peu en retard sur les pièces."
"En plus, nous avons vraiment repoussé les limites de ce que nous faisons dans certains domaines, notamment dans certains tests de vérification. Mais ce n'est qu'un incident mineur dans un grand ensemble. Il n'y a que quelques éléments par-ci par-là qui nous nous a poussé dans nos retranchements par rapport à nos capacités dans le temps disponible."
James Vowles
Photo de: Erik Junius
"Ce n'est pas qu'une question de repousser les limites de la conception, mais aussi simplement du nombre de composants dont on peut repousser les limites dans une usine, en très peu de temps."
Concernant la possibilité que la voiture soit nettement au-dessus du poids minimum, Vowles a par ailleurs balayé ce qu'il a qualifié de "rumeurs", assurant que Williams "n'est pas à des kilomètres" du seuil fixé et n'a de toute façon pas la capacité de connaître le poids de sa monoplace à ce stade du développement.
"Il n'y aura aucune connaissance sur le poids avant le deuxième test de Bahreïn. […] Il faut retirer tous les capteurs pour vraiment comprendre où on se situe. C'est impossible à savoir parce qu'il faut une voiture sans capteurs, et cela n'existe pas à ce jour."
Une situation moins alarmante que par le passé
Williams a déjà fait face à plusieurs retards ces dernières années. En 2019, sous l'ancien actionnariat et avec une équipe dirigeante totalement différente, l'équipe avait déjà dû manquer les premiers essais de l'année, avant de vivre une campagne très difficile. En 2024, alors que Vowles était déjà en poste, l'équipe avait payé un retard dans son développement pendant plusieurs mois.
Tout en reconnaissant une défaillance, Vowles tient à minimiser le retard accumulé ces dernières semaines : "Je peux vous assurer qu'à certains égards, c'est aussi douloureux qu'en 2024. Mais il y a une différence : nous n'opérons dans les mêmes proportions, nous utilisons la structure différemment. C'était un peu un chaos organisé à l'époque, et ce n'est pas le cas aujourd'hui."
"En fait, je suis entouré par des individus calmes, posés et sereins qui m'apportent de véritables réponses sur quand les informations seront disponibles, quand les pièces seront disponibles, quand les composants seront disponibles. C'est une différence gigantesque."
"Mais il faut aussi reconnaître que nous avons essayé d'en faire plus que ce dont nous étions capables. Si on fait ça une semaine, on peut le compenser. Si on le fait pendant des semaines, on ne peut pas."
Propos recueillis par Filip Cleeren
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