Álex Márquez se souvient de son accident et l'a "accepté"
Les images effrayantes de l'accident d'Álex Márquez sont encore dans toutes les mémoires alors que l'Espagnol reprend cette semaine la compétition. Il explique avoir assimilé et accepté ce qu'il a vécu.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
De retour dans le paddock aujourd'hui dans le but de reprendre la compétition avec le GP de République tchèque, Álex Márquez revient sur le mois qui vient de s'écouler. Lourdement accidenté pendant la course de Barcelone, il se souvient clairement du choc inattendu avec la KTM de Pedro Acosta, soudainement ralentie devant lui dans la ligne droite de retour, jusqu'à sa chute, violente, au bord de la piste.
S'il a bien métabolisé ce qui lui est arrivé, le vice-champion du monde en titre reste marqué physiquement, avec une épaule qui requiert encore quelques précautions. C'est la raison pour laquelle il n'est pour le moment autorisé à disputer que les premiers essais du week-end, avant que son état soit réévalué.
Aux journalistes venus recueillir sa parole ce jeudi à Brno, et parmi lesquels figuraient les reporters de Motorsport.com, il a promis qu'il avancerait "séance après séance".
Álex, tu as l'air bien. On dirait qu'il ne t'est rien arrivé !
Ah oui ? Je vais plutôt bien, je vais dire ça comme ça. J'ai été déclaré apte à rouler, avec un nouveau contrôle après les EL1. Quand le médecin me l'a dit, j'ai dit que j'étais d'accord avec ça. Je veux moi aussi comprendre quelle est ma condition dans les EL1. Mais, mentalement, il était important pour moi d'être ici, de retrouver ce milieu et d'être avec l'équipe, dans le paddock. Maintenant, je vais essayer de comprendre séance après séance comment je vais et d'évaluer le gain et le risque au fait de continuer.
Est-ce que c'est facile de remonter en selle ?
Dans ces situations-là, si on essaye de mettre ça de côté, de se dire que c'est arrivé mais qu'on ne veut pas trop y penser, je pense que c'est pire. Dès le premier moment, à l'hôpital, j'ai dit que je voulais voir l'accident, et j'ai commencé à m'en souvenir, et je l'ai accepté. Ça fait partie du job, ça fait partie de ce milieu.
C'est quelque chose qu'on doit accepter, on l'oublie souvent mais ce sont des choses qui peuvent arriver. […] À tout moment, une moto peut rencontrer un problème mécanique ou électronique, or on l'oublie souvent. Ça fait partie [de ce sport] et je pense que c'est mieux de l'accepter et de tourner la page.
Álex Márquez avec la presse, jeudi à Brno.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Peux-tu expliquer un peu mieux ce que tu as eu au cou ?
Ma blessure au cou n'était pas inquiétante. Ça peut être choquant de voir qu'il y a une fracture de vertèbre, mais non. C'était plus le muscle qui a enlevé un petit morceau de la vertèbre. Ça n'est pas quelque chose qui a vraiment inquiété les médecins. Ils étaient plus inquiets par rapport à ma clavicule, qui était cassée en quatre morceaux et qui n'était pas facile à opérer.
Et c'est surtout de la tête que j'ai le plus souffert pendant la première semaine. Avec l'impact que j'ai pris à la tête, j'avais beaucoup de vertiges, mais au bout d'une semaine ça a commencé à aller beaucoup mieux.
Ce qui te limite le plus, c'est donc l'épaule ?
Oui. J'ai été opéré à cette épaule en 2013. Je me souviens que mon épaule sortait souvent. Et maintenant, avec cette fracture assez énorme de la clavicule, les muscles doivent s'adapter un peu. C'est pour ça que je suis ici, pour comprendre comment vont mes muscles et quelles forces j'ai. À la salle, ça n'était pas mal, mais je ne suis pas à 100%, donc j'ai besoin de comprendre ça petit à petit. Je vais être très réaliste quant à ma condition, [pour voir] séance après séance si ça a du sens de continuer.
Tu dis que les souvenirs sont revenus surtout après avoir vu les images. Est-ce que tout est revenu, du moment où tu percutes Pedro jusqu'à ta chute à proprement parler ?
Oui, je me souviens de tout. Quand j'ai percuté Pedro, je suis parti sur la droite parce que ma fourche avant était cassée, mon demi-guidon était un peu [tordu] donc je n'arrivais pas à mettre de la force de ce côté-là. Mais ensuite, la moto [a rebondi] et j'ai eu de la chance. Je pense aussi que j'ai bien géré ! [rires] En tout cas, ce "saut" peut être là [en dehors de la piste]. Ma moto était déjà assez endommagée à ce moment-là, donc je pense que c'était une chute que personne ne pouvait éviter.
Comment s'est passée ta convalescence à la maison ?
La première semaine et demie a été assez difficile parce que je ne pouvais rien faire, juste du caisson hyperbare mais rien de plus. Ensuite, j'ai commencé à faire beaucoup de kiné, j'ai passé beaucoup d'heures sur tout plein de machines pour essayer de me remettre. Au bout de la troisième semaine, j'ai recommencé à m'entraîner plus normalement, et j'ai pu atteindre une bonne condition pour me fixer l'objectif clair de revenir ici, à Brno.
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