C'était un 29 juin : retour en force pour Rossi et Lorenzo

Il y a sept ans jour pour jour, le circuit d'Assen vibrait grâce à deux exploits : le retour au sommet rédempteur de Valentino Rossi et le tour de force de son coéquipier, Jorge Lorenzo.

C'était un 29 juin : retour en force pour Rossi et Lorenzo

Valentino Rossi aurait peut-être été plus inspiré de se surnommer le phénix que le docteur. Le pari qu'il a relevé en 2011 en rejoignant Ducati, alors qu'il était à la tête d'un palmarès de sept titres dans la catégorie reine, lui a tellement fait toucher le fond qu'il aurait pu, il l'a admis, prendre sa retraite après ces deux ans de contrat avec le constructeur italien. Mais le porteur du numéro 46 a de la ressource, et il l'a prouvé en 2013 lorsqu'il a retrouvé son équipe de cœur et, au bout de sept courses, s'est à nouveau hissé sur la plus haute marche du podium. Deux ans avaient passé depuis son dernier succès, 44 courses s'étaient soldées par un échec (et seulement sept podiums) avant qu'il puisse à nouveau soulever le trophée du vainqueur.

On était alors à Assen, temple des Grands Prix moto. Dans l'équipe qu'il avait retrouvée, Rossi n'était désormais plus le maître, Jorge Lorenzo en étant devenu le leader en son absence. Le Majorquin, vainqueur du Grand Prix précédent, se disputait la tête du championnat avec Dani Pedrosa lorsque le paddock a investi le circuit néerlandais et, lors des premiers essais, c'est lui qui avait signé le meilleur temps. Seulement, avant le succès de Rossi qui allait clore ce week-end, ce Grand Prix est resté célèbre aussi pour les événements du jeudi : une lourde chute de Lorenzo, restée parmi les plus mémorables de sa carrière.

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Piégé par une piste en conditions mixtes lors des EL2, le Majorquin s'est relevé avec une clavicule cassée. Verdict : il fallait qu'il se fasse opérer. Ni une ni deux, le voilà qui s'envolait pour Barcelone afin de passer sur la table d'opération illico. Absent de la deuxième journée d'essais, il était de retour le samedi, qui était encore à l'époque le jour des courses dans la Cathédrale. Dans la douleur, le Champion du monde en titre réussissait son pari de dépasser sa souffrance pour sauver de précieux points.

"J'ai compris tout de suite que je m'étais cassé la clavicule [quand je suis tombé], c'était déjà la septième ou huitième fois", racontait récemment Lorenzo à Sky Italia. "J'ai dit à mon manager que je voulais tout de suite être opéré. On a rejoint Barcelone et le lendemain je me suis dit que je voulais retourner aux Pays-Bas pour courir. Personne ne l'avait jamais fait, on m'a traité de fou. J'ai terminé cinquième : je pense que personne ne réussira jamais à faire quelque chose comme ça."

Jorge Lorenzo, Yamaha Factory Racing

Bien qu'il n'ait disputé qu'une séance et demie d'essais libres, Lorenzo était qualifié pour la Q2 grâce à son chrono. Logiquement, il n'a pas disputé ces qualifications au lendemain de sa chute et a donc hérité de la 12e place (la dernière de ce groupe) sur la grille de départ. Revenu pour le warm-up, il a repris confiance pendant une dizaine de tours, suffisant pour être prêt à en découdre à 15h, à peine 36 heures après avoir été opéré.

Rossi, lui, avait une chance à saisir face à son coéquipier amoché et alors qu'il avait récemment trouvé un axe de progression sur sa machine lors d'essais privés. Qualifié quatrième, il concédait tout de même une demi-seconde à Cal Crutchlow, leader du clan Yamaha avec la M1 du team Tech3 et poleman pour la première fois à l'occasion de ce Grand Prix, mais à la fin du premier tour l'Italien se hissait à la troisième place alors que Dani Pedrosa avait pris les rênes. Après Stefan Bradl, c'est le rookie Marc Márquez qui a subi la loi du #46 à la sortie de la chicane. Rossi semblait bel et bien avoir franchi un cap et il était désormais lancé à la poursuite du leader, sur qui il fondait irrémédiablement. Au sixième tour, la messe était dite : le pilote italien était à nouveau aux commandes, aussi brillant qu'il avait pu l'être quatre ans auparavant en remportant ce même Grand Prix.

Dans le même temps, Lorenzo aussi avait réalisé une remontée admirable. Déjà septième à la fin du premier tour, il avait pris l'avantage sur Bradl, puis sur Crutchlow, pour se positionner en premier poursuivant de Rossi dans le quatrième tour. Les deux coéquipiers n'avaient toutefois pas le même rythme en ce 29 juin et la remontée du Majorquin allait s'arrêter là. À la mi-course, il serait repris par Crutchlow, mais parviendrait néanmoins à accrocher une cinquième place héroïque, deux jours à peine après la chute qui lui avait valu un aller-retour express pour passer entre les mains de chirurgiens à 1600 km de là.

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Devant, Rossi a contrôlé son avance sur le binôme Pedrosa-Márquez, avant de profiter de leur bagarre entre coéquipiers pour se détacher quelque peu, suffisamment pour respirer. Pilote le plus rapide en piste durant la quasi-totalité des derniers tours, il n'a fini par lâcher du lest que dans les deux dernières boucles, sa 80e victoire étant désormais acquise.

"C'était vraiment très spécial, parce que ma dernière victoire remontait à très, très longtemps. Elle avait eu lieu en Malaisie en 2010, et en fin de saison j'étais ensuite passé chez Ducati pour deux ans, 2011 et 2012", se souvient Valentino Rossi dans le cadre du programme "Greatest Race" de BT Sport. "Ce furent des saisons très difficiles, et je n'ai pas obtenu une seule victoire. Alors, gagner en 2013, après plus de deux ans, c'était une sensation vraiment géniale, mon retour avec Yamaha, mon retour à la première place à Assen. Ce fut l'une des victoires les plus importantes de ma carrière."

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