Un Bagnaia "pas à la hauteur" en Australie : "Je risquais de tomber"
Pecco Bagnaia n'a pas trouvé les bons réglages pour sa Ducati au GP d'Australie, ce qui l'obligeait à "forcer" pour faire tourner sa moto et a vite dégradé ses pneus en course. Il a dû se contenter de la troisième place, à dix secondes de Marc Márquez.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Pecco Bagnaia a encore vécu une journée difficile à Phillip Island, sans pouvoir lutter avec Marc Márquez et Jorge Martín. Au départ, l'Italien a pourtant profité de la glissade de Márquez et il a pris l'avantage sur Maverick Viñales, ce qui lui a permis de passer de la cinquième à la troisième place, derrière Martín et Marco Bezzecchi, qui s'est ensuite effacé en respectant son long-lap.
Alors deuxième, Bagnaia a pu revenir sur Martín, et même le doubler après une erreur de l'Espagnol, mais ce dernier est immédiatement repassé devant et Márquez s'est engouffré pour le dépasser également. Le pilote Ducati a laissé ses rivaux se disputer la victoire, devant assurer en raison de pneus déjà très endommagés. Il a ainsi vu l'arrivée au troisième rang, à dix secondes du vainqueur.
"On a réussi à progresser depuis hier", a néanmoins souligné Bagnaia sur le site officiel du MotoGP. "C'était plus dur hier parce qu'on avait pris la mauvaise direction dans les réglages de la moto, c'était critique et plus difficile, j'avais beaucoup de mal. Aujourd'hui, dès ce matin je me suis senti beaucoup mieux. On a un peu amélioré les réglages et j'étais satisfait. Mais en course, dès que j'ai fini le pneu avant, j'ai eu beaucoup de mal à les suivre."
"J'ai dû ralentir et l'écart sur ceux de derrière était énorme. Je crois qu'on avait sept secondes [d'avance], j'ai porté [l'écart] à 8"1 ou 8"2 mais j'ai dû totalement ralentir parce que je risquais de tomber. C'était dur de faire mieux. Ils ont fait un meilleur travail que nous depuis hier. Vendredi, on a fait un bon travail et on était très proches mais après, hier on a choisi de mauvais réglages, ils ont plus progressé. Il nous en a manqué aujourd'hui."
Pecco Bagnaia a dû se contenter de la troisième place
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
"Malheureusement, hier on a un peu perdu la voie", a ajouté Bagnaia en conférence de presse. "Vendredi, je me sentais bien mais le vent s'est vraiment levé hier. On a dû changer quelque chose pour la course [sprint] et ça n'a pas fonctionné. Dès le premier tour, j'ai compris que ça serait compliqué de finir devant. J'ai essayé de faire le maximum et j'ai fini quatrième. Ce matin, au warm-up on a testé des réglages différents qui marchaient beaucoup mieux mais c'était peut-être trop tard."
Ces progrès restaient en effets trop faibles. Bagnaia avait encore du mal à bien faire tourner sa moto, ce qui a rapidement endommagé ses pneus : "C'était mieux qu'hier, mais pas tellement. J'ai commencé à sentir que je forçais beaucoup sur l'avant. Après 15 tours, il était totalement fini. Pour rester au même rythme, j'ai essayé de le faire avec le pneu arrière, mais j'ai fini l'arrière et dans les 15 derniers tours, j'avais vraiment du mal."
"Je devais beaucoup forcer sur l'avant pour qu'il me laisse tourner", a-t-il détaillé. "Je forçais beaucoup, la moto me faisait sortir large. Il valait mieux rester proche du vibreur, comme le faisaient Jorge et Marc. Il faut dire que Marc était encore un cran devant. Il faut comprendre pourquoi et dans quels domaines il faisait la différence. C'était important de le savoir avant la course, sinon j'aurais fini hors du podium."
Malheureusement, je n'ai pas été à la hauteur de la situation.
Marc Márquez a pu attaquer du début à la fin de la course, pour remonter jusqu'à la première place, et Jorge Martín a aussi conservé un bon rythme jusqu'au bout. Pendant ce temps, Pecco Bagnaia a eu plus de mal à préserver ses gommes et reconnaît la supériorité de ses deux concurrents ce week-end.
"On ne pouvait pas du tout attaquer l'année dernière [sur l'ancien asphalte], or les temps qu'ils ont faits tous les deux jusque dans les derniers tours ont été quelque chose d'incroyable, ils ont fait la différence", a expliqué Bagnaia à la presse italienne. "Malheureusement, je n'ai pas été à la hauteur de la situation, je n'ai pas réussi à le faire, j'ai dû relâcher. À partir du moment où mon pneu avant a été fini, ça a été très difficile."
Ducati doit "mieux travailler dans ces situations-là"
Bagnaia reconnaît une certaine faiblesse de lui et son équipe pour bien se sortir de ces situations difficiles : "Il faut qu'on essaye de mieux travailler dans ces situations-là, mais je sais que mon team a fait le maximum comme toujours. Malheureusement, on a plus joué de malchance par rapport aux autres fois. Tout compte fait, on a perdu dix points sur une piste sur laquelle on savait que ça serait possible. Maintenant, les prochaines courses seront sur de bonnes pistes [pour nous] et on va essayer de faire plus."
Pecco Bagnaia n'a pas pu suivre Jorge Martín et Marc Márquez
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
"Je n'appelle pas ça de la frustration", a souligné le double champion du MotoGP. "Je dis plutôt que c'est une occasion où on aurait peut-être pu faire plus, mais où on a fait une erreur hier et ça peut arriver. Ça n'était jamais arrivé, mais ça peut arriver. Alors je suis sûr que ça n'arrivera plus d'ici à la fin [de la saison] et on va essayer de s'améliorer."
"Après, il est certain que quand les choses se passent mal, terminer à la troisième place est un très bon résultat. Jusqu'au moment où j'ai malheureusement dû totalement relâcher à cause des pneus, j'arrivais à être assez proche des premiers. Ça s'est passé comme ça s'est passé."
S'il y a une séquence que Bagnaia a en revanche bouclée avec succès, c'est le départ. Il avait aperçu le problème de Márquez avec sa protection de visière et a pu bien anticiper la situation pour l'éviter quand son futur coéquipier, positionné juste devant lui, a glissé dessus : "Dès que j'ai vu qu'il enlevait le tear-off, je me suis dit 'S'il le jette à droite, ça reviendra vers lui parce que le vent était latéral. Il s'est passé ce que j'attendais. Il a essayé de l'enlever mais il est encore plus allé sous la moto et le départ approchait, donc il n'a rien fait de plus."
"Ce n'était pas idéal", a-t-il précisé. "Je l'ai vu et je me suis dit que je devais passer plus à gauche mais au départ, Maverick [Viñales] est allé vers la gauche et j'ai "dû faire un genre de slalom."
Avec Léna Buffa
VIDÉO - Le résumé du Grand Prix d'Australie
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