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Des progrès bien trop faibles sur le moteur Honda

Honda a amélioré le comportement de son moteur à l'accélération mais a seulement "gagné 1 km/h" en vitesse de pointe selon Joan Mir, qui considère les quatre autres constructeurs toujours devant dans ce domaine. Les pilotes de la marque jugent tous les progrès insuffisants pour le moment.

Joan Mir, Honda HRC

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Parmi les difficultés de Honda, les pilotes citent régulièrement un manque de motricité, qui peut avoir plusieurs causes, de la capacité à générer de l'adhérence jusqu'au comportement du moteur. Cet élément a concentré une grande partie des efforts du constructeur pour progresser cette année, tout en cherchant à corriger un autre point faible, la vitesse de pointe.

Au test de Sepang, les pilotes ont ainsi pu tester une nouvelle version du V4 et la comparer à l'ancienne. Ils ont globalement ressenti des progrès mais les ont jugés trop faibles. Cette découverte n'a pas été facilitée par une prise de contact délicate pour Joan Mir, qui a dû apporter d'importantes modifications avant de constater une évolution positive.

"Ça ne matchait probablement pas tellement pour moi", a reconnu le champion du monde 2020. "Je n'étais pas très content le matin. Mais ensuite on a travaillé très dur sur l'électronique, pour essayer de bien régler ce moteur sur l'électronique avec plus ou moins de frein moteur, le contrôle de l'accélérateur… C'est un moteur différent mais avec un caractère très similaire à celui de l'année dernière. Au final, j'étais content et j'ai déjà dit que pour moi le moteur de 2025 est meilleur, ou en tout cas qu'il a plus de potentiel."

Joan Mir a finalement ressenti "un peu plus de puissance" tandis que chez LCR, Johann Zarco a perçu "quelques différences" mais pas de véritable gain dans les performances, tout en se félicitant d'un meilleur comportement. "Je ne ressens pas véritablement la puissance supplémentaire qu'on peut avoir, je peux ressentir un meilleur comportement de l'arrière de la moto, ce qui peut être positif car il s'agit de l'un de nos points faibles", a expliqué le Français.

"Même s'il n'apporte pas plus de puissance, la manière dont elle arrive peut représenter une aide pour gérer les wheelies", a souligné Zarco, pour qui des progrès à l'accélération peuvent provenir du cadre ou du châssis : "Il y a aussi le fait, [...] qu'avec le nouveau châssis, etc, on ouvre de nouvelles portes de réglages qu'on ne pouvait pas faire avec l'ancien et en essayant de jouer avec les nouveaux réglages on peut voir qu'on arrive aussi à améliorer ces wheelies. Il y a donc énormément de choses à mettre ensemble, et ça prend du temps."

Johann Zarco, Team LCR Honda

Johann Zarco

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Luca Marini estime lui aussi que la puissance arrive d'une manière plus naturelle. "Je dirais [...] que la connexion moteur s'est beaucoup améliorée", a expliqué le pilote de l'équipe officielle. "Joan le demandait beaucoup l'année dernière car il n'a jamais aimé la connexion du moteur, ça n'était pas mon cas. En tout cas, la connexion est meilleure maintenant mais on manque encore de couple pour rester au contact des autres constructeurs, qui ont un moteur plus puissant à l'heure actuelle."

Une vitesse de pointe encore perfectible

Car si les trois pilotes déjà présents chez Honda la saison dernière perçoivent des progrès au début des lignes droites, ils sentent encore des faiblesses à la fin de celles-ci, avec une vitesse de pointe qui fait toujours défaut. Joan Mir juge les progrès beaucoup trop faibles dans ce domaine.

"L'accélération est un petit peu meilleure mais c'est plus la vitesse de pointe [qui manque]", a souligné l'Espagnol. "On a gagné 1 km/h en ligne droite ! Il nous en faut probablement cinq de plus. C'est la réalité du moment. Ceci dit, [le premier jour] on était plus ou moins contents mais le moteur n'était pas bien, et [le deuxième jour] on a un peu plus de puissance, la moto se pilote mieux."

En termes de vitesse de pointe, on est probablement les derniers sur ce point.

"La réalité est que le moteur est un petit peu mieux", a néanmoins remarqué Mir. "On a un tout petit peu amélioré la vitesse de pointe et la connexion aussi, dont je me plaignais pas mal l'année dernière. Mais je pense qu'on a besoin de beaucoup plus en termes de vitesse de pointe, on est probablement les derniers sur ce point, et aujourd'hui en MotoGP il faut avoir une moto rapide, particulièrement pour les qualifications et pour dépasser. On est en bonne voie en tout cas." 

Luca Marini, Honda HRC

Luca Marini

Photo de: Honda Racing

Marini estime aussi que Honda a fait des progrès certes visibles mais insuffisants face à une concurrence qui ne se repose pas sur ses lauriers, et qui reste très difficile à concurrencer en ligne droite : "C'est un petit peu mieux. On reste encore loin malgré tout. Et puis, tous les autres constructeurs apportent un nouveau moteur qui est plus compétitif."

"Il nous manque encore quelque chose mais c'est normal, les Japonais n'ont pas eu trop de temps pour faire le moteur cet hiver. Ils ont changé beaucoup de choses sur son fonctionnement et je pense qu'elles sont correctes. La distribution de puissance est très bonne, la connexion avec les gaz fantastique. Maintenant, il faut sortir plus de chevaux possibles." 

"On manque encore de moteur et de vitesse de pointe, ce sera essentiel pour essayer d'avoir plus de potentiel pendant la saison, en particulier pour dépasser", a-t-il insisté. "Joan et Johann ont fait des tours fantastiques [le dernier jour], ils étaient super rapides mais le problème c'est qu'en course, il est difficile de dépasser, puis la moto chauffe beaucoup, les pneus aussi, alors je pense qu'il faut qu'on se concentre là-dessus pour essayer d'avoir plus d'opportunités de dépassement en course parce qu'on partira toujours du milieu de grille, pas plus haut."

Avec Léna Buffa

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