Márquez a volontairement évité d'attaquer Bagnaia et Martín
Marc Márquez a préféré ne pas attaquer Jorge Martín lors du GP du Qatar, comme il l'avait fait pendant la course sprint avec Pecco Bagnaia. Sans ambition personnelle cette saison, l'octuple Champion du monde ne veut pas priver les candidats au titre de précieux points.
Si la fin d'un championnat peut faire naître des stratégies d'entraide entre pilotes et représentants d'une même équipe ou marque, c'est aussi une période durant laquelle ceux qui n'ont plus rien à jouer savent se mettre en retrait. C'est le cas de Marc Márquez, qui s'est bien gardé d'attaquer Pecco Bagnaia et Jorge Martín lorsqu'il en a eu l'opportunité à Losail.
Avec le champion en titre, cette situation s'est présentée lors de la course sprint, où pendant deux tours le pilote Honda a suivi la Ducati #1. Un dépassement au chausse-pied de Brad Binder − l'Espagnol parlera de simple "incident de course" − l'a finalement éloigné de Bagnaia, mais face à son manque de potentiel et à l'enjeu inexistant d'un dépassement qui l'aurait placé cinquième, Márquez s'était déjà résigné à ne pas attaquer.
Dimanche, il s'est retrouvé dans une situation comparable, cette fois face à Martín, qui a évolué dans le même groupe que lui durant toute la course. Dépassé par le Madrilène au cinquième tour, Márquez s'est à nouveau retrouvé devant lui six boucles plus tard, mais en donnant l'impression d'y avoir été obligé par les difficultés du pilote Pramac. Au tour suivant, il perdait quatre places, éloignant momentanément tout dilemme. Revenu dans le sillage de Martín dans les derniers tours, Márquez s'en est tenu à sa volonté de ne pas le priver du moindre point.
"J'ai juste fait ma course, adopté un rythme régulier. J'ai passé toute la course derrière Martín et j'aurais peut-être pu en faire un peu plus, mais les sensations n'étaient pas là", a expliqué le pilote Honda dimanche après-midi, assumant parfaitement de ne pas s'être frotté à celui qui conserve une chance de titre.
"Ça a été assez similaire à hier", a-t-il alors précisé. "Dans les deux premiers tours de la course sprint, j'étais un petit peu plus rapide que Bagnaia, qui était devant moi, mais ici pour dépasser… J'ai moi-même subi beaucoup de dépassements dans lesquels on m'a heurté et j'ai dû élargir. Alors pour dépasser Bagnaia ou Martín… Je ne veux pas me mettre dans les ennuis. Je sais qu'un dépassement ne va pas changer ma course, or un dépassement de ma part va peut-être changer les choses pour eux."
Je sais qu'un dépassement ne va pas changer ma course, or un dépassement de ma part va peut-être changer les choses pour eux.
"Je ne me battais pas pour les premières places. Si j'avais eu le rythme pour me battre pour les premières places, alors je me serais battu. Hier, avec Bagnaia, pourquoi est-ce que je l'aurais dépassé dans le premier tour si je n'avais pas le rythme ? Et aujourd'hui, avec Martín, pourquoi est-ce que je l'aurais dépassé pour un point de plus ? Ça ne m'aurait pas changé la vie. Par contre, si j'avais fait une erreur, ça oui, ça m'aurait changé la vie ! Alors j'ai juste continué à rouler derrière eux."
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Marc Márquez sait à quel point chaque point compte pour Pecco Bagnaia et Jorge Martín.
Le fait de se retrouver dans le sillage du pilote Pramac dimanche était le signe que celui-ci était en grande difficulté. Avant de savoir que Jorge Martín allait mettre en cause son pneu arrière, Marc Márquez n'a pu que constater que son compatriote n'était que l'ombre de lui-même : "Il n'était évidemment pas comme d'habitude. Il était un peu lent et, par rapport aux autres, il l'était en particulier pour tourner. Par rapport à ce que font normalement les Ducati, il paraissait aussi un peu plus lent à l'accélération, par exemple à la sortie du dernier virage. Il était rapide en ligne droite, mais il semblait manquer un peu de grip arrière."
"Un week-end stable, sans erreurs"
Onzième des deux courses, Marc Márquez s'est félicité de son bilan personnel pour cet avant-dernier Grand Prix de la saison. Samedi, déjà, il jugeait avoir vécu "une bonne journée, meilleure que ce à quoi [il] s'attendait", grâce notamment à un "super tour" en qualifications, réalisé dans la roue de Bagnaia. Les deux incidents de course qui lui ont coûté sa place dans les points au sprint lui ont semblé insignifiants, de même que ses passages hors piste le lendemain.
"Je suis sorti large dans le virage 1 parce que j'ai freiné, j'ai été aspiré par le sillage de deux ou trois motos et j'ai eu un gros blocage. Ici, le problème c'est que quand vous vous écartez un tout petit peu de la bonne trajectoire, l'erreur est doublée, voire triplée, car la piste est sale", expliquait-il dimanche. "Ça s'est passé à un moment de la course où j'étais en difficulté, alors je me suis détendu, j'ai continué. J'ai perdu pratiquement deux ou trois secondes en un tour parce que beaucoup de pilotes m'ont dépassé. Mis à part ça, ça a été un bon week-end. C'est le week-end que j'attendais, solide, stable et sans erreurs."
Le champion espagnol se prépare à présent pour son dernier Grand Prix avec Honda, qu'il vivra cette semaine à Valence, avant d'enfourcher la Ducati deux jours plus tard. "Ça va être un week-end très chargé. Je vais essayer de bien gérer le programme parce que j'ai vu que j'ai beaucoup d'engagements et de choses à faire, mais mon objectif est d'essayer de bien faire en piste et de terminer notre relation de la meilleure façon possible", a-t-il annoncé.
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