Rossi et ses 40 ans : "L'important est de rester compétitif"

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Rossi et ses 40 ans :
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22 janv. 2019 à 08:31

Le vétéran du MotoGP passera le cap des 40 ans le mois prochain, une échéance peu banale de nos jours mais qu'il aborde, semble-t-il, avec sérénité.

Le 16 février prochain, entre un test et l'autre, Valentino Rossi fêtera un anniversaire un peu particulier : ses 40 ans. Vingt ans plus jeune qu'un Fabio Quartararo, le vétéran du plateau approche avec sérénité de ce cap que beaucoup ont marqué d'une croix dans le calendrier depuis plusieurs années déjà. Et si lui-même a été amené à y penser par le passé, c'est en toute connaissance de cause qu'il a fait le choix d'être encore actif à l'heure d'entrer dans la quarantaine.

"En mars 2018, j'ai signé un contrat pour 2020 [jusque fin 2020, ndlr], il fallait alors penser que trois ans plus tard j'allais encore avoir envie. C'est un peu un pari", explique-t-il dans une interview réalisée en Italie, auprès de Radio Deejay. "J'ai voulu réfléchir un peu, parce que naturellement si je suis là je dois essayer d'être rapide. Je me suis demandé : 'Est-ce que j'arriverai à être compétitif à 40 ans ?' et je me suis dit 'Essayons'."

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Sur les 22 pilotes engagés cette année en MotoGP, seuls trois autres sont déjà dans la trentaine (Lorenzo, Dovizioso et Crutchlow), et trois vont passer le cap en 2019 (Iannone, Rabat et Aleix Espargaró). Le déséquilibre est assez marqué, alors que la limite de précocité a été repoussée plusieurs fois ces dernières années avec les Viñales, Miller, Rins et Oliveira (nés en 1995), Bagnaia et Mir (nés en 1997), ou encore un Fabio Quartararo qui fera cette année ses débuts avant même ses 20 ans.

"Il y a 20 ou 30 ans, il y avait encore des pilotes plus âgés, parce qu'on commençait à courir plus tard", note Valentino Rossi, qui ne semble pas vouloir s'appesantir sur la question. "En réalité, je n'y ai jamais pensé. Disons qu'être pilote en Championnat du monde a toujours été mon rêve, alors quand j'y suis arrivé je n'ai jamais pensé que j'allais courir […] jusqu'à 40 ans. C'est quelque chose d'un peu atypique dernièrement, mais qui sait, peut-être que je fais quelque chose que d'autres feront à l'avenir. L'important en tout cas est de rester compétitif."

Pour se maintenir en forme, Rossi mise sur ses entraînements dans son antre de Tavullia, et notamment entouré des jeunes pilotes de son Academy – dont deux courront cette année en MotoGP à ses côtés. Un attachement à son groupe et à sa terre qui se veut indissociable d'une carrière qui se prolonge encore et encore. "À mon avis, c'est un de mes secrets, un de mes points forts. Ça a toujours été comme ça", reconnaît-il. L'autre secret serait peut-être de toujours chercher à se renouveler, notamment hors-piste en s'inspirant des nouveaux arrivants. "On fait tous attention à ce que font les autres, à ce qu'ils mangent, à ce qu'ils boivent, et puis on suit tous les entraînements sur Instagram… On est tous très, très curieux de ce que font les autres", confirme le Docteur.

Moins peur du risque quand on est jeune

Valentino Rossi en action

Quelle différence voit-il entre son cas personnel et les jeunes pilotes du championnat ? "L'expérience est très importante pour bien connaître les pistes et aussi pour bien travailler en vue de la course. Par contre, un pilote plus jeune y met un peu plus de cœur, il est un peu plus courageux. Quand on est jeune, on a moins peur de tomber et, si on tombe, généralement on se fait moins mal ou en tout cas on se remet plus vite. Alors [ils ont] plus de courage."

"La peur, je pense que tout le monde l'a, certains plus que d'autres. Moi en tout cas j'ai peur [quand je monte sur la moto]. C'est une chose dont il faut tenir compte. Après, ça dépend comment tu réagis à la peur", poursuit Rossi. "Quand il t'arrive de te faire mal, tu as tout de suite très envie de remonter en selle. C'est peut-être ça être pilote. Alors quand ça m'est arrivé, quand je suis remonté sur une moto je n'ai pas eu peur. La sensation était plutôt 'Allez, on retente !'."

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"Quand on 'grandit', je crois qu'on fait tous un peu plus attention. Mais c'est surtout que plus les motos sont grandes plus on fait attention, tandis que quand on arrive en Moto3 ou Moto2, les pilotes sont plus fous, d'autant qu'ils ont une vingtaine d'années alors ils veulent faire leurs preuves", remarque le nonuple Champion du monde, qui ne manque pas d'être interrogé sur celui qui est tombé plus que quiconque la saison dernière en MotoGP : "Márquez est un pilote qui prend beaucoup de risques. Il est très, très courageux, au point peut-être de parfois ne pas avoir peur. Il tombe beaucoup, il va tout le temps chercher la limite. Mais il est très bon, il a 25 ans !"

Après un mois et demi de pause – et d'entraînement, donc –, Valentino Rossi est bientôt prêt à reprendre du service, avec des premiers essais prévus dans deux semaines en Malaisie qui marqueront l'entame de son nouveau contrat de deux ans avec Yamaha. Et puisque les esprits sont toujours en avance sur le calendrier, est-il déjà temps de penser à ce qu'il adviendra à la fin de cet engagement ? Avant d'être (à nouveau) assommé d'interrogations sur une possible retraite, Rossi s'autorise en tout cas à penser à une transmission possible avec son frère, Luca Marini, actuellement engagé en Moto2 : "Si cette année il est compétitif, on pourrait peut-être courir ensemble en 2020. On ferait un passage de témoin !" Une éventualité que seul l'avenir confirmera…

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Auteur Léna Buffa