Aston Martin n'est "pas aveugle" face aux problèmes de sa monoplace
Malgré son week-end compliqué à Imola, Fernando Alonso reste optimiste pour le Grand Prix de Monaco, affirmant qu'Aston Martin n'est "pas aveugle" et est "bien consciente" de la situation dans laquelle elle se trouve, en deçà des performances souhaitées.
Après un début de saison plutôt satisfaisant avec une monoplace qui semblait s'être améliorée en course, Aston Martin s'est un peu relâché lors des deux derniers Grands Prix. Après la mauvaise performance de Lance Stroll à Miami où le Canadien a fini 17e, c'était ensuite au tour de Fernando Alonso de connaître un week-end vraiment compliqué à Imola la semaine passée, terminant la course à la dernière place après l'abandon d'Alexander Albon.
Entamant ce rendez-vous du Grand Prix de Monaco, les souvenirs de la course de l'année passée reviennent, y compris ceux d'Alonso brandissant le trophée de la troisième place. Cette saison, l'Espagnol sait que la monoplace de 2024 est moins compétitive que celle de 2023. Cependant, conscient que la force de son AMR24 réside dans sa capacité à performer en qualifications, le double Champion du monde reste positif pour ce week-end.
"Il ne fait aucun doute que l'année dernière, nous avions de plus grands espoirs que cette année [puisque la voiture] semblait très forte dans les virages lents en 2023, donc Monaco était une opportunité pour nous", explique Alonso. "On arrive à bien se qualifier, comme la troisième place en Chine il y a un mois, donc si nous pouvons répéter ce genre de tours ce samedi, alors le dimanche il y aura moins de problèmes de dégradation ou au niveau du rythme ou ce genre de choses, donc nous sommes optimistes sur le fait que nous pouvons faire un bon week-end."
Lance Stroll a expliqué en interview que l'équilibre global de la voiture était un vrai problème, une opinion que son coéquipier de 42 ans partage au vu de ses nombreuses sorties de piste à Imola, en dépit du package d'améliorations apporté par l'écurie la semaine dernière.
"Je pense que nous avons tous les deux [avec Stroll] les mêmes sentiments et les mêmes commentaires sur la voiture", ajoute Alonso. "Fondamentalement, je pense que nous devons continuer à travailler sur l'équilibre de la voiture. Nous avons ajouté de l'appui avec toutes les évolutions que nous avons apportées, mais il est difficile d'utiliser cet appui de manière efficace parce que l'équilibre [de la voiture] n'est pas parfait dans les virages."
"Nous avons quelques idées pour essayer de résoudre ce problème. Donc oui, nous ne sommes pas aveugles ou dans le noir, nous sommes conscients de la situation. Mais en même temps, c'est la nature même de ces voitures qui fait qu'au fur et à mesure que l'on ajoute de l'appui, elles deviennent un peu plus sensibles et difficiles à piloter, et c'est quelque chose que nous devons résoudre."
Fernando Alonso, Aston Martin AMR24.
Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images
Lors du Grand Prix d'Émilie-Romagne la semaine dernière, le crash d'Alonso lors de la troisième séance d'essais libres à quelques heures des qualifications a compromis sa séance du samedi après-midi ; l'Espagnol n'a pu atteindre la Q2 et s’est finalement qualifié 18e. Connaissant la difficulté de dépassement sur le circuit d'Imola, Aston Martin a finalement décidé de modifier les réglages de sa monoplace, le faisant partir de la voie des stands lors de la course principale.
Un week-end "sacrifié" par Alonso, qui lui a permis de tester différentes choses et de travailler sur les améliorations de l'AMR24. Un sacrifice nécessaire pour le pilote, conscient qu'il ne pilotait pas à son niveau habituel.
"En ce qui me concerne, je pense que je n'ai pas été parfait", avoue le pilote de 42 ans. "Je n'ai pas assez bien piloté à Miami. Et à Imola, je pense que c'est davantage la recherche de réponses qui m'a animé, dans un week-end où je savais que les objectifs n'étaient pas assez élevés pour satisfaire l'équipe ou me satisfaire moi-même."
"Lorsque vous ne vous battez pas pour le top 5 ou le top 7, vous passez parfois le week-end à tester des réglages ou autres, parce que [quitte à ce que Lance Stroll finisse] 9e, je préfère [de mon côté] régler les problèmes de la voiture, sacrifier ce week-end et repartir de zéro pour le suivant. Et c'est ce qui s'est passé à Imola, d'un côté c'est bien parce que l'on peut travailler sur la voiture et régler le problème plus rapidement, mais de l'autre côté, ce week-end ne rapporte aucun point."
Au même moment la saison passée, Aston Martin comptabilisait 102 points au classement des équipes, actuellement l'écurie n'en a même pas marqué la moitié et occupe la cinquième place du championnat constructeurs avec 44 points.
"Je pense que nous avons perdu en performance par rapport aux autres", explique Alonso au sujet de la dégringolade d'Aston dans la hiérarchie. "Je pense que nous avons augmenté les performances de notre voiture, mais que les autres ont fait un pas un peu plus grand que nous, et nous avons perdu un peu de terrain."
Propos recueillis par Filip Cleeren
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