Comment Gasly s'est facilité la vie en empruntant un réglage à Ocon

Après un début de saison où ses sensations n'étaient pas au beau fixe au volant de l'Alpine A524, Pierre Gasly a résolu une partie de ses problèmes en empruntant les réglages de différentiel... d'Esteban Ocon. Explications.

Esteban Ocon, Alpine A524, à la lutte avec Pierre Gasly, Alpine A524

Depuis quelques courses, Alpine connaît un net regain de forme et inscrit des points au classement constructeurs sans discontinuer depuis Monaco. Si tout n'est pas encore parfait pour l'écurie française, qui demeure encore loin de jouer autre chose que les accessits, les progrès sont clairs et permettent à Pierre Gasly et Esteban Ocon d'espérer terminer dans le top 10 des Grands Prix.

Si l'on analyse un peu plus en détail la dynamique interne, il paraît clair que Gasly a été plus en difficulté en début de saison qu'Ocon, notamment en qualifications. Depuis plusieurs GP, les débats se sont rééquilibrés entre les deux hommes, voire tournent à l'avantage du vainqueur du GP d'Italie 2020. Interrogé sur l'évolution de son ressenti au volant de l'Alpine, Gasly a expliqué qu'une partie de la solution avait consisté, pour lui, à une modification des réglages du différentiel.

Lire aussi :

Pour rappel, le différentiel fait partie de la kyrielle de réglages à disposition des pilotes et des écuries pour améliorer le comportement des monoplaces. Le différentiel permet que les roues motrices, donc arrière sur les F1, puissent tourner à des vitesses différentes au moment du passage en virage, afin de rendre ce passage plus aisé et aussi de permettre d'user moins les pneus. La roue située à l'intérieur lors d'un virage est en effet amenée à moins tourner car elle parcourt une distance plus courte. En Formule 1, généralement, l'action du différentiel est préprogrammée, de sorte qu'il soit "bloqué" (c'est-à-dire que les roues tournent à la même vitesse) au moment du freinage pour apporter le maximum de stabilité, puis "ouvert" (pour que les roues tournent à des vitesses différentes) dans le virage afin de faciliter la rotation, avant de progressivement se rebloquer en sortie de virage pour maximiser la traction.

"Je pense qu'il y a eu un pas en avant", a expliqué Gasly ce jeudi à Silverstone. "Nous avons réalisé, entre le début de l'année et Miami, qu'il y avait deux ou trois choses qui n'allaient pas sur mon différentiel. Nous avons en quelque sorte utilisé la cartographie de l'autre côté [du garage] et la voiture est devenue beaucoup plus homogène. Cela a donc joué un rôle important en termes de régularité, lors des courses suivantes, sans avoir l'équilibre idéal, mais en étant beaucoup plus régulier et en pouvant avoir beaucoup plus de... oui, une sorte de régularité de la part de la voiture."

Pierre Gasly compte 6 points contre 3 pour Esteban Ocon au classement pilotes 2024.

Pierre Gasly compte 6 points contre 3 pour Esteban Ocon au classement pilotes 2024.

Amené à clarifier ce qu'il entendait par ces "choses" qui n'allaient pas, Gasly a précisé que l'amélioration s'est faite du côté du "logiciel" et non du matériel. Puis il a précisé : "Il y avait deux ou trois choses qui ne collaient pas avec l'équilibre de la voiture. J'ai donc demandé à essayer la cartographie de l'autre côté [du garage] et nous avons tout de suite trouvé plus de performance. C'est une sorte de problème de codage qui, malheureusement, ne peut pas être détecté. Il s'agissait donc plutôt d'un problème de type logiciel. Mais oui, cela nous a coûté de la performance au début, et maintenant nous avons trouvé beaucoup plus de cohérence et au moins nous sommes alignés des deux côtés."

Interrogé sur l'utilisation de deux réglages différents avant cela, Gasly a expliqué : "Oh, c'est généralement fait des deux côtés du garage et c'est personnel à chaque ingénieur. Et heureusement... Je sais ce qui n'allait pas. C'est juste quelque chose qui arrive malheureusement, et nous avons réussi à corriger le problème et nous avons décidé d'aller tous les deux vers l'autre côté."

Un équilibre global à retravailler

Toutefois, tout n'est évidemment pas parfait pour le Français qui demeure à la recherche d'un meilleur équilibre global : "En ce moment, ce qui nous manque, c'est... L'équilibre n'est pas idéal partout. Sur certains circuits comme Barcelone, j'étais relativement satisfait. Nous manquons juste d'appui dans les virages à haute vitesse, ce qui déclenche un peu trop de glisse et ensuite, évidemment, en course, une surchauffe des pneus et le prix à payer en termes de traction. Et, oui, je pense que la stabilité n'est pas idéale, mais ça va. C'est juste le sous-virage à certains endroits que nous essayons de corriger. Et puis notre traction n'est pas idéale."

"Dit comme ça, ce n'est pas génial, mais évidemment on regarde les détails. Ce qui me plaît, c'est que nous avons des idées très claires sur ce qui nous manque. Nous avons également de bonnes idées sur la manière de résoudre ça. Je ne pense pas que nous verrons tout cette saison, mais nous verrons une certaine évolution cette saison et je suis assez confiant dans le plan et le processus en place pour améliorer les choses l'année prochaine."

Avec Filip Cleeren et Oleg Karpov

VIDÉO - Oliver Bearman emmène son père en Ferrari 296 GTB

Rejoignez la communauté Motorsport

Commentez cet article
Article précédent Norris et la règle des limites de piste : "C'est assez stupide"
Article suivant Du nouveau chez Red Bull, McLaren et Mercedes à Silverstone

Meilleurs commentaires

Abonnez-vous gratuitement

  • Accédez rapidement à vos articles favoris

  • Gérez les alertes sur les infos de dernière minute et vos pilotes préférés

  • Donnez votre avis en commentant l'article

Motorsport Prime

Découvrez du contenu premium
S'abonner

Édition

France France