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Où est passé l'avantage de Red Bull ?

Après un nouveau week-end de course où Red Bull s'est retrouvé avec une voiture moins performante que ses rivaux, à quel point les Champions du monde doivent-ils s’inquiéter pour la suite de la saison ?

Max Verstappen, Red Bull Racing, Alex Albon, Williams Racing

Lorsque Red Bull a présenté sa RB20 aux essais de pré-saison à Bahreïn, quelques signes inquiétants laissaient présager une répétition de la domination de 2023. Quatre mois plus tard, les positions ne sont plus vraiment les mêmes. Après un début de saison compliqué, Mercedes a finalement réussi à comprendre sa W15 et à en faire une voiture compétitive, pendant que McLaren poursuivait son impressionnante trajectoire de développement entamée en juin 2023.

Les problèmes rencontrés par Ferrari à cause de la mauvaise voie empruntée avec ses dernières évolutions l'ont fait reculer, mais l'écurie s'est également montrée à la hauteur du haut de la grille avec notamment deux victoires en Australie et à Monaco.

Sur les sept derniers Grands Prix, cinq pilotes de quatre écuries différentes sont montés sur la première marche du podium. La seconde moitié de 2024 s'annonce palpitante pour les fans de la discipline. Pour Red Bull… un peu moins. Où est donc passé l'avantage considérable dont l'équipe autrichienne bénéficiait au début de l'année 2024 ?

L'explication la plus classique est que les équipes convergent inévitablement lorsque les règles restent stables, Red Bull ayant tout simplement moins de performances à tirer du règlement actuel. Pendant ce temps, les équipes rivales qui ont raté le coche en 2022 et 2023, commencent lentement à trouver les bonnes solutions autour de l'effet de sol, déjà trouvées par l'équipe au taureau rouge dès la première année.

Si l'on ajoute à cela les restrictions des tests aérodynamiques, qui suppriment les essais en soufflerie et en mécanique des fluides numérique (CFD) en fonction du succès de l'équipe au championnat constructeurs, Red Bull subit un double coup de massue.

Max Verstappen devant les McLaren de Lando Norris et  Oscar Piastri.

Max Verstappen devant les McLaren de Lando Norris et Oscar Piastri.

Photo de: Glenn Dunbar / Motorsport Images

"Je pense qu'ils ont atteint une sorte de vitesse maximale plus rapidement que le reste d'entre nous", a déclaré Zak Brown, le directeur général de McLaren. "Il y a un point de rendement décroissant dans la mesure où l'on peut continuer à développer une voiture. C'est tout à leur honneur d'être arrivés les premiers et maintenant nous sommes tous en train de les rattraper, ou presque."

Bien que leur opinions divergent la plupart du temps, Christian Horner, le patron de Red Bull, est pour une fois d'accord avec le PDG de McLaren : "Ce n'est un secret pour personne que nous avons moins de temps de développement que les autres et que nous sommes au sommet de la courbe ."

Mais s'il y a bien un homme qui n'accepte aucune excuse, c'est bien Max Verstappen. Après quelques résultats inquiétants, le pilote n'a pas manqué d'encourager son équipe à tenter de retrouver de la performance plutôt que d'accepter cette nouvelle réalité.

"Nous pourrions dire : 'Oui, c'est normal'. [Mais] je ne pense pas que ce soit normal", a-t-il déclaré à l'entame de la triplette européenne. "Nous devons continuer à travailler dur. Si nous pensons que c'est normal, les gens vont nous dépasser. Chaque jour, je travaille avec les ingénieurs et j'essaie aussi de faire en sorte que les mises à jour arrivent plus tôt."

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Les discours d'encouragement sont une chose, mais l'écurie Red Bull peut-elle encore dénicher de la performance dans sa RB20 ? D'autant plus que nous approchons de la pause estivale et que les équipes commenceront à se tourner davantage vers le développement de leurs voitures 2025.

Le lancement de sa monoplace de 2024, visuellement différente et parsemée de concepts novateurs, avait suggéré que l'équipe autrichienne ne souhaitait pas se reposer sur ses lauriers et continuait à tout mettre en œuvre pour s'assurer de rester en tête, au moins jusqu'au renouvellement réglementaire en 2026.

Et si la RB20 a permis à son équipe de prendre une avance confortable en début de saison, il semble que les voies d'amélioration soient de plus en plus petites au fil des mois. L'ingénieur en chef de Red Bull, Paul Monaghan, a expliqué plus tôt que l'équipe autrichienne était potentiellement en train "d'atteindre l'asymptote" des règles ; en trouvant à chaque fois des gains de plus en plus petits à mesure que sa courbe de développement se stabilise.

Horner espère toujours que les évolutions que Red Bull prépare pourront faire la différence. Il admet néanmoins que, pour son équipe comme pour les autres écuries de tête, la guerre de développement se gagnera dans les détails. "Je pense qu'il y a des choses qui arrivent... bien que nous soyons au sommet de la courbe, il y a encore des progrès à faire", a-t-il expliqué. "Inévitablement, lorsque [la grille] se resserre, ce sont ces petits détails marginaux qui font la différence."

Verstappen peut-il sauver Red Bull ?

Max Verstappen, Red Bull Racing RB20

Max Verstappen, Red Bull Racing RB20

Photo by: Erik Junius

Il n'est pas vraiment évident de savoir à quel point Red Bull doit s'inquiéter pour le reste de la saison. Une série de circuits composés de hauts vibreurs, le talon d'Achille de la RB20, a forcément joué un rôle dans la mauvaise passe de l'équipe ces derniers mois. Néanmoins, la monoplace orange papaye semblait tout de même plus rapide sur un tour à Barcelone. Puis l'Autriche est arrivée et Verstappen a remporté la course sprint et obtenu la pole position avec l'avance confortable qu'on lui connaît, quatre dixièmes devant son dauphin Lando Norris.

À Silverstone, McLaren et Mercedes ont semblé légèrement plus rapides en fonction des conditions, ce qui suggère que la capacité des W15 et des MCL38 à maintenir leurs pneus à la bonne température et dans la bonne fenêtre de performances, fasse plus de différences que le rythme pur et simple.

"La situation évolue un peu. Mercedes était fort [à Silverstone], McLaren était fort la semaine dernière [à Spielberg], nous avons gagné la semaine précédente à Barcelone", a reconnu Horner. "Vous passez de l'Autriche, où nous nous sommes qualifiés avec quatre dixièmes d'avance sur l'ensemble du peloton, à Silverstone, où on se serait battu pour la pole [sans les dommages au plancher de la Q1 de Verstappen]. À la fin de la course, Max chassait Lewis [Hamilton] et est revenu de 10 à une seconde et quelque. Je pense que, de cette triple confrontation, je ne serais pas du tout surpris que Max ait marqué le plus de points."

C'est effectivement le cas, puisque Verstappen a accumulé 51 points au cours des trois dernières semaines, contre 43 pour Oscar Piastri, 42 pour George Russell et 40 pour Lewis Hamilton et Lando Norris.

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C'est là que réside un autre avantage et même la force principale de Red Bull actuellement. Même s'il n'ont plus la voiture la plus rapide, ils ont le pilote le plus performant. De plus, l'équipe est capable de gagner une course uniquement grâce à la stratégie, comme ça aurait pu être le cas en Grande-Bretagne, là où McLaren par exemple a encore un peu de mal.

Malgré ses difficultés lors des sept derniers Grands Prix, Verstappen a tout de même remporté trois de ces courses et, à l'exception de Monaco, a devancé son premier rival, Lando Norris, lors de toutes les autres. Si les performances de la voiture et les difficultés persistantes de Sergio Pérez restent préoccupantes, les capacités incontestables de leur pilote néerlandais pourraient bien permettre à Red Bull de remporter leur troisième championnat constructeurs d'affilée.

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