Piastri-Verstappen : l'ancien directeur sportif de Red Bull aurait agi autrement
L'ancien directeur sportif de Red Bull, Jonathan Wheatley, a révélé qu'il aurait agi différemment de Red Bull suite à ce qu'il s'était passé dans le premier virage du GP d'Arabie saoudite entre Oscar Piastri et Max Verstappen.
Photo de: Gabriel Bouys - AFP - Getty Images
Interrogé dans le contexte de l'incident du premier virage entre Oscar Piastri et Max Verstappen, qui a vu le Néerlandais être sanctionné de cinq secondes pour avoir tiré un avantage illicite de son passage hors piste en restant en tête de l'épreuve, l'ancien directeur sportif de Red Bull a expliqué qu'il aurait géré la situation différemment de son ancienne écurie.
Désormais à la tête de Stake Sauber, Jonathan Wheatley fut en effet très longtemps, au sein de la structure autrichienne, l'homme en charge des questions réglementaires et des relations avec la FIA. Son rôle fut particulièrement mis en avant dans la fin de saison 2021, dans ses discussions - prenant parfois des allures de négociations - avec la direction de course, à l'époque emmenée par Michael Masi. D'aucuns ont même estimé qu'il avait joué un rôle décisif dans la façon dont s'était achevée la campagne à Abu Dhabi, en finissant par pousser Masi à enfreindre le règlement, ce qui avait alors remis Verstappen en position de l'emporter.
Mais une semaine avant les évènements de Yas Marina, le tout premier GP d'Arabie saoudite avait déjà été marqué du sceau de la polémique. L'un des nombreux faits marquants de l'épreuve avait été une manœuvre assez similaire à celle de l'édition 2025 effectuée, là encore, par Verstappen. Comme ce dimanche, mais de façon encore plus claire car il était encore plus en retrait derrière Lewis Hamilton, le Néerlandais avait volontairement relâché les freins pour couper le virage et ressortir devant la Mercedes.
Après un drapeau rouge consécutif à un accident survenus quelques secondes plus tard, Wheatley avait alors participé à une discussion pour le moins surréaliste avec Masi, dans laquelle Red Bull et la direction de course négociaient la manière de procéder pour rétablir cette injustice. Il avait alors été proposé à Red Bull d'obliger Verstappen à rendre la place ou à se voir infliger une pénalité. C'est alors la première option qui avait été choisie.
Nous aurions géré la situation différemment, et nous aurions certainement eu une discussion sur le fait de faire quelque chose de différent.
Quatre ans plus tard et alors qu'il n'est plus aux responsabilités chez Red Bull, quand il lui a été demandé s'il avait un avis sur la situation de dimanche dernier à Djeddah et sur ce qu'il aurait fait, Wheatley a répondu : "Oh, je sais ce que j'en pense ! J'aurais fait quelque chose de différent, ou conseillé de faire quelque chose de différent."
"Je ne tiens pas que quelqu'un commente ce que nous [Sauber] ferions en tant qu'équipe. Je ne veux pas faire de commentaires sur ce que les autres feraient, mais dans notre équipe, nous aurions géré la situation différemment, et nous aurions certainement eu une discussion sur le fait de faire quelque chose de différent. La situation était plutôt inverse, mais c'était un peu comme au virage 12 au Texas l'année dernière. Je pense qu'il y a donc quelques leçons à en tirer."
Wheatley fait ici référence à l'incident opposant Verstappen et Norris lors du GP des États-Unis 2024, quand - en complétant selon les commissaires son dépassement hors piste, bien que le Néerlandais était lui-même en dehors des limites - le Britannique avait été sanctionné de cinq secondes après ne pas avoir rendu la place au pilote Red Bull. Cet incident, ainsi que d'autres durant la fin de saison passée, avait provoqué un vif débat sur les fameuses "lignes directrices" concernant les luttes en piste, au point qu'elles ont été amendées pour 2025 afin d'apporter plus de clarté.
La lutte entre Lando Norris et Max Verstappen au GP des États-Unis 2024.
Photo de: Sam Bagnall / Motorsport Images
L'incident de Djeddah, sous l'empire de ces règles, était plutôt clair : au moment d'arriver à la corde, Piastri était suffisamment à la hauteur de Verstappen sur l'intérieur, voire devant, pour prétendre à avoir la priorité sur le virage. Le quadruple champion du monde avait pour sa part la possibilité de sortir de piste, ce qui n'est pas interdit en soi, mais n'étant pas prioritaire au moment de l'attaque de Piastri, le fait d'avoir ensuite conservé la position en court-circuitant la chicane le rendait coupable d'avoir tiré un avantage durable de sa sortie.
Rendre la vie des commissaires plus facile
En dépit de son opinion sur ce qu'il aurait fait dans cette situation Wheatley tient aussi à se montrer clair : les situations sont souvent uniques et il est difficile de pouvoir toutes les appréhender à travers un seul ensemble de règles qui collerait parfaitement en toute circonstance. Toutefois, il considère que les directives actuelles sont plutôt bonnes.
"Je pense n'avoir jamais vu deux incidents identiques", a-t-il déclaré. "Les dépassements, ce sont des situations tellement dynamiques... Il faut tenir compte des composés des pneus. Il faut tenir compte du fait que le pilote a un avantage sur l'autre. Il faut tenir compte du fait que tel ou tel pilote a le DRS. C'est une situation vraiment dynamique et à travers tout cela et tous les petits jeux qui se produisent, vous devez choisir un point de freinage."
"Il y a eu des situations où j'ai eu des conversations avec des pilotes avec lesquels j'ai travaillé, où j'ai dit 'Tu aurais pu lui laisser 2 cm de plus ici et ça aurait rendu la vie des commissaires un peu plus facile'. Les commissaires doivent décider si vous avez laissé la largeur d'une voiture ou des choses comme ça. J'aime cet aspect du sport et je pense que la FIA et les pilotes ont travaillé très, très dur sur les règles de course que nous appliquons actuellement."
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