Pourquoi Williams F1 ne se contente plus de vivre au jour le jour
L'équipe de Formule 1 Williams a fait un premier pas sur la voie du redressement avec l'arrivée en 2023 de James Vowles dans le rôle de directeur d’équipe, ramenant ainsi une réflexion à long terme au sein de l'écurie de Grove.
Grâce à l'investissement et à l'engagement de ses propriétaires, Dorilton, le nouveau directeur de l'équipe, James Vowles, a reçu le soutien nécessaire pour effectuer des changements radicaux afin de tenter de redonner à l'écurie sa gloire d'antan.
Williams a remporté sept titres pilotes et neuf titres constructeurs au cours de sa riche histoire mais a dramatiquement souffert d'années de sous-investissement qui l'ont progressivement fait passer du statut de référence à celui d'équipe d'arrière-plan.
La dernière victoire en F1 de l'équipe remonte à la saison 2012, avec le succès de Pastor Maldonado au Grand Prix d'Espagne. En 2023, le team a réalisé sa meilleure moisson de points des dernières années au Championnat du monde constructeurs avec son total de 28 unités (dont 27 inscrites par Alexander Albon), ce qui l'a classée au septième rang.
La dernière saison lors de laquelle Williams avait inscrit plus de points remonte à 2017, qui marquait déjà le déclin de plus en plus évident du team dont les réussites précédentes avaient grandement été à mettre sur le compte de la motorisation V6 turbo hybride fournie par Mercedes-Benz.
James Vowles, directeur de l'équipe Williams Racing
Photo de: Williams
Un changement d'approche
Mais au lieu de consacrer tous ses efforts à survivre une année de plus, comme cela était reproché à Claire Williams, un nouvel élan a pu être donné au team et sa structure, également à la faveur de l'introduction du plafond budgétaire en F1, qui limite les dépenses des équipes les plus dotées. Cela signifie que Vowles et sa recrue clé en tant que directeur technique, Pat Fry, peuvent désormais déterminer avec précision à quel niveau les installations de Williams à Grove et son personnel devront se trouver dans cinq ans, leur permettant ainsi de mettre en place toutes les étapes intermédiaires pour y parvenir.
Bien que le nouveau visage de Williams ne se soit pas construit en un jour et que l'équipe n'ait guère de chances de faire de gigantesques progrès avant la réinitialisation du règlement de 2026, Pat Fry estime que l'équipe doit développer un "état d'esprit de gagnant".
Ce changement d'état d'esprit et la pensée stratégique que Vowles a apportée de Mercedes font déjà la différence, selon le responsable de la performance des véhicules Dave Robson, et cela constitue un changement par rapport au fait de "jouer les pompiers", comme le dit Vowles.
"Il y a toutes sortes de choses que James a débloquées", a estimé Robson pour Motorsport.com. "Je pense que l'une des choses les plus importantes est que, pour la première fois depuis longtemps, nous ne sommes pas uniquement concentrés sur aujourd'hui et demain, ce qui nous permet d'avoir une vision à plus long terme ou à moyen terme des choses. On peut donc se permettre d'avoir une vision à long ou moyen terme. C'est complètement différent de ce qui s'est passé depuis 2014-2015. On ne vit plus au jour le jour, ce qui change énormément de choses."
Alexander Albon, Williams FW46
Photo de: Erik Junius
Une capacité à diriger sainement
Selon Robson, l'importance confiance accordée par les propriétaires du team à Vowles a permis une prise de décision beaucoup plus rapide et la mise en place d'une culture d'entreprise plus saine.
"Toute cette philosophie sur la façon dont nous menons la R&D, sur les objectifs réels, est devenue très différente", explique-t-il. "En outre, il a été en mesure d'arriver et de voir exactement où se trouvaient les faiblesses. L'arrivée de ce type d'expérience et d'autorité signifie qu'il n'y a pas beaucoup de discussions, que l'investissement doit être fait et que les investisseurs sont prêts à le faire. Les investisseurs sont prêts à faire cet investissement. Et maintenant, nous avons un sentiment de confiance clair […] alors qu'auparavant, même si l'argent était disponible, nous devions faire tout le travail nécessaire pour comprendre pourquoi c'était là-dedans qu'il fallait investir. Cela fait donc une grande différence."
Nerd autorevendiqué, Vowles s'attache aux données et à l'application d'une logique et la mise en place d'un cycle, ce qui n'a pas été évident à faire comprendre lors de son arrivée chez Williams, où tout le monde espérait avant tout une bouffée d'air immédiate avec un coup d'éclat. En arrivant chez Williams, Vowles a tenu à prendre son temps pour décortiquer la situation et immédiatement mettre en place un plan se projetant sur la durée.
"Sa façon de diriger est très différente. Je pense qu'il a fallu un peu de temps pour que tout le monde l'accepte, mais maintenant tout le monde comprend comment il fonctionne. C'est vraiment très rafraîchissant. Il s'agit véritablement d'être ouvert et honnête, et tout le monde comprend que les erreurs sont acceptables tant que nous en tirons des leçons, ce qui est différent de ce qui se passait parfois. Il n'y a pas de liste de cinq choses qui auraient pu avoir un impact. C'est juste la façon dont il gère l'équipe qui est différente et meilleure."
James Vowles, Williams Racing Team Principal
Photo de: Williams
Vers l'opportunité des nouvelles réglementations
Le team s'est assuré d'un nouveau contrat de fourniture d'unités de puissance avec Mercedes jusqu'en 2030. Un accord qui représente l'une des clés de voûte du projet Williams, qui doit désormais influencer son propre projet long terme par un investissement significatif dans son infrastructure devenue obsolète. La grande majorité des équipes du plateau ont réalisé des investissements colossaux avant l'entrée en vigueur des règles de plafonnement budgétaire, et Aston Martin a récemment mis la barre très haut avec la construction d'un site high-tech destiné à fournir une arme puissante à l'équipe de Lawrence Stroll pour la prochaine décennie.
Outre cet objectif à long terme, Robson estime que le changement d'approche a déjà porté ses fruits lors du développement de la voiture 2024, même si celle-ci n'a jusqu'ici permis de n'inscrire que huit points en 12 GP. "Alors que nous entamions le développement de la voiture de l'année [2024], la FW46, nous pouvions voir cette nouvelle attitude se propager dans toute l'entreprise", se réjouit-il.
"Nous voyons beaucoup plus James au quotidien sur le circuit qu'à l'usine. Nous nous sommes adaptés assez rapidement, mais je pense qu'au cours des derniers mois, vous pouvez vraiment voir que cela a pris effet partout. Il faudra probablement encore un an ou deux pour que les performances se matérialisent pleinement, mais on peut vraiment sentir le sens du changement maintenant."
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