Courir le lundi ? Une proposition qui déplace l'attention, selon Rossi

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Courir le lundi ? Une proposition qui déplace l'attention, selon Rossi
Par : Léna Buffa
18 sept. 2018 à 08:46

Bien qu'en faveur du report des courses en cas de besoin, le pilote Yamaha estime que le cœur du problème serait d'éviter que se répètent des situations comme celle de Silverstone, où l'asphalte s'est révélé impraticable sous la pluie.

À la suite du fiasco du Grand Prix de Grande-Bretagne, le promoteur du championnat a fait savoir qu'une situation similaire ne devrait pas se représenter : en cas d'impossibilité de courir le dimanche, comme cela a été le cas à Silverstone, l'épreuve sera de facto reportée au lendemain, voire au surlendemain si les conditions l'imposent.

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Impossible, donc, pour les équipes de voter contre un changement de programme qui chamboule les plans logistiques et les programmes de tests, comme ce fut le cas en Angleterre, où Ducati a été le seul constructeur à approuver la proposition de report de la course au lundi, un jour férié pour lequel la météo était annoncée clémente.

Interrogés sur la question, les pilotes ont apporté leur soutien à la prise de position de Carmelo Ezpeleta, à l'instar d'un Cal Crutchlow qui a rappelé avoir fermement défendu à Silverstone l'idée de décaler la course au lendemain au vu de l'impraticabilité de la piste le dimanche.

Néanmoins, Valentino Rossi a fait savoir qu'à ses yeux la question du report de la course et de ses modalités était l'arbre qui cachait la forêt. "Mon sentiment, c'est qu'on parle beaucoup de dimanche, lundi ou mardi, mais le problème c'est le bitume", rappelle-t-il. "Il faut qu'ils fassent un bitume qui soit bon quand il pleut – on n'a pas à courir le lundi ou le mardi. Pour moi, c'est quelque chose qu'on dit pour déplacer l'attention, mais le problème c'est que le bitume était mauvais, ça n'était pas un problème de dimanche ou lundi."

"Quoi qu'il en soit, si on doit courir le lundi, pas de problème. L'important c'est qu'on ait assez de temps pour aller sur la course suivante, alors on peut aussi rester une semaine s'ils veulent !" sourit le pilote Yamaha.

Valentino Rossi quitte la grille de départ
Les motos évacuées de la grille de départ
 

Trop de pouvoir aux équipes ?

Andrea Dovizioso se montre lui aussi docile et prêt à appliquer le règlement quel qu'il soit. "Courir le lundi ou ne pas courir, ça m'est égal. À mon avis, il suffit d'avoir une règle bien précise et c'est celle-là qui vaut", note-t-il.

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Mais le pilote Ducati replace lui aussi le débat sur le point qui l'a le plus chagriné, à savoir le pouvoir donné aux équipes et qui aura finalement été déterminant dans l'annulation définitive de cette course.

"Je trouve que ça n'est pas juste de faire voter les équipes pour savoir si on court le lendemain. Parce que je crois que l'on donne alors la possibilité de disputer la course ou non selon que cela nous convient ou pas", suggère l'Italien. "Je crois que ça n'est pas aux équipes de décider. Il y a un organisateur, c'est à lui de prendre la décision. Dans le cas de Silverstone, cela arrangeait plusieurs équipes que l'on ne court pas – et par conséquent on n'a pas couru le lundi."

"Heureusement, notre relation est bonne et on peut en parler de façon ouverte", souligne Dovizioso, en référence notamment à la Commission de sécurité, créée à la suite de l'accident de Daijiro Kato, en 2003, et qui réunit les pilotes, le promoteur et la direction de course chaque vendredi de Grand Prix. Un signe parmi d'autre de l'écoute accordée aux concurrents.

"C'est bien que l'organisateur écoute les équipes et c'est bien que notre sport reste comme ça, qu'on se parle et qu'il n'y ait pas qu'une seule personne qui commande. Mais alors on s'écoute, s'il y a des problèmes à résoudre on les résout et on court. Donc ça ne m'a pas trop plu, mais tout ce qui se passe aide à mieux gérer les choses à l'avenir", conclut le pilote Ducati.

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