"Personne n'aime" le format des week-ends selon Espargaró
S'il reconnaît que le besoin d'assurer un top 10 dès le vendredi est "fun et bon pour le show", Aleix Espargaró estime que l'ensemble des pilotes juge ce format épuisant, surtout avec un samedi très intense. Il ne croit pas cependant que le programme des week-ends pourra être revu en MotoGP.
Le format des week-ends de course a beaucoup fait débat depuis l'introduction des sprints en MotoGP. Auparavant, le classement combiné des trois premières séances d'essais permettait de définir les dix pilotes directement qualifiés pour la Q2, les autres étant réunis en Q1 avec deux dernières positions à décrocher. Le nouveau format a enlevé la séance du samedi matin, obligeant les pilotes à viser le top 10 le vendredi et à s'aventurer dans des tours rapides dès la première séance, par crainte d'une dégradation des conditions dans l'après-midi.
Les pilotes jugeaient ce programme trop intense, surtout après un début de saison 2023 marqué par de nombreuses blessures. Le format a ainsi été ajusté au sortir de la pause estivale, en ne comptant que la séance du vendredi après-midi, qui fait désormais office à elle seule de pré-qualifications. Les pilotes peuvent ainsi consacrer totalement la matinée à leurs essais mais jugent toujours le programme très intense, et Aleix Espargaró rêverait d'un changement, lui qui ne cache pas sa désaprobation.
"Je n'aime pas vraiment ce format qui fait qu'il faut se qualifier dans le top 10 dans la deuxième séance d'essais. Je pense que ça n'est le cas de personne parmi les pilotes du MotoGP… Je peux vous le dire parce qu'à la Commission de sécurité, personne n'aime ça !" a confié le pilote Aprilia. "Mais je pense que c'est fun et c'est bon pour le show. Il faut s'adapter. Mais ça compromet beaucoup la course."
Les courses sprint ne sont présentes qu'en MotoGP et les week-ends n'ont pas évolué en Moto3 et Moto2, si ce n'est la suppression du warm-up. Pedro Acosta découvre donc le rythme imposé par la succession des séances et, à Portimão, il a même vécu pour la première fois l'enchaînement très intensif des EL2, de la Q1 puis de la Q2 le samedi matin.
"Quand tu mets la combinaison pour les essais, tu l'as pendant une heure et demie", a expliqué le rookie. "C'est aussi assez stressant d'avoir les EL2, la Q1, de rouler à fond pour être en Q2, puis la Q2, avec pas énormément de pneus parce qu'il faut en économiser certains pour la course sprint. C'était assez stressant mais on a quand même plus ou moins géré ça."
Pedro Acosta découvre le programme très chargé des week-ends MotoGP
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Ce samedi matin a pris une place singulière puisqu'il se conclut sur les qualifications, plus déterminantes que jamais. Les positions sur la grille sont en effet essentielles pour espérer un bon résultat avec des dépassements jugés de plus en plus difficiles, et cette séance a pris une place encore plus importante puisqu'elles définit désormais les positions pour deux courses. "Les qualifications sont vraiment super importantes", a confirmé Espargaró. "Si on arrive à placer la moto en première ligne, il faut ensuite être très mauvais pour ne pas terminer dans le top 5 au sprint. C'est comme ça."
S'il n'aime pas ce format, Aleix Espargaró comprend et justifie néanmoins son existence, qui donne un intérêt sportif à la journée du vendredi, ce qui le fait douter de changements dans un avenir proche : "On donne juste notre opinion, mais c'est le championnat de la Dorna, pas le championnat des pilotes, alors il faut qu'on suive les règles. La réalité c'est que, pour le spectacle, c'est bien pour les gens quand on monte deux pneus tendres un vendredi après-midi."
"Je le comprends. Il faut qu'on fasse ça. Imaginez si on faisait une heure sans monter de pneus tendres, ça serait très ennuyeux. Mais oui, ça compromet grandement le week-end, ça compte beaucoup. La question n'est pas que j'aime ça ou pas."
Avec Léna Buffa
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