Márquez n'a pas encore réussi à s'adapter à tout ce que requiert la Ducati
En progrès avec la Ducati, Marc Márquez estime toujours manquer d'automatismes sur la moto italienne, ce qui a lui causé plusieurs chutes au cours du GP du Portugal. S'adapter vite est aussi, à ses yeux, une question d'âge.
Dès son deuxième Grand Prix avec la Ducati, le sourire de Marc Márquez s'est élargi plus que jamais. Cela ne fait pas de doutes, il s'est prouvé qu'il pouvait d'ores et déjà se montrer rapide et performant au guidon de la moto italienne. Leader des premiers essais du week-end passé à Portimão puis troisième de la séance pré-qualificative de vendredi après-midi, il a été récompensé par une deuxième place au sprint et se battait pour un top 5 dimanche avant sa chute.
Alors que son sixième titre MotoGP remonte à 2019 et sa 59e victoire, la dernière à ce jour, date de la fin de saison 2021, Márquez semble aujourd'hui retrouver les ingrédients nécessaires pour se battre aux avant-postes et ambitionner de gagner à nouveau. Il estime néanmoins ne pas encore être au niveau de perfection qu'il vise avec la Ducati, essentiellement car il lui manque des automatismes liés au fonctionnement de la moto italienne. Après onze ans sur la Honda, il doit non seulement adopter un nouveau pilotage, mais aussi s'habituer à des processus et outils différents.
"Un bon week-end. On a amélioré la vitesse, c'était le plus important", jugeait-il à l'issue de l'épreuve de Portimão, prompt toutefois à faire son autocritique. "Je suis tombé trois fois pendant les essais. Ces trois chutes, dont celle de ce matin [au warm-up, ndlr], on ne peut pas dire qu'elles étaient idiotes mais j'aurais pu les éviter avec plus de kilomètres."
Sa première chute du week-end était liée, a-t-il expliqué, à son instinct, puis la seconde, en qualifications, lui était directement imputable puisqu'il a appuyé sur un bouton trop tôt et enclenché le variateur de hauteur à l'arrière. "J'ai besoin de gagner en automatismes", résumait-il, avant de décrire "une vraie chute" au warm-up. "Mon pied a glissé du repose-pied et je suis tombé, mais sans attaquer parce que c'était mon deuxième tour. On peut voir que j'étais en 1'41"0 au premier tour, j'assurais mais mon pied a glissé et boum, je suis tombé. C'était la même chose le vendredi."
À cela s'est ajouté son accrochage avec Pecco Bagnaia à la fin de la course principale, dont aucun des deux pilotes n'a été reconnu responsable, mais aussi plusieurs erreurs notamment dans le virage 5 de la piste portugaise pour un Marc Márquez que l'on a vu plus incisif tout au long du week-end. Il avance bel et bien, mais juge néanmoins son adaptation à la Ducati plus lente qu'avec la Honda de l'an dernier.
"Comme vous le savez, quand on est plus jeune, on apprend plus vite, c'est comme ça", résumait-il auprès des journalistes en fin de week-end. "Quand on arrive dans une nouvelle catégorie, tout est nouveau, on n'a pas d'habitudes. Par exemple, au Qatar je contrôlais tout mais si vous regardez, toutes les erreurs viennent dans le time attack, parce qu'on le fait par instinct. C'est ce que je vous ai dit au Qatar : quand je roule par instinct, il y a encore des automatismes que je n'ai pas. En course, je comprends tout mais ces choses vont venir, parce que je me sens toujours mieux."
Pas moins de pression chez Gresini
Ce qui ne change pas, en revanche, c'est la pression qu'entraînent les enjeux et les ambitions personnelles, même si Márquez ne s'estime aujourd'hui par en lice pour le titre, mais totalement concentré sur son adaptation.
Marc Márquez n'est plus pilote officiel mais assure être toujours poussé par l'ambition des résultats.
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
Depuis sa saison record en 2019, le champion espagnol a dû surmonter bien des embûches, sa courbe de performance ayant été brutalement cassée par son accident au lancement de la saison 2020. Lorsqu'il a retrouvé une bonne condition physique, sa Honda était désormais en situation de grande infériorité, ce qui a fini par le pousser vers la sortie pour tenter un pari, celui de retrouver l'adrénaline de la performance et, potentiellement, de relancer sa carrière alors que les années sont comptées. Entré dans le clan des trentenaires l'an dernier, il est en effet aujourd'hui le quatrième pilote le plus âgé de la grille actuelle et voit le rookie Pedro Acosta venir chatouiller ses références historiques.
Mais Márquez s'accroche au potentiel qu'il sait conserver et veut gravir les échelons pour retrouver le sommet. Pour lui, la pression n'est donc pas moins importante cette année chez Gresini qu'elle ne l'était lorsqu'il courait pour l'équipe officielle Honda. Les deux structures sont pourtant bien différentes, l'Espagnol ayant découvert une formation familiale et un quotidien de pilote satellite, qui veut qu'il soit moins sollicité pour des engagements médiatiques et qu'il ne soit pas impliqué dans le développement de la moto de la saison en cours.
"La pression est la même parce que les pilotes sont heureux s'ils sont sur le podium, les équipes sont heureuses si elles sont sur le podium. C'est l'objectif de cette équipe : être sur le podium, c'est mieux qu'un top 5, et gagner c'est mieux qu'un podium. Au final, qu'il y ait une bonne ambiance ou qu'on fasse des blagues, ça ne veut pas dire qu'on n'a pas de pression ou d'ambition."
"L'ambition est la même que dans une équipe d'usine parce qu'on essaie de se battre pour le meilleur résultat possible. Après, c'est vrai qu'il y a moins de monde dans l'équipe et que c'est plus familial. Cette bonne ambiance aide mais l'ambiance était bonne aussi chez Repsol Honda. Évidemment, la culture est différente entre des Japonais et des Italiens, des Espagnols, des Américains... Toutes les atmosphères sont bonnes si les résultats sont bons."
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires