KTM compte sur les coups de génie de Viñales

KTM a frappé fort sur le marché des transferts en recrutant Maverick Viñales. S'il n'ignore pas l'irrégularité de l'Espagnol et son besoin d'être bien entouré, Pit Beirer connaît aussi toute l'étendue du talent du futur pilote Tech3.

Maverick Vinales, Aprilia Racing Team

En dix ans de carrière en MotoGP, Maverick Viñales a déjà représenté trois constructeurs, et le voici prêt à présent à découvrir une quatrième marque la saison prochaine. Celui qui a été annoncé chez Tech3 aux côtés d'Enea Bastianini va retrouver le groupe KTM, une douzaine d'années après le titre décroché dans la catégorie Moto3 sur une moto sortie des ateliers autrichiens et alignée par un team privé.

L'Espagnol a la particularité d'avoir expérimenté la victoire avec les trois marques qu'il a connues dans la catégorie reine. Il est aussi perçu comme un pilote irrégulier, capable d'enchaîner des luttes aux avant-postes avec des courses discrètes dans le ventre mou du peloton. Pit Beirer, directeur de KTM Motorsports, l'assure : il sait à qui il a à faire en recrutant Viñales et il voit ses coups de génie avant ses mauvaises passes.

"Je pense avoir personnellement une très forte connexion avec Maverick et, pour lui, l’aspect humain, le fait de se sentir à la maison et d’être bien entouré est super important", explique le responsable allemand. "Nous savons tous qu’il peut faire des miracles mais nous savons aussi que s’il ne se sent pas à l’aise, il ne recule pas que d’une ou deux places, ça se passe vraiment mal."

"Je pense que nous avons de bonnes idées et de bonnes personnes dans l’équipe pour travailler avec lui. Je veux lui rendre l'impression chaleureuse qu’il m’a donnée quand nous avons discuté. J’ai le sentiment que nous pouvons le faire. Maverick a aussi un certain âge. Nous connaissons ses qualités. S’il se lève le matin en étant sûr qu’il va gagner ce Grand Prix, ce jour-là, je crois qu’il est pratiquement imbattable. Nous devons nous assurer de pouvoir lui faire avoir cette sensation très souvent."

S’il se lève le matin en étant sûr qu’il va gagner ce Grand Prix, ce jour-là, il est pratiquement imbattable.

Pit Beirer estime que quelques adaptations pourraient permettre au pilote d'exprimer le meilleur de lui-même, en pâtissant le moins possible de son irrégularité. "Pourquoi devrait-il soudainement changer en étant avec nous ?" s'interroge-t-il. "Je vois néanmoins des choses grâce auxquelles nous pouvons l’aider, mais il est déjà un vainqueur de Grand Prix alors je voulais juste qu’il soit avec nous. J’ai le sentiment que l’on voit souvent ce Maverick qui est spécial. Il a un plan. Il était assis devant nous et il a vraiment un plan, une mission, et nous voulons le soutenir."

Viñales ne comprenait "rien" à l'Aprilia en 2022

Si l'on peut juger son parcours enrichissant grâce aux expériences qu'il a multipliées, certains retiennent plus volontiers que Maverick Viñales a la bougeotte et fait parfois des choix de carrière étonnants. Sa relation tumultueuse avec Yamaha et, surtout, leur séparation houleuse en plein milieu de saison pendant la première année d'une prolongation de contrat ont laissé des traces dans l'image que peut avoir le pilote espagnol, ce que n'arrange pas son départ d'Aprilia alors qu'il commence à peine à gagner avec la RS-GP.

Maverick Vinales a une confiance totale dans son ingénieur, Manuel Cazeaux.

Maverick Viñales a une confiance totale dans son ingénieur, Manuel Cazeaux.

Photo de: Alexander Trienitz

Arrivé dans l'équipe de Noale courant 2021, il a fallu à Viñales un an avant de monter sur le podium pour la première fois et deux ans et demi avant de commencer à gagner. Récemment interrogé sur ce qui avait été déterminant pour franchir ce pas, le pilote a expliqué : "Ça a été d’avoir le bon chef mécanicien à mes côtés pour mieux comprendre la moto. En 2022, je ne comprenais rien à la moto, et Manuel [Cazeaux] est arrivé en 2023. S’il était arrivé en 2022, ça aurait probablement été plus facile pour moi d’être prêt en 2023 pour me battre au niveau où je suis actuellement."

Déjà associé à l'ingénieur argentin à ses débuts avec Suzuki, Viñales n'a eu de cesse d'espérer le retrouver, ce qui s'est finalement matérialisé l'an dernier, avec pour lui un effet immédiat dans le travail de groupe. "Il s’agissait de comprendre, non pas en piste, mais au niveau des données et dans le stand. C’était une question de temps pour que les gars comprennent ce dont la moto avait besoin par rapport à mon style de pilotage. J’ai vraiment essayé de m’adapter à la moto, tout le temps, mais pour franchir le cap suivant et essayer de gagner des courses, il fallait que la moto s’adapte un peu plus à mon pilotage et mon chef mécanicien l’a très bien compris. Ça a pris un certain nombre de courses, mais il l’a très bien compris."

Questionné sur la possibilité pour Maverick Viñales d'emmener avec lui son chef mécanicien fétiche, Pit Beirer s'est refusé à ce stade à donner la moindre précision en ce sens. "Nous voulons offrir aux pilotes l'environnement dont ils ont besoin", a-t-il souligné après l'annonce, "mais je ne vais pas parler aujourd'hui de membres de l'équipe."

Avec Gerald Dirnbeck

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