Marc Márquez : "Ma passion reste plus forte que ce que j'ai enduré"

Marc Márquez retrouve Austin, l'une de ses pistes fétiches, mais dans un état d'esprit très singulier, lui qui vient de subir à nouveau une blessure inquiétante et qui ne cache pas avoir pris un coup au moral durant quelques jours.

Marc Marquez, Repsol Honda Team

Gold and Goose / Motorsport Images

Ses cinq chutes pendant le week-end du Grand Prix d'Indonésie ont passablement malmené Marc Márquez, mais c'est véritablement lors du warm-up qu'il a subi le coup de grâce. Parti dans un très violent highside, le pilote Honda s'est relevé avec une commotion cérébrale et, quelques heures plus tard, une vision double qui l'a fait replonger dans l'angoisse. Celle d'un trouble causé par la paralysie d'un nerf optique et qu'il a déjà connu il y a dix ans et il y a six mois seulement.

De retour dans le paddock après avoir manqué la course de Mandalika et le Grand Prix suivant, en Argentine, le champion espagnol a été longuement questionné durant la conférence de presse sur son état d'esprit et la manière dont il avait encaissé ce nouveau coup dur. Celui qu'Álex Márquez disait ne jamais avoir vu aussi abattu ne cache pas que son moral a été touché, mais s'il est de retour, affirme-t-il, c'est parce qu'il a retrouvé la hargne qui fait de lui un compétiteur.

À quel point cela a-t-il été difficile de subir ce retour de la diplopie ? Tu dois être soulagé de t'être remis rapidement ?

Après Mandalika, j'ai passé une semaine très difficile, mais heureusement pour moi ma blessure a été bien moindre que la dernière fois. Même pour l'Argentine, j'ai été très proche de venir mais je ne me suis pas senti motivé à l'idée de prendre ce risque et je ne suis pas venu. On en a parlé avec les médecins et j'ai préféré rester à la maison et me reposer. J'ai recommencé à bien m'entraîner. Cette semaine, j'ai passé un autre contrôle médical [qui a montré que] c'était réglé, puis j'ai testé une moto. On verra. Bien sûr, je n'arrive pas dans la meilleure condition sur ce GP des Amériques, mais on va essayer de faire de bons EL1 et ensuite de construire notre week-end à partir de là.

As-tu un objectif pour ce Grand Prix des Amériques, que tu as remporté sept fois ? Penses-tu qu'il soit possible de gagner ?

C'est possible, bien sûr, mais ça n'est pas comme ça qu'il faut aborder le week-end. On sort d'un Grand Prix d'Indonésie où j'ai eu beaucoup de difficultés, où je suis tombé trop de fois et où j'ai subi un gros highside. J'ai repris un entraînement normal il y a quelques jours seulement. Je vais juste essayer de retrouver la confiance et on verra.

Comment te sens-tu en comparaison du Qatar ?

Par rapport au Qatar, en termes de condition physique je me sens un peu mieux, car au Qatar j'étais plus en difficulté. Par contre, en termes confiance, je me sens beaucoup moins bien. C'est évident après un week-end qui n'a pas été bon et après une blessure, surtout quand ça touche à nouveau à la vision car c'est quelque chose qui me fait peur.

Penses-tu au championnat ?

Le championnat est important, il est là mais ça n'est pas mon principal objectif aujourd'hui, au premier jour du GP des Amériques.

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Marc Márquez

Abordes-tu ce week-end avec une mentalité différente ?

L'approche ne peut pas être la victoire, d'autant que je ne le sens pas. Je veux juste reconstruire ma confiance. La semaine après l'Indonésie a été très dure. Je n'étais pas motivé à l'idée d'aller en Argentine et d'y courir, j'ai préféré rester au calme. Maintenant, je dois juste reconstruire ma confiance et si je ne le sens pas je n'attaquerai pas, sinon il peut y avoir une chute inattendue comme en Indonésie.

C'est la deuxième fois en quelques mois que tu souffres de diplopie : les médecins t'ont-ils dit que le risque est plus élevé maintenant ?

C'est la deuxième fois que j'ai un problème de vision en seulement six mois. J'ai demandé à mon médecin quelle était la part personnelle dans le fait d'avoir déjà eu cette blessure en octobre et de l'avoir à nouveau maintenant, et qu'est-ce qui se passerait si je m'arrêtais complètement un an. Il m'a dit que l'impact que j'ai pris était énorme et que je courrais le même risque ce week-end, dans un an ou dans deux ans. C'est un nerf qui bouge un peu quand je prends le choc et qui cause ça. C'est un de mes points faibles, mais si je suis là c'est pour courir. Je ne peux pas me dire qu'il ne faut pas que je tombe parce que sinon… Je sais qu'il y a ce risque, mais c'est ma passion et je suis ici pour courir et pas pour penser aux blessures.

Tu as dit que tu as senti de la peur : celle de ne plus pouvoir courir ou de te blesser à nouveau ?

C'est un mélange de choses. Ce n'est pas seulement la blessure ou la diplopie, mais le fait que ça arrive à nouveau. Quand j'ai commencé à sentir la diplopie, c'était après le premier vol. J'ai commencé à senti quelque chose et ça a été difficile, parce que la première chose que je me suis dite, ça a été 'encore trois mois'. Ça fait peur car c'est très inconfortable même pour la vie normale.

Quand j'ai eu l'examen médical, je sentais déjà que c'était moins marqué et ça l'a confirmé. La première semaine a été difficile, mais la deuxième semaine ça s'est beaucoup amélioré jour après jour. J'ai regardé la course de l'Argentine depuis mon canapé et ma vision était plutôt normale. Mais j'ai préféré rester à la maison. Si je suis là, c'est parce que ma passion reste plus forte que ce que j'ai enduré. Je vais donc essayer de poursuivre mon chemin, d'aller mieux et de me battre pour le titre. Je ne suis pas en position de gagner le titre actuellement, mais j'en suis au stade où je dois à nouveau reconstruire cette confiance.

Tu dis que tu n'étais pas motivé pour aller en Argentine : est-ce que ça signifie que quelque chose a changé pour toi ?

C'est normal, c'est ma quatrième ou cinquième blessure en seulement deux ans, et des blessures difficiles. Il y a deux semaines, je n'étais pas non plus motivé pour venir ici mais mon entourage m'a aidé. La motivation que j'avais c'était de m'asseoir dans le canapé et de ne me soucier de rien, mais mon frère et José m'ont beaucoup aidé. Ils m'ont poussé à aller à la salle, à m'entraîner et petit à petit je reconstruis ma motivation. Je suis là pour courir, clairement. Mais c'est normal quand on se blesse. C'est comme Jorge [Martín], que j'ai vu dans MotoGP Unlimited après sa chute à Portimão ; on se dit qu'on ne veut plus prendre à nouveau ce risque et se blesser à nouveau. Mais ça, c'est la première semaine. La deuxième semaine, [ce qu'on ressent, c'est que] c'est notre passion, notre carburant d'être ici, de courir et de ressentir cette adrénaline.

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